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Coleridge, Samuel TaylorArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un autodidacte ; Autour de William Wordsworth ; La découverte de l’Allemagne ; Le critique et le théoricien
En 1800, il regagne l’Angleterre pour s’installer avec sa famille et ses amis à Keswick, dans la région des lacs (Lake District), mais dès 1804, il quitte de nouveau sa patrie pour occuper à Malte les fonctions de secrétaire particulier du gouverneur. Il y reste jusqu’en 1806, rongé par l’alcool et l’opium (utilisé originellement comme antalgique contre les douleurs rhumatismales), marqué par un amour malheureux et miné par un fort sentiment d’échec intellectuel. De retour à Londres, il donne de 1808 à 1819 une série de conférences sur la littérature et sur la philosophie — celles qu’il consacre à Shakespeare ont d’ailleurs contribué à remettre le grand dramaturge au goût du jour. En 1816, Coleridge, séparé de sa femme et toujours miné par son opiomanie, s’établit à Londres chez un admirateur, le médecin James Gillman. Il y écrit sa plus grande œuvre en prose, Biographia Literaria (1817), somme de sa pensée qui regroupe des notes autobiographiques, des exposés philosophiques et des textes de critique littéraire dans lesquels il analyse rétrospectivement sa collaboration avec Wordsworth. À vocation théorique, l’œuvre délivre une véritable poétique du romantisme et interroge le statut de l’artiste comme celui du lecteur. Retiré du monde chez les Gillman, il compose également les Feuilles sibyllines (Sibylline Leaves, 1817), Aides à la réflexion (Aids to Reflection, 1825), recueil d’aphorismes imprégnés de la philosophie kantienne, et la Constitution de l’Église et de l’État (On the Constitution of Church and State, 1830), essai de philosophie politique qui tente, sous l’influence de Burke, de concilier laïcité et spiritualité. En opérant, au travers d’une régénération des formes poétiques, la synthèse d’un héritage littéraire hétérogène, à la fois shakespearien et gothique, anglican et germanique, réactionnaire et libéral, Coleridge a contribué grandement à la définition d’une esthétique romantique, qu’il a tenté, par ailleurs, de conceptualiser. Mais ses textes théoriques dépassent la notion même de poétique pour tendre à l’élaboration d’un système politique et religieux dans lequel l’art aurait sa place. Grâce à ses traités et à ses conférences, il reste le plus important critique littéraire et philosophe anglais du xixe siècle.
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