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abstrait, art

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Art abstrait : les grandes datesArt abstrait : les grandes dates
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1

Présentation

abstrait, art, pratique artistique apparue vers 1910 désignant le refus de la figuration du monde visible par certains artistes, qui s’emploient dès lors à la recherche et à l’usage de nouveaux codes de représentation picturale.

2

Différentes voies abstraites au-delà de la figuration

Ce nouveau langage visuel est doté de significations qui lui sont propres et tire cette autonomie soit de diverses expériences, notamment des expériences fauves et expressionnistes qui exaltent les pouvoirs de la couleur et débouchent sur les abstractions dites lyriques (avec une attention portée au geste) ou informelles, soit de la structuration cubiste qui donne naissance aux différentes abstractions géométriques et constructives.

2.1

L’éloge chromatique

L’œuvre de Wassily Kandinsky illustre la première voie (Avec l’arc noir, 1912) en élaborant une abstraction empreinte d’effusion, idéalement représentative des aspirations des artistes du Blaue Reiter, groupe expressionniste dont il est le chef de file à Munich. En France, ce sont Robert et Sonia Delaunay qui donnent — l’un avec ses Fenêtres (1912) et ses premières Formes circulaires (1912-1913), l’autre dans ses Prismes électriques (1914) — la résolution plastique abstraite des théories de Eugène Chevreul sur le contraste simultané des couleurs. Au même moment, František Kupka expose au Salon d’automne de 1912 Amorpha, fugue à deux couleurs, puis en 1913 Plans verticaux. Enfin, en Russie, Michel Larionov et Natalia Gontcharova poussent le rayonnisme, à savoir leur méthode de transcription du phénomène lumineux, jusqu’à l’abstraction pure.

2.2

Les héritiers du cubisme et les « géométries constructives »

L’abstraction de Piet Mondrian s’élabore à partir de la grille cubiste, réduite à une opposition bi-dimensionnelle des lignes verticales et horizontales enserrant des plans de couleur pure. Par sa simplification, le langage du néo-plasticisme, nom donné par Piet Mondrian à sa doctrine artistique, prétend satisfaire aux exigences d’universalité de l’artiste. En France, l’abstraction de Fernand Léger (Contrastes de formes, 1913-1914) et celle de Francis Picabia (Udnie, 1913) utilisent des formes cubistes sans renoncer à l’intensité chromatique. En Russie, après avoir été le principal représentant du cubo-futurisme, Kazimir Malevitch rompt de façon radicale avec toute tentation figurative et prône par le radicalisme des monochromes (Carré noir sur fond blanc, 1913) « une philosophie de la création picturale qui parvient au sans-objet et à l’absolu ». Il fonde le suprématisme en 1913, mouvement radical qui trouve un écho et un prolongement en Pologne avec l’unisme (1923-1934) de Wladislaw Strzeminsky (1893-1952). Parallèlement, Vladimir Tatline crée avec ses reliefs abstraits l’une des premières formulations du constructivisme (1917-1932).

Aleksandr Rodtchenko tend un premier temps vers un épuisement de la surface picturale par la couleur, poursuivant et dépassant « la voie des carrés » de Kazimir Malevitch avec ses monochromes : Jaune pur, Bleu pur, Rouge pur (1921). Délaissant cet épisode coloriste, Aleksandr Rodchenko se tourne avec El Lissitzky vers une conception utilitaire de l’art qui triomphe également au Bauhaus en Allemagne (1919-1933) sous l’impulsion d’artistes comme László Moholy-Nagy et Josef Albers. Abstraction absolue, le monochrome revient régulièrement ponctuer l’histoire de l’art abstrait : que ce soient avec les Ultimate paintings de Ad Reinhardt, les travaux d’Yves Klein, mais aussi les noirs rythmés de Pierre Soulages, les environnements dictés par les « définitions-méthodes » du Français Claude Rutault (1941- ), qui peint de la même couleur les toiles et le mur qui les expose, ou les tableaux brossés de l’Anglais Jason Martin (1970- ) tel Trump (1996).

En contrepoint des abstractions constructivistes, se développe une abstraction dite biomorphique aux formes souples et généreuses inaugurées par les reliefs de Jean Arp à la fin des années 1910 et reprises par des artistes comme Joan Miró et Alexander Calder autant sur un plan pictural que sculptural.

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