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science-fiction, littérature de

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Littérature de science-fictionLittérature de science-fiction
Plan de l'article
4.1

Précurseurs

En dehors de quelques nouvelles d’Edgar Allan Poe et avant le succès d’Herbert George Wells, le premier grand auteur de science-fiction (plus exactement de romans d’anticipation) est le Français Jules Verne. Ses œuvres témoignent d’une grande connaissance des sciences et des technologies de son époque ainsi que d’un véritable don visionnaire qui permet à l’auteur d’imaginer les évolutions à venir de la science et de la société.

Jules Verne traite de géologie en décrivant l’exploration des volcans dans Voyage au centre de la Terre (1864) ; il évoque la possibilité des voyages dans l’espace avec son roman De la Terre à la Lune (1865) et avec la Chasse aux météores (1877). Dans Vingt Mille Lieues sous les mers (1870), il imagine des sous-marins utilisant la radioactivité comme mode de propulsion et envisage la possibilité pour l’Homme de vivre dans un univers aquatique grâce à certaines techniques élaborées.

D’autres auteurs lancés sur les traces de Jules Verne, comme Rosny aîné, Maurice Renard (1875-1939) ou Régis Messac (1893-1943), contribuent à développer le genre, tout en témoignant d’un pessimisme certain.

4.2

Période contemporaine

Dépréciée par la critique littéraire et par certains auteurs qui la considèrent comme un genre inférieur, la science-fiction en France connaît pourtant un regain d’intérêt grâce notamment à René Barjavel ; ses récits Ravage (1943), le Voyageur imprudent (1944) et la Nuit des temps (1968) illustrent fort bien ce que l’on appelle alors l’« utopie négative ». Cette dernière dépeint des univers dotés d’une technologie avancée, où l’homme est réduit en esclavage (régime totalitaire, prise de pouvoir par les machines ou par des créatures supérieures), ou bien aliéné (dans son corps ou dans son âme) par la prolifération technologique. Ainsi, dans Ravage, une simple panne d’électricité généralisée parvient à détruire une civilisation entière ; celle-ci, totalement dépendante de sa technologie, se voit alors forcée de retourner à la vie sauvage.

Jusque dans les années soixante-dix, l’audience de la science-fiction se restreint à un cercle de passionnés : elle s’enrichit alors d’une dimension sociale et politique. Cette nouvelle tendance est notamment illustrée par Jean-Pierre Andrevon (né en 1937 ; les Hommes-machines contre Gandahar, 1969), Charles Duits, qui, dans son Ptah Hotep (1971), crée un langage extraterrestre, Michel Jeury (le Temps incertain) et Philippe Curval (Cette chère humanité, 1976).

La science-fiction sait s’imposer au fil des années dans l’espace littéraire français, et suscite parfois l’intérêt d’auteurs confirmés de littérature générale. Ainsi Robert Merle aborde-t-il la science-fiction, notamment avec Malevil (1972), où il imagine la régression d’un groupe d’individus rescapés d’une catastrophe nucléaire.

5

La littérature de science-fiction anglaise

5.1

Précurseurs

L’Angleterre victorienne, où ont été écrits les chefs-d’œuvre du roman gothique (Ann Radcliffe, Horace Walpole), fournit nombre de ses grands thèmes au fantastique et à la science-fiction. Les histoires d’espèces éteintes et de mondes inexplorés y sont déjà fort populaires, ainsi qu’en témoignent les ouvrages d’Henry Rider Haggard (She) parus dans les années 1880. Le Monde perdu, de sir Arthur Conan Doyle, est publié en 1912.

5.2

Grands auteurs classiques

Le premier écrivain majeur de science-fiction britannique, qui est également considéré comme l’un des pères de la science-fiction moderne, est H. G. Wells. Plus intéressé par la biologie et l’évolution des espèces que par les sciences physiques, et plus concerné par les conséquences sociales des inventions que par leurs applications technologiques, Wells écrit des histoires de science-fiction où dominent le réalisme et un pessimisme ironique. Sa réputation est acquise dès 1895 avec la publication de la Machine à explorer le temps, bientôt suivie de l’Île du docteur Moreau (1896), l’Homme invisible (1897), la Guerre des mondes (1898) et les Premiers Hommes dans la Lune (1901).

D’autres ouvrages d’anticipation, par leur dimension prophétique dans le domaine social ou politique, sont aujourd’hui considérés comme des classiques et connaissent un succès international, comme le Meilleur des mondes (1932), d’Aldous Huxley, et 1984 (1949), de George Orwell.

5.3

Nouvelle vague

C’est à partir du milieu des années soixante qu’apparaît la « nouvelle vague » de la science-fiction, montrant un intérêt nouveau pour les valeurs et les sciences humaines, mais aussi pour l’expérimentation stylistique. Se réclamant de la « fiction spéculative », ce courant se caractérise par une attitude extrêmement critique face à la science, et par des engagements politiques et moraux qui reflètent bien les débats d’idées dominant cette époque. Les écrivains britanniques les plus remarquables de cette génération sont Christopher Priest (le Monde inverti, 1974), John Brunner (Tous à Zanzibar, 1968) et Ian Watson, auteur d’un remarquable roman sur le langage, l’Enchâssement (1973).

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