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Présentation ; Vie ; Grammaire de Bach ; Chorals, cantates et passions ; Musique pour orgue, clavier et orchestre
Bach, Jean-Sébastien (1685-1750), organiste allemand de l’époque baroque ; maître dans l’art du contrepoint et du choral, il est l’un des plus prolifiques compositeurs de l’histoire de la musique occidentale.
Bach naît le 21 mars 1685 à Eisenach en Thuringe dans une famille de musiciens. Son père, Johann Ambrosius Bach (1645-1695), lui enseigne dès son plus jeune âge la pratique des instruments à corde, tandis que son oncle, Johann Cristoph Bach, alors compositeur et organiste de la ville, lui apprend à jouer de l’orgue. Orphelin à l’âge de neuf ans, il est recueilli par son frère aîné, Johann Christoph, élève de Pachelbel et organiste à Ohrdruf, qui l’initie au clavecin et à la composition. En 1700, pour ne plus être à la charge de son frère, il entre à la maîtrise de Saint-Michel de Lunebourg. Il y complète avec rigueur sa formation, travaillant entre autres la composition avec l’organiste Georg Böhm (1661-1733). Grâce à de fréquentes visites à la cour de Celle, toute proche de Lunebourg, il s’imprègne également de l’influence des musiciens français, comme Couperin ou bien de l’organiste et claveciniste virtuose Louis Marchand (1669-1732), auteur de superbes Pièces de clavecin (1702-1703). En 1703, à l’âge de dix-huit ans, il est engagé pour occuper le poste d’organiste de la ville d’Arnstadt où il composera sa première cantate (1704). Très vite, il demande un congé qu’il prolonge sans autorisation, afin d’aller étudier à Lübeck avec Dietrich Buxtehude, célèbre organiste et compositeur allemand dont la musique influencera particulièrement sa propre création. À son retour, il se voit retirer sa tribune à Arnstadt et part alors pour tenir, à Mühlhausen en 1707, l’orgue de l’église Saint-Blaise. Cette même année, il se marie avec sa cousine Maria Barbara Bach (1684-1720) avec qui il aura sept enfants. Toutefois, en 1708, en raison de dissensions avec des piétistes puritains de la ville, Jean-Sébastien Bach quitte Mühlhausen pour exercer à la cour du duc de Weimar les fonctions d’organiste, de violon solo et de compositeur. Il y compose alors de nombreuses œuvres pour orgue, dont la Toccata et fugue en ré mineur (1709), l’Alla breve en ré mineur (1709), la Passacaille et fugue en ut mineur (1716), mais aussi des pièces et des concertos pour clavecin. À la suite de tensions avec le duc Wilhelm Ernst, il quittera en 1717 la cour de Weimar pour celle du prince Léopold d’Anhalt-Cöthen (1717-1723). De véritables liens d’amitié vont s’établir entre eux, permettant ainsi à Bach de bénéficier d’excellentes conditions matérielles pour travailler. Durant cette période féconde, il produit de la musique profane, ses fonctions à Cöthen ne l’obligeant pas à écrire de la musique religieuse : citons ses Suites anglaises (1724-1725), ses Suites françaises (1722), des Partitas (1726-1731), des ouvertures pour orchestres, les Six Concertos brandebourgeois (1721) et son premier livre du Clavier bien tempéré (1722). En 1721, un an après la mort de sa femme Maria Barbara, Bach se remarie avec la fille d’un trompettiste, Anna Magdalena Wilcken (1701-1760), elle-même chanteuse. Ils auront treize enfants, dont dix mourront en bas âge. En 1723, il quitte la cour de Cöthen et obtient le poste de cantor à l’église Saint-Thomas de Leipzig. Mais là encore, sa vie dans la capitale saxonne est loin d’être exempte de tensions et de difficultés : soumis à l’autorité du Conseil de la Ville qui ne lui ménage pas ses critiques, il lui faut donner, chaque semaine et lors de chaque fête, des œuvres pour les quatre églises de la ville. Outre des conflits cycliques avec le recteur de l’école, il souffre de voir ses compositions la plupart du temps interprétées par les élèves peu appliqués de la Thomasschule ou par un orchestre médiocre. Il déploie néanmoins une énergie débordante, écrivant alors près de 300 cantates, dont 200 seulement nous sont parvenues. C’est à Leipzig également qu’il compose la Passion selon saint Jean (1723) et la Passion selon saint Matthieu (1729), des Motets (1723-1740), la Messe en si mineur (1724-1749), l’Oratorio de Noël, constitué de 6 cantates (1734), 21 Chorals (1739), son second livre du Clavier bien tempéré (1740-1744) ou encore les Variations Goldberg (1741-1742), les Variations canoniques (1747), l’Offrande musicale (1747) et l’Art de la fugue (1749-1750). Peu à peu déchargé de ses obligations officielles, il en profite pour se consacrer à la révision et à la publication d’une partie de sa musique, à des expertises d’orgue, à des déplacements dans les cours du pays pour y donner des concerts d’orgue, et à ses fils devenus des musiciens estimés. C’est lors d’un de ces voyages en 1747, en compagnie de Wilhelm Friedemann (1710-1784), qu’il se rend à Potsdam pour y voir Carl Philipp Emanuel, claveciniste à la cour de Prusse depuis 1740. Il y donne des concerts devant Frédéric II qui louera son talent d’improvisateur. Atteint de cécité et rongé par la maladie, Bach s’éteint à Leipzig le 28 juillet 1750.
L’œuvre de Bach s’inspire des traditions musicales d’Allemagne du Nord et du Sud, de France et d’Italie. Autodidacte de la composition, sa principale méthode d’apprentissage consiste à copier sur des cahiers la musique de différents artistes. Ainsi recopie-t-il intégralement l’œuvre de Nicolas de Grigny (1672-1703) et transcrit-il bon nombre de morceaux signés Couperin, Vivaldi (1678-1741) ou Benedetto Marcello (1686-1739). Il poursuivra d’ailleurs cet exercice sa vie durant et réalisera lui-même des arrangements. Puisant ainsi dans l’ensemble des ressources du langage musical disponible à l’époque baroque, son écriture combine dans une même composition les motifs rythmiques des danses françaises, la grâce des mélodies italiennes et la complexité du contrepoint allemand, cet art de superposer simultanément deux ou plusieurs lignes mélodiques qui constitue le fondement de sa grammaire musicale. Selon lui en effet, une mélodie implique un ensemble de mélodies indépendantes ou complémentaires les unes des autres. Il se donne ainsi la possibilité d’exprimer la texture complexe d’une fugue à plusieurs voix avec un seul instrument à mélodie unique, comme le violon ou le violoncelle. Chacune de ses œuvres établit ainsi un ensemble de combinaisons contrapuntiques caractéristiques de son style, parfaitement illustré avec l’Art de la fugue (1749-1750) : il y développe un thème principal, l’associe très vite à un autre, créant alors une union ou une opposition d’où résulte un troisième thème. Enfin, l’une des caractéristiques principales de ses compositions religieuses réside dans l’équivalence qu’il établit entre notes et parole, s’attachant en effet à donner une transcription musicale symbolique à chaque idée, à chaque image du texte religieux, en infléchissant la mélodie ou l’harmonie.
La profonde foi de Bach se manifeste dans l’ensemble de ses formes musicales sacrées destinées à être jouées lors des différents offices : chorals, cantates et passions. Le choral, tout d’abord, constitue le cœur de l’office luthérien. Alors cantor à Leipzig, Bach en composera près de deux cents, où il réussit à allier sa maîtrise de l’art contrapuntique et son génie à transcrire en musique les sentiments exprimés par les paroles religieuses. Quant à la cantate de l’office dominical, elle est toujours construite sur le thème d’un choral servant de sujet au chœur initial. La plupart de ses cantates s’ouvrent donc sur une partie pour chœur et orchestre, se poursuivent par une alternance de récitatifs et d’arias pour voix seules et accompagnement et elles se concluent sur le chant du même choral basé sur un simple hymne. Dans les Passions enfin, composées pour deux chœurs d’adultes plus un chœur d’enfants, deux orchestres et deux orgues, chaque élément se répondant à l’autre, le récitatif est tenu par l’évangéliste et occupe donc une place importante. Le texte, à caractère méditatif ou à valeur de commentaire, se fonde sur l’Évangile et en ressort enrichi d’une intense spiritualité. Bach a écrit 166 chorals pour orgue, au moins 200 cantates, l’Oratorio de Pâques (1735) et l’Oratorio de Noël (1734), la Passion selon saint Jean (1723) et la Passion selon saint Matthieu (1729), la Messe en si mineur (1733, 1738, 1747), 4 Messes brèves (1737-1738), le Magnificat (1723) et 7 motets (1723-1740).
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