Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search notation musicaleArticle
Plan de l'article
Présentation ; Origines ; Évolution ; Notation sur une portée ; Tablatures ; Notations contemporaines ; Grilles
notation musicale, système de symboles écrits, représentant les sons musicaux. Loin d’être une simple reproduction des mélodies et des accompagnements en usage à une époque et dans un lieu déterminés, la notation musicale est aussi un aperçu du degré d’analyse auquel étaient parvenus les musiciens de cette culture, qui ne cesse d’évoluer, car elle incite le musicien qui se forme à sa lecture à chercher de nouvelles précisions. Les divers langages musicaux ont suscité des systèmes de notations qui correspondaient à ce que les musiciens voulaient faire entendre. Contrairement à une idée généralement reçue, la décomposition d’une mélodie en une suite de notes n’est pas naturelle. Une telle analyse est le produit d’une formation sans laquelle, selon une étude dirigée par Hermine Sinclair (la Production de notations chez le jeune enfant, 1988), « l’enfant n’est pas à même de concevoir l’unité-son en tant qu’élément constitutif de la mélodie ». En fait, l’enfant qui a appris à chanter une ritournelle ne parvient plus à la reproduire si on lui demande de s’arrêter sur chaque note. Cette compétence s’acquiert en même temps que celle de la lecture.
Le système utilisé aujourd’hui est l’aboutissement de plusieurs siècles d’évolution. Les premières traces de notation musicale ont été découvertes sur des tablettes sumériennes du IXe siècle av. J.-C. Des signes cunéiformes, placés à gauche d’un poème religieux sur la Création de l’homme, semblent être destinés à fournir des indications sur la manière de chanter. Au nombre de cinq, les signes musicaux sumériens décrivaient un mode que l’on nomme pentatonique (du grec penté, « cinq », et tonikos, « ton » ou « intonation »). Chaque degré était désigné par une syllabe : Mé (sol), Pa (ré), Dib (fa dièse), Mas (sol à l’octave supérieur), Zal (la). L’établissement de correspondances entre les signes anciens et les notes telles qu’elles sont définies dans la musique occidentale est toujours délicat. Les musiciens qui utilisaient d’autres systèmes de notations, ou plus généralement d’autres repères, avaient aussi une manière différente de distinguer les éléments musicaux. L’analyse des notations grecques révèle ainsi d’apparentes irrégularités. Une mélodie inscrite dans le tétracorde (mi, ré, do, si) était, pour le musicien grec, définie par les deux notes extrêmes (mi, si) et simplement développée par les notes intermédiaires (ré, do). Le musicien grec ne pensait pas à donner un signe propre à ces deux notes et ne se limitait pas non plus à les jouer justes. Selon la nuance (chroma, « couleur ») qu’il voulait exprimer, il pouvait tendre ou détendre la corde de son instrument pour atteindre le quart de ton, ou même le demi-ton supérieur. Pour la notation, il se bornait à coucher, à renverser ou à barrer le signe de la note principale, sur laquelle reposait sa ligne mélodique. Une même note intermédiaire pouvait être définie de plusieurs façons, selon sa position dans le développement des nuances expressives. Ce type de musique reconnaissait certaines notes comme unités de base ; pour le reste, elle se décomposait en lignes mélodiques et en ornementations. Vers le IXe et le Xe siècle, dans les monastères qui pratiquaient le chant grégorien, apparurent sur les manuscrits, au-dessus des textes, des signes (neumes) qui donnaient une indication des directions mélodiques et des motifs. Les neumes furent également employés en Chine, au Japon et au Proche-Orient ainsi que dans le chant tibétain. Peu à peu, leurs formes se précisèrent et prirent en Occident l’apparence de notation carrée. Dans le même temps, Guido d’Arezzo y ajouta les lignes de la portée, comportant d’abord une, puis deux, quatre et six lignes, avant de se fixer à cinq. Vers 1200, la notation de la hauteur des notes était déjà relativement précise, mais ne contenait que des indications vagues de la durée.
Au XIIIe siècle apparut la première notation marquant la durée. Appelée notation modale, elle définissait un mode rythmique constamment répété. Vers 1250, quatre formes indiquant la durée des notes et des silences furent établies, ainsi qu’un ensemble de règles permettant de déterminer si une note donnée devait être subdivisée en deux ou trois notes plus courtes. Des symboles supplémentaires furent bientôt ajoutés pour les durées plus courtes. Tout en mesurant la durée (souvent de façon variable), ce système n’indiquait pas l’accentuation de la mesure. Les fractions marquant la mesure firent leur apparition au XIVe siècle, en France. Chaque fraction représentait, au départ, trois niveaux de subdivision. Finalement, l’un de ces niveaux fut éliminé. La plupart des fractions de mesure modernes représentent une unité fondamentale plus un niveau de subdivision. Après l’introduction, au milieu du XVe siècle, de la notation blanche (c’est-à-dire de carrés creux dont seul demeure le contour) en complément de la notation noire déjà utilisée, le système était très proche de la notation moderne. C’est au cours des XVIIe et XVIIIe siècles que furent modifiées les armatures et mesures. Pendant cette époque, un dispositif de notation appelé basse chiffrée était utilisé : des chiffres furent apposés sous la ligne de basse (basse continue) pour indiquer les accords à jouer au-dessus de cette basse. Vers le milieu du XVIIIe siècle, des instructions supplémentaires sur le tempo, l’articulation, les techniques d’interprétation et le mode d’expression étaient couramment ajoutées à la partition. L’utilisation de ces symboles s’intensifia fortement au XIXe siècle. Au milieu du XXe siècle, les critiques firent observer que la musique contemporaine était mal servie par un système reposant sur les sept hauteurs inégalement espacées de la musique médiévale. La même critique s’appliquait aux subdivisions du rythme qui, pour la plupart, étaient doubles et n’indiquaient que vaguement le tempo, la dynamique et l’articulation. Cependant, les modifications et évolutions constantes du système, qui furent particulièrement intenses au cours du dernier siècle, ont prouvé que la notation sur la portée était un outil à la fois flexible, subtil et puissant.
La notation typique de la musique occidentale s’appuie sur une portée de cinq lignes. Chaque ligne et chaque espace entre deux lignes représente une hauteur du son. Chaque hauteur est représentée par un signe, appelé note, apposé sur une ligne ou entre deux lignes. La clé placée au début de chaque portée indique la hauteur affectée à l’une des lignes, dont découle la hauteur des autres. Pour intégrer la gamme chromatique se composant de douze notes séparées d’un demi-ton, à l’échelle définie pour les sept hauteurs de la gamme diatonique, on utilise trois symboles supplémentaires placés devant la note, qui altèrent sa signification, permettant ainsi la notation des hauteurs restantes : le bémol (b), qui abaisse la hauteur d’une note d’un demi-ton ; le dièse (#), qui la hausse d’un demi-ton ; et le bécarre (♮), qui annule le bémol ou le dièse qui précède. Si certains bémols ou dièses apparaissent régulièrement dans un morceau, leurs signes sont placés à côté de la clé, dans l’armature. La durée des notes est indiquée par leur forme spécifique ; la durée des silences est déterminée par des signes appelés soupirs. La terminologie permet de comprendre la relation entre les durées : soupir, demi-soupir, quart de soupir, huitième de soupir, seizième de soupir, et ainsi de suite, chacun étant le double ou la moitié de la valeur de sa voisine dans la série. En outre, un point peut être ajouté après une note ou un soupir pour accroître sa valeur de moitié. Chaque point supplémentaire accroît la durée de la moitié de la valeur du point précédent, de sorte qu’une valeur de note donnée peut, théoriquement, être suivie d’une série infinie de points sans jamais atteindre la valeur de la note suivante de la série (c’est-à-dire sans jamais doubler sa valeur).
Comme en témoignent les noms indiquant la durée des notes, un processus d’inflation rythmique s’est produit au cours des siècles : une valeur de note donnée représente des périodes de plus en plus longues. Ainsi, la note la plus longue de la notation moderne, la brève, tire son nom du mot latin signifiant « court », tandis que la minime (correspondant à la blanche), soit un quart de brève, provient du mot latin signifiant « le plus court » (bien que l’apparence des deux notes ait changé depuis l’époque médiévale). Ainsi, des subdivisions toujours plus petites ont été introduites. Au cours des deux derniers siècles, la noire a progressivement été considérée comme la valeur rythmique de base, remplaçant ainsi la blanche et la ronde qui l’avaient été avant elle.
La mesure est également indiquée par la notation, notamment par une fraction de mesure, indiquant le mode de groupement des battements, placée à côté de l’armature, et par des traits verticaux (barres de mesure) séparant les différentes mesures. La fraction de mesure indique également un système d’accentuation : le premier battement d’un groupe de mesures est généralement le plus marqué. Enfin, des symboles supplémentaires sont utilisés pour indiquer d’autres aspects de la musique (voir Rythme). La notation complète d’un morceau de musique est appelée partition. Toutefois, dans un orchestre, les instrumentistes jouent à partir d’une partition comportant uniquement leur partie, et seul le chef d’orchestre dispose de la partition complète. Pour indiquer la hauteur, on fait appel également au système de Helmholtz, dans lequel do 1 = do moyen ; do 2 est une octave au-dessus du do moyen ; chaque nouvelle octave porte un numéro supérieur ; do = une octave au-dessous du do moyen, Do = une octave au-dessous de cette dernière, DO (Do 1) = une octave encore au-dessous, et ainsi de suite.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |