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Roman de la Rose, le [Guillaume de Lorris et Jean de Meung]

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Le Roman de la RoseLe Roman de la Rose

Roman de la Rose, le [Guillaume de Lorris et Jean de Meung], poème allégorique français du Moyen Âge, qui représente l'un des plus beaux textes consacrés à l'éloge de l'amour courtois.

Probablement écrit dans la première moitié du XIIIe siècle, ce poème en ancien français à couplets rimés compte, dans sa totalité, quelque 22 000 vers. L'ouvrage est cependant divisé en deux parties bien distinctes, puisqu'elles furent composées par deux auteurs et à deux époques différentes.

Guillaume de Lorris est l'auteur de la première partie, longue de quelque 4 000 vers et composée vers 1225-1240. C'est cette partie du poème qui incarne à la perfection les préceptes de l'amour courtois. Cette œuvre, qui est — ou tout au moins qui semble — inachevée eut en son temps un immense succès ; cela explique que, bien des années plus tard, un autre auteur ait souhaité clore l'histoire qu'elle racontait. La suite du poème, longue de 18 000 vers, a été écrite par Jean de Meung (ou Meun) quarante années après la première partie, vers 1275, et dans un esprit très différent, qui reflète les changements intervenus dans la société médiévale dans ce laps de temps.

Le texte de Guillaume de Lorris se présente comme le récit d'un songe à la première personne. Le narrateur, jeune homme inexpérimenté, y décrit une aventure dont le sens est allégorique. Dans cette allégorie où les vertus et les faiblesses, mais aussi les forces sociales s'opposant à l'amour sont décrites sous des formes humaines (Vilenie, Convoitise, Envie, Tristesse, etc.), le jardin symbolise le monde de la cour, ou tout au moins d'un milieu aristocratique très raffiné. La jeune fille aimée, au cœur du jardin, est symbolisée quant à elle par une rose. Le désir du poète est de cueillir la rose, c'est-à-dire de conquérir le cœur de son aimée, et tout le poème narre les difficultés et les peines de l'amant dans la réalisation de ce désir. Après une alternance d'espoirs et de désespoirs, la rose est finalement ôtée de sa vue, et cette première partie s'achève sur une longue lamentation du poète.

Jean de Meung a poursuivi l'allégorie du rêve, mais, loin de vouloir se conformer à l'esprit de son prédécesseur, il se servit de l'allégorie du jardin comme prétexte à un discours d'ampleur encyclopédique sur la pensée au Moyen Âge (philosophie, religion, morale, etc.). Cette seconde partie, loin de célébrer l'amour courtois, contient en outre une violente critique des femmes, qui fut plus tard réfutée par Christine de Pisan. Le succès extraordinaire du Roman de la Rose s'est poursuivi jusqu'au milieu du XVIe siècle, en partie grâce à la traduction en français moderne qu'en fit Clément Marot en 1527. À l'étranger, il reçut les louanges de Pétrarque et de Geoffrey Chaucer qui en a traduit environ un tiers.

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