Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Valéry, Paul

Résultats avec Windows Live® Search

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search
Page 2 sur 2

Valéry, Paul

Article
Médias
Valéry (Paul), le Cimetière marinValéry (Paul), le Cimetière marin
Plan de l'article
4.1

La Jeune Parque

Ce long poème en alexandrins présente la vie intérieure d’une jeune femme qui, assise sur un rivage, se trouve partagée entre l’appel de ses désirs voluptueux et une innocence que seule la mort lui permettrait de préserver. Cette allégorie traite en réalité de l’opposition entre la conscience et l’inconscience, ou, si l’on préfère, de la lutte entre l’absolu de l’intelligence lucide, d’une part, et l’instinct et la sensualité, d’autre part. Poème philosophique — qui aurait pu se dévoyer dans l’abstraction —, la Jeune Parque repose sur un jeu très concerté d’images et de sonorités, et constitue ainsi une véritable « composition musicale à plusieurs parties ».

Dès sa publication (1917), le poème eut un important succès et apporta à Valéry une renommée qui devait être confortée quelques années plus tard avec le recueil de ses nouveaux poèmes, Charmes (1922), qui allie préciosité et néoclassicisme et où figure le célèbre Cimetière marin.

4.2

Charmes

Les vingt et un poèmes composant ce recueil se voulaient, selon les termes de Valéry lui-même, une tragédie de l’esprit. Affirmant que « la vie de l’intelligence constitue un univers lyrique incomparable, un drame complet où ne manquent ni l’aventure, ni les passions, ni le comique, ni rien d’humain » (Discours sur Descartes), Valéry retrace dans Charmes un drame de l’intelligence où chaque poème pourrait constituer une étape dans l’aventure de la connaissance. Ici, comme dans la Jeune Parque, la dimension intellectuelle de la poésie n’empêche pas son extrême sensualité, ni sa dimension suggestive, mystérieuse et magique, qu’atteste le titre incantatoire de Charmes (carmen en latin signifie « parole magique », « enchantement »).

4.3

Un idéal de poésie pure

Poursuivant un idéal de « poésie pure », Valéry ne cessa de mener conjointement son activité poétique et sa réflexion sur la poésie. Le langage poétique, selon lui, ne saurait être seulement une des espèces du langage, mais un moyen de transmettre « l’état poétique qui engage tout l’être sentant », par le son, par le rythme, par les « rapprochements physiques de mots, leurs effets d’induction ou leurs influences mutuelles qui dominent, aux dépens de leur propriété de se consommer en un sens défini et certain » (Commentaire de « Charmes »). Ainsi, la poétique de Valéry vise-t-elle à faire advenir un « langage dans le langage ».

5

Consécration et retour à la prose

La production poétique de Paul Valéry prit fin avec Charmes. La plupart des écrits qu’il produisit par la suite et jusqu’à sa mort furent des essais (l’Idée fixe, 1932 ; Degas, Danse, Dessin, 1936), qui sont parfois construits sous la forme de dialogue, car pour Valéry tout essai est un « théâtre d’idée » (Mon Faust, 1940). Il écrivit aussi des articles, des préfaces et les textes des conférences qu’il fit dans différents pays. Cet ensemble, qui aborde des domaines aussi variés que la littérature, la philosophie, la politique, la poétique et l’esthétique, fut rassemblé dans Variétés (Variété, 1924 ; Variété II, 1929 ; Variété III, 1936 ; Variété IV, 1938 ; Variété V, 1944) et dans Tel Quel, où figure en particulier Rhumbs (1941).

L’immense succès de Paul Valéry avait fait de lui une « espèce de poète d’État » : élu à l’Académie française (voir Institut de France) en 1925, il fut nommé professeur de poétique au Collège de France en 1937, et reçut des funérailles nationales en 1945.

6

Bilan d’une œuvre

Partagées entre la sensualité et l’ascèse, la création et la réflexion, la solitude laborieuse en refus du « monde actuel » et la fréquentation mondaine, la vie et l’œuvre de Valéry sont marquées par un déchirement (« il faut tenter de vivre ») qu’on aurait tort de ne pas voir sous l’intellectualisme affiché.

Sa définition du poème comme « fête de l’intellect » pousse à leur terme les doutes du symbolisme : « J’aimerais infiniment mieux écrire en toute conscience et dans une entière lucidité quelque chose de faible, que d’enfanter à la faveur d’une transe un chef-d’œuvre d’entre les plus beaux. » C’est par une « débâcle de la raison » que la poésie, avec le surréalisme, sortira de cette impasse.

Sa volonté de fonder une « poétique » (rendre compte de la littérature en termes de « métier » et de création de formes) et la réhabilitation qu’il fait de la rhétorique et de la contrainte en poésie font de Paul Valéry un précurseur de certaines formes d’écritures contemporaines (OuLiPo, poésie et mathématique) comme du renouveau critique des années 1960-1970 (son héritage sera revendiqué par les structuralistes ; un groupe d’avant-garde « matérialiste » reprendra pour sa revue le titre Tel quel).

Page précédente
|
Page suivante
Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft