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SuèdeArticle
Plan de l'article
Le fils d’Oscar II, Gustave V, accède au trône en 1907. Il s’attache à préserver la neutralité de son pays. Ainsi, en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, la Suède déclare sa neutralité et signe un accord avec la Norvège et le Danemark pour la préserver et protéger les intérêts économiques communs des pays scandinaves. Elle sait pendant le conflit faire respecter cette neutralité. Après la guerre, elle rejoint la Société des Nations en 1920. Dirigé par le brillant homme d’État suédois Karl Hjalmar Branting, le parti social-démocrate domine, pendant cette période, la politique suédoise. Les sociaux-démocrates restent au pouvoir jusqu’en 1928, mettant en place des réformes qui font du pays l’un des plus avancés dans le domaine social. Le parti conservateur les remplace ensuite, mais la crise économique mondiale qui démarre en 1929 redonne le pouvoir aux sociaux-démocrates en 1932. Dans les années 1930, alors que la guerre semble imminente en Europe, la préparation à la guerre et la défense nationale deviennent les problèmes primordiaux. La position de neutralité est plus difficile à tenir pendant la Seconde Guerre mondiale. La Suède est en effet obligée, en 1940 et 1941, d’accepter le passage de trains allemands. Parallèlement, elle déploie de nombreux efforts pour accueillir les réfugiés de tous pays.
En juillet 1945, le gouvernement de coalition qui a exercé le pouvoir pendant la guerre démissionne. Les sociaux-démocrates, dirigés par le Premier ministre Per Albin Hansson, reviennent aux commandes du pays. Tage Erlander remplace celui-ci à sa mort en octobre 1946. Le mois suivant, la Suède devient le 54e membre des Nations unies. Elle maintient une attitude neutre au cours de la guerre froide qui commence. En 1948, elle rejoint le Programme de redressement européen conduit par les États-Unis en même temps que les autres nations de l’Europe occidentale mais refuse d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord formée en 1949. Ne réussissant pas à former un bloc de défense scandinave neutre à l’écart des enjeux Est / Ouest, la Suède remet en cause sa politique traditionnelle de neutralité, de plus en plus contestée, et amorce le renforcement de sa défense. En 1950, Gustave VI Adolphe succède à son père Gustave V.
Les sociaux-démocrates conservent le pouvoir jusqu’en 1976. À partir de 1969, avec Olof Palme, la social-démocratie se radicalise, tant en politique intérieure (intervention plus grande de l’État dans l’économie), qu’en politique extérieure (prise de distance à l’égard des États-Unis). Une révision constitutionnelle qui entre en vigueur en 1971 réorganise la législature en un corps à une Chambre et met en œuvre un nouveau système électoral. En 1973, Gustave VI Adolphe meurt. Son petit-fils, Charles XVI Gustave, lui succède. Le 1er janvier 1975, une nouvelle Constitution est instaurée, réduisant davantage les pouvoirs du roi. Dans le même temps, le modèle social-démocrate, qui implique la croissance économique, le plein emploi et une politique sociale généreuse, est mis à mal par la crise économique, alors qu’augmentent l’inflation, la dette extérieure et les déficits budgétaires. Le mécontentement se développe et les élections de septembre 1976 voient les sociaux-démocrates, au pouvoir depuis quarante-quatre ans, perdre en faveur d’une coalition formée par le centre, les conservateurs et les partis libéraux.
En 1977, le Premier ministre Thorbjörn Fälldin, chef du Parti centriste, introduit des mesures d’austérité destinées à faire baisser l’inflation et à encourager les exportations. Son gouvernement démissionne à la suite d’un désaccord sur la production d’énergie nucléaire, en 1978, mais revient aux affaires l’année suivante, après un gouvernement libéral minoritaire intérimaire. Il décide de soumettre les décisions à propos du programme nucléaire à la population, par le biais d’un vote. 58 p. 100 des Suédois se déclarent favorables à la poursuite du programme. Les années 1980 et 1981 sont marquées par une grande agitation sociale (en mai 1980 une grève générale paralyse pratiquement toute l’activité pendant dix jours et en mai 1981, des milliers de cols blancs cessent également le travail, sur fond de crise gouvernementale). Fälldin forme alors un gouvernement minoritaire du centre libéral.
Les sociaux-démocrates reviennent au pouvoir après les élections de 1982 et ce, jusqu’en 1985. Palme reprend son poste de Premier ministre en 1982. Il met en place une politique de dévaluation de la monnaie pour redynamiser les exportations. Elle porte ses fruits puisque, dans les années 1980, l’inflation diminue, les exportations augmentent, la production industrielle s’accroît et le taux de chômage se stabilise. L’assassinat d’Olof Palme, à Stockholm le 28 février 1986, est un véritable choc pour la majorité des Suédois. Le vice-Premier ministre Ingvar Carlsson lui succède et maintient le gouvernement de Palme en promettant de poursuivre la politique de son prédécesseur.
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