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Résultats avec Windows Live® Search Valéry, PaulArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un héritier du symbolisme ; Devenir le « maître de sa pensée » ; Publications poétiques ; Consécration et retour à la prose ; Bilan d’une œuvre
Valéry, Paul (1871-1945), poète et essayiste français qui se fixa pour tâche de réfléchir sur le fonctionnement de l’esprit, l’attitude centrale à partir de laquelle les entreprises de la connaissance et les opérations de l’art sont également possibles.
Paul Valéry naquit à Sète : la présence du soleil et de la mer devaient illuminer de nombreuses pages de sa poésie, et le cimetière marin de la ville lui inspirer un poème célèbre. Valéry poursuivit ses études secondaires à Montpellier. N’ayant pu faire l’École navale, il entra à la faculté de droit (1888) et « dériva cette passion maritime malheureuse vers les lettres et la peinture ». Il mena des études peu brillantes par « horreur des choses prescrites ». Passionné de poésie, il lut Hugo, Gautier, Baudelaire puis, par l’intermédiaire de À rebours, de Huysmans, il découvrit les poètes symbolistes, en particulier Verlaine et Mallarmé. C’est sous l’influence de ces lectures qu’il composa ses premiers vers. En 1890, il se lia d’amitié avec Pierre Louÿs, qui lui fit rencontrer Mallarmé, José Maria de Heredia et André Gide. Son activité poétique semblait alors sur la voie de l’épanouissement, puisqu’il avait fait paraître quelques poèmes dans la revue la Conque, par l’intermédiaire de Louÿs. Mais, un jour de 1892, à Gênes, il traversa une crise passionnelle et prit conscience en même temps que la poésie, avec Mallarmé, avait atteint un achèvement. Cet événement, occasionnant une brusque remise en question de lui-même, l’amena à renoncer à la poésie et à rechercher une nouvelle maîtrise de lui-même pour échapper au confusionnisme : « la littérature n’est rien de désirable si elle n’est pas un exercice supérieur de l’animal intellectuel ».
Installé à Paris en 1894, Valéry fut reçu au concours de rédacteur au ministère de la Guerre, et occupa ce poste jusqu’en 1900, date à laquelle il devint secrétaire particulier d’un administrateur de l’agence Havas. Il fréquenta alors des milieux professionnels très divers, tout en disposant de loisirs suffisants pour un travail personnel quotidien de lecture et de réflexion. Pendant une vingtaine d’années, Valéry travailla sa pensée, s’adonnant en particulier à l’étude des mathématiques et cherchant à saisir le fonctionnement de l’esprit. Cette période de réflexion donna lieu à plusieurs textes, comme l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci (1895) ou la Soirée avec M. Edmond Teste (1896, publié en 1919). Ce dernier ouvrage a pour personnage principal M. Teste, sorte d’intelligence à l’état pur, puisqu’il est conscience témoin (testis en latin) d’elle-même. Teste, Léonard et l’« architecte » (Eupalinos ou l’Architecte, 1921) représentent dans les œuvres de Valéry la figure de l’esprit se réfléchissant et construisant sa méthode. Ils sont conçus sur le modèle de l’auteur lui-même qui, jusqu’à la fin de sa vie, prit l’habitude de consigner, tous les matins et pendant plusieurs heures, la totalité de ses réflexions dans des cahiers (psychologie de l’attention, du rêve, de la création, de la conscience du temps ; épistémologie et méthodologie ; réflexion sur la technique, l’histoire, le destin des civilisations, etc.). Deux cent cinquante-sept cahiers, longtemps tenus secrets, furent écrits de la sorte, et constituent un témoignage irremplaçable sur la vie d’un esprit et d’une pensée, pris dans leurs exercices quotidiens.
Bien qu’ayant renoncé à la création poétique, Valéry ne s’était pas coupé des milieux littéraires parisiens : il continua à fréquenter le cercle réuni autour de Mallarmé — dont il devint un proche — jusqu’à la mort de celui-ci en 1898 ; en outre, il voyait régulièrement Pierre Louÿs, André Gide et Heredia. C’est sous l’influence de ses amis, et en particulier de Gide, qu’il accepta de remanier ses poèmes de jeunesse (écrits entre 1890 et 1892) pour les publier en un recueil, l’Album de vers anciens (1920). Valéry voulut y ajouter un poème qui serait un « exercice » : ce fut la Jeune Parque, qui donna lieu à un travail acharné de 1913 à 1917.
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