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Freud, SigmundArticle
Plan de l'article
Présentation ; Des études de médecine tournées vers les pathologies du système nerveux ; Les débuts de la psychanalyse ; Le développement de la doctrine psychanalytique de 1910 à 1920 ; Le tournant de 1920 ; La tentation anthropologique
Un changement apparaît en 1920 dans la doctrine freudienne, avec la parution de son ouvrage Au-delà du principe de plaisir. Il introduit dans sa conception la notion de « pulsion de vie », qu’il appelle Eros, et la « pulsion de mort », qu’il nomme Thanatos. Dès lors, le Ça, le moi et le surmoi constituent les trois instances de la personne. Cette conception nouvelle se révèle opératoire dans les ouvrages tels que le Moi et le Ça (1923) et Inhibition, Symptôme et Angoisse (1926). Freud multiplie également les tentatives pour expliquer et populariser la psychanalyse, notamment dans Ma vie et la psychanalyse (1925) et Abrégé de psychanalyse (1938).
Freud cherche également à constituer une vision globale de l’homme qui s’apparente davantage à une anthropologie qu’à une philosophie. Avant le début de la Première Guerre mondiale, il tente déjà de dresser un tableau de l’humanité primitive dans Totem et Tabou. Il entend trouver une origine phylogénétique à la psyché de l’homme, à la constitution du moi par la « castration » en évoquant la mise à mort du chef de la « horde primitive » par ses fils. Il renoue avec cette approche anthropologique après la Première Guerre mondiale, notamment dans l’Avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (également connu sous le nom de Malaise dans la culture, 1930) et Moïse et le monothéisme (1939). Pour Freud, la religion maintient par la notion de sacrifice une culpabilité permanente de l’humanité. Atteint dès 1923 d’un cancer de la mâchoire qui nécessite un traitement continu et douloureux et quantité d’opérations chirurgicales, Freud réussit à continuer, malgré ses souffrances, de pratiquer, d’élargir et de diffuser la psychanalyse. Mais la montée du nazisme le guette : ses œuvres sont brûlées à Berlin en 1934. Lorsque les Allemands occupent l’Autriche en 1938, Freud s’enfuit avec sa famille à Londres, où il meurt le 23 septembre 1939. La contribution essentielle de Freud est la création d’une approche entièrement nouvelle de la personne humaine. En outre, il a fondé une nouvelle discipline médicale et élaboré des méthodes thérapeutiques fondamentales. Dans l’histoire des idées, la psychanalyse constitue une des théories à la fois les plus influentes et les plus décriées. Karl Popper, un adversaire déclaré de la psychanalyse, appelle celle-ci un ensemble théorique irréfutable (« infalsifiable »), dont on ne peut que tout prendre ou tout laisser et qui ne progresse pas : c’est un hommage incontestable tout autant qu’une critique. Mais les innombrables continuateurs de la psychanalyse, comme en France Jacques Lacan, qui lance le mot d’ordre de « retour à Freud », témoignent du caractère révolutionnaire de l’œuvre de Freud sur l’ensemble de l’évolution des sciences humaines.
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