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Sudètes

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Allemands des SudètesAllemands des Sudètes

Sudètes, zone frontalière de la République tchèque composée des régions regroupées autour des Sudètes au nord, des monts Métallifères, ou Erzgebirge, au nord-ouest, et de la forêt de Bohême.

Avant 1945, plus de trois millions de Sudètes de langue allemande vivaient dans la région. Pendant les années trente, les revendications pangermanistes d’Adolf Hitler sur cette région provoquèrent une grave crise internationale. Créé en 1933, le Parti allemand des Sudètes, dirigé par Konrad Henlein, obtint une victoire aux élections législatives de 1935 ainsi qu’aux élections municipales de 1938, mais se heurta au refus de Prague d’accorder un statut d’autonomie aux Sudètes. Henlein réclama alors, avec le soutien d’Hitler, le rattachement à l’Allemagne. Le président tchécoslovaque, Hodža, fut contraint, sous la pression des Britanniques et des Français, d’accepter le rattachement de certains territoires sudètes à l’Allemagne, ce qui incita Hitler à adresser un ultimatum au gouvernement tchèque. Lors de la conférence internationale de Munich, réunie pour dénouer la crise, les Français et les Britanniques forcèrent Prague à accepter l’annexion des Sudètes par l’Allemagne, dans l’espoir d’éviter la guerre.

Les accords de Munich (29-30 septembre 1938) marquèrent le prélude au démantèlement de la Tchécoslovaquie. En 1945, la région fut rendue à la Tchécoslovaquie, qui, en vertu des accords de Potsdam autorisant une « déportation humaine et ordonnée », expulsa la majorité de la population allemande des Sudètes : de 3 200 000 en 1938, ils ne furent plus que 160 000 en 1946. De part et d’autre de la frontière, cette question demeura très sensible et source d’hostilité entre Bonn et Prague. Des organisations de réfugiés allemands, défendues par le Land de Bavière, réclamèrent en effet des dédommagements pour les biens saisis après 1945.

Cependant, la chute du mur de Berlin et la fin du régime communiste en Tchécoslovaquie permirent la reprise d’un certain dialogue. Un traité d’amitié et de coopération entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne fut signé en février 1992. Pour autant le sujet n’était pas réglé, nombre de réfugiés allemands revendiquant le droit de retourner vivre dans les Sudètes. Il fallut attendre janvier 1997 pour que soit signée une déclaration commune entre la République tchèque et l’Allemagne ouvrant la voie à une réconciliation. Dans cette déclaration, Bonn a reconnu la « responsabilité historique de l’Allemagne nazie dans la grave injustice » commise envers l’ex-Tchécoslovaquie en 1938 et s’est engagé de facto à ne pas réclamer d’indemnités pour les biens allemands saisis en 1945. De son côté, Prague a également reconnu, malgré l’hostilité de l’opposition socialiste et nationaliste, les torts commis par les Tchèques envers les Allemands expulsés. Cette déclaration s’est accompagnée de la création d’un fonds de 165 millions de marks, dont les ressources doivent bénéficier notamment aux victimes tchèques du nazisme.

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