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Présentation ; Les origines de la Seconde Guerre mondiale ; La phase européenne de la guerre (septembre 1939-décembre 1941) ; La mondialisation du conflit (1941-1943) ; L’effondrement de l’Axe (1943-1944) ; La fin de la guerre et la capitulation de l'Axe (1944-1945) ; Le bilan de la guerre
Guerre mondiale, Seconde, conflit militaire mondial qui se déroula de 1939 à 1945 et fut la guerre la plus dévastatrice de l’histoire en termes de vies humaines et de destructions matérielles. Elle éclata en 1939 sous la forme d’un conflit européen opposant principalement l’Allemagne à la coalition franco-britannique, mais se généralisa bientôt, impliquant presque toutes les nations du globe. Quand la guerre s’acheva, en 1945, le monde, doté d’un équilibre nouveau, était dominé par les États-Unis et par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Plus encore que les conflits précédents, la Seconde Guerre mondiale impliqua la mobilisation de la totalité des ressources humaines et économiques des nations engagées, le mépris de la distinction entre soldats et civils, et l’extension du champ de bataille à l’ensemble du territoire ennemi. Elle fut caractérisée par des atrocités sans précédent contre les populations civiles et, surtout, par le génocide auquel se livrèrent les nazis, en pratiquant la déportation et l’élimination systématique des Juifs, des Tsiganes et des Slaves dans des camps de concentration. La victoire fut déterminée par les capacités de mobilisation humaine et industrielle des forces de la Grande Alliance. Dans la dernière phase de la guerre apparurent deux armes totalement nouvelles : la fusée à longue portée et la bombe atomique. Toutefois, dans l’ensemble, l’armement utilisé dans ce conflit fut du même type que celui de la Première Guerre mondiale, mais largement modernisé. Les principales innovations portèrent sur les avions et les chars d’assaut.
À la conférence de la Paix réunie à Paris, de janvier à mai 1919, le « conseil des quatre » (France, Royaume-Uni, Italie et États-Unis) avait imposé la volonté des vainqueurs aux vaincus, respectant peu les principes annoncés dans les Quatorze Points du président Thomas Wilson. Ainsi, les rancœurs furent nombreuses et alimentèrent les problèmes des relations internationales de l’entre-deux-guerres. L’Allemagne, considérée comme responsable du conflit, était non seulement amputée territorialement, mais aussi désarmée et, surtout, soumise au paiement, pour des décennies, d’énormes réparations. Elle jugea que le traité de Versailles qui lui était imposé était un diktat inadmissible. L’Europe centrale et orientale se retrouvait morcelée : la disparition de l’Autriche-Hongrie se traduisant par la création de nombreux petits États souvent très fragiles, mécontents de frontières qui ne tenaient que fort peu compte des problèmes de nationalités — autant de germes potentiels pour de nouveaux conflits. Les vainqueurs s’étaient surtout préoccupés de construire « un cordon sanitaire » contre l’extension de l’idéologie révolutionnaire hors de l’URSS. L’Italie, bien que victorieuse, était elle aussi mécontente de son sort, estimant la victoire « mutilée », car ses revendications territoriales en Dalmatie et en Albanie n’étaient pas satisfaites. Le Japon jugeait très insuffisantes ses acquisitions en Asie. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient plus ou moins atteint leurs objectifs de guerre ; ils avaient anéanti l’arsenal militaire allemand, réorganisé l’Europe et, en 1920, institué la Société des Nations (SDN), dont l’objectif était de garantir la sécurité et la paix. Cependant, très vite, leurs politiques divergèrent. La France, dirigée par Georges Clemenceau, n’avait pas obtenu les garanties qu’elle demandait contre l’Allemagne ; elle se heurta au Royaume-Uni, qui, avec Lloyd George, prônait une politique plus modérée à l’égard des vaincus. Les États-Unis, quant à eux, étaient retournés dès 1919 à leur politique isolationniste traditionnelle ; le Sénat, désavouant Wilson, refusa de ratifier les traités.
Si les années vingt apparurent comme une période marquée par la volonté de bâtir une paix stable, la situation changea radicalement avec les effets de la grande crise et la montée des fascismes. La création, en 1920, à Genève, de la SDN répondait à un idéal généreux et soulevait un grand espoir : elle devait garantir la paix par la sécurité collective. Elle ouvrait une tribune internationale à tous les pays adhérents (mais seuls les vainqueurs ou les pays restés neutres pendant le conflit pouvaient y adhérer). Les pouvoirs de la SDN restaient toutefois limités à ses capacités de persuasion ; en cas de difficultés, elle ne pouvait prendre, contre un État récalcitrant ou qui contrevenait aux principes de l’organisation, que des décisions de sanctions morales ou économiques — ses membres étant libres de les appliquer ou non. En outre, les États-Unis, n’ayant pas ratifié le traité de Versailles, n’adhérèrent pas non plus à la SDN, limitant ainsi son action. D’autres indicateurs éclairent sur l’esprit pacifique des années vingt. Lors de la conférence de Washington, en février 1922, les principales puissances navales (États-Unis, Royaume-Uni, France, Japon, Italie) décidèrent d’un commun accord de limiter leur flotte selon un ratio déterminé. Les accords de Locarno, issus de la conférence du même nom (du 5 au 16 octobre 1925) illustrèrent la courte période de réconciliation franco-allemande, sous l’égide des deux ministres des Affaires étrangères, Aristide Briand et Gustav Stresemann ; ils furent accompagnés par leurs homologues britannique (Joseph Chamberlain) et belge (Émile Vandervelde), ainsi que par Benito Mussolini, chef du gouvernement italien. Les accords signés garantissaient les frontières européennes, en particulier celles de la France et de la Belgique avec l’Allemagne. En 1926, la France, rassurée, accepta l’admission de l’Allemagne à la SDN. Autre symbole du pacifisme à son apogée : le pacte Briand-Kellogg (des noms du secrétaire d’État américain et du ministre français des Affaires étrangères), signé à Paris le 27 août 1928 par une soixantaine d’États, était un pacte de « renonciation générale à la guerre » dont les signataires s’engageaient à résoudre tous les conflits « de manière pacifique ».
Au sortir de la Première Guerre mondiale, les problèmes liés à l’application des traités ainsi que les difficultés économiques et sociales auxquelles furent confrontés les gouvernements les fragilisèrent rapidement et favorisèrent la montée des contestations politiques, en provenance de la gauche révolutionnaire communiste, mais aussi de nouvelles organisations qui revendiquaient une idéologie nouvelle, le fascisme.
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