![]() |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Parmesan, leArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une formation parmesane partiellement autodidacte ; Le séjour romain (1524-1527) ; Les chefs-d’œuvre bolonais (1527-1531) ; Le retour à Parme (1531-1540)
Parmesan, le (1503-1540), peintre italien. Par ses expérimentations sophistiquées dans le domaine de l’abstraction formelle (« la forme pure »), le Parmesan est l’un des grands précurseurs de la peinture maniériste du Cinquecento.
Né à Parme, Girolamo Francesco Maria Mazzola ou Mazzuoli, dit il Parmigianino ou, en français, le Parmesan (d’après le nom des habitants de sa ville natale), est formé dans l’atelier de ses oncles paternels, Michele et Pier Ilario Mazzola. Son premier tableau attesté est le Mariage mystique de sainte Catherine (1521-1522, église Santa Maria, Bardi), retable peint pour l’église San Pietro de Viadana. De 1522 à 1524, il travaille « en concurrence » avec le Corrège et Michelangelo Anselmi, à l'église de l’ancien monastère bénédictin San Giovanni Evangelista où il se charge de la décoration « à fresque » de plusieurs chapelles dans le bas-côté nord de la nef — deux chapelles lui sont attribuées avec certitude : Sainte Agathe et le bourreau et Sainte Lucie et sainte Apollonie. Sur une commande du comte Gian Galeazzo Sanvitale, le Parmesan décore également une stuffetta, petite salle d’eau du château de Fontanellato (Rocco di Sanvitale) que le comte destine à son épouse Paola Gonzaga. La conception des peintures murales (Diane et Actéon, 1522-1524, d’après les Métamorphoses du poète latin Ovide), réparties entre les treize lunettes du boudoir, évoque par son élégance et son raffinement précieux la manière du Corrège. Le Parmesan n’a cependant jamais été à proprement parler l’élève du Corrège dont, en rival, il s’est très tôt démarqué, tant par la dominante froide, fortement intellectualisée, voire hermétique de son style que par le tracé graphique vivace et nerveux. Cette dernière qualité est d’ailleurs attestée dans ses nombreux dessins et gravures à l’eau-forte, technique qu’il est un des premiers artistes italiens à expérimenter. De cette période datent également la Sainte Famille avec des anges (v. 1521-1524, musée du Prado, Madrid), le Portrait de Gian Galeazzo Sanvitale (1524, museo nazionale di Capodimonte, Naples) et son Autoportrait dans un miroir convexe (v. 1521-1524, Kunsthistorisches Museum, Vienne), œuvre expérimentale d’inspiration proto-maniériste et délicate, qui, selon le critique Giorgio Vasari, était destinée à l’introduire auprès des mécènes, des collectionneurs et des artistes romains à l’occasion du voyage qu’il projetait dans la ville éternelle de Rome.
Vers 1524, le Parmesan se rend effectivement à Rome où il est reçu en audience par le pape Clément VII, à qui il fait notamment don de son autoportrait. L’artiste impressionne si fortement son entourage que chacun imagine (rapporte toujours Vasari) qu’il est une réincarnation de Raphaël, tant la délicatesse des traits de son visage et ses capacités artistiques sont à l’image des manières affables et raffinées du maître. Mais sa jeunesse et son absence d’entregent constituent très rapidement pour lui un handicap face à des artistes bien en cour comme Perino del Vaga, Polidoro da Caravaggio, Rosso Fiorentino ou Sebastiano del Piombo. Aucune commande publique ne lui est faite. Il multiplie cependant les petits tableaux (notamment une nouvelle version du Mariage mystique de sainte Catherine, v. 1527-1530, The National Gallery, Londres) dont la plupart seront par la suite acquis par l’un de ses admirateurs, le futur cardinal Hippolyte de Médicis. Le seul retable qu’il ait peint à Rome est la Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste et saint Jérôme (v. 1526-1527, The National Gallery, Londres), commanditée par Maria Bufalina de Città di Castello pour une chapelle de l’église San Salvatore del Lauro. Dans cette œuvre élégante aux formes oblongues et fuselées se conjuguent harmonieusement (outre quelques réminiscences du Corrège) plusieurs influences croisées, notamment celle de Léonard de Vinci pour la finesse et les accents subtils de certains traits et celle de Michel-Ange pour la ligne serpentine très « physique » du Baptiste.
En 1527, lors du sac de Rome par les lansquenets impériaux de Charles Quint, le Parmesan se réfugie à Bologne où il réalise certaines de ses œuvres les plus élégantes, comme Saint Roch et le donateur (v. 1528, basilique San Petronio, Bologne), la Vierge à l'Enfant avec sainte Marguerite et saint Jérôme, un saint évêque et un ange (v. 1529, Pinacoteca Nazionale, Bologne), Cupidon taillant son arc (v. 1527-1530 selon l’historien de l’art Cecil Gould, Kunsthistorisches Museum, Vienne) ou encore la Madone à la rose (v. 1529, Gemäldegalerie, Dresde), une œuvre envoûtante dans laquelle la subtilité des contours et des transparences est au service d’une insaisissable et équivoque sensualité. C’est aussi durant cette période bolonaise qu’est réalisé le premier portrait de femme du Parmesan qui soit parvenu jusqu’à nous, celui d’une Jeune Femme, dite plus tard l’Esclave turque en raison de sa coiffure enturbannée (v. 1530, Galleria Nazionale, Parme).
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |