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Guerre mondiale, Seconde

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Neville Chamberlain, discours des accords de Munich (30 septembre 1938)Neville Chamberlain, discours des accords de Munich (30 septembre 1938)
Plan de l'article
3.2

La drôle de guerre

À l’ouest, la stratégie française était strictement défensive, consistant à tenir les fortifications de la ligne Maginot. Une fois la Pologne anéantie, la France et le Royaume-Uni demeurèrent dans l’expectative, voulant éviter une sanglante répétition de la Première Guerre mondiale. Hitler semblait vouloir entreprendre des négociations, alors que, dans le même temps, il ordonnait à ses généraux de préparer une attaque des Pays-Bas et de la France. Les Français et les Britanniques se contentèrent donc, tout en essayant d’accélérer leur réarmement, de faire le blocus des côtes allemandes, ne croyant pas vraiment à une attaque d’Hitler. Ainsi, à part en mer, où les sous-marins allemands s’attaquèrent aux navires marchands, il n’y eut pas d’affrontement direct sur le front occidental : ce fût la drôle de guerre. Pendant neuf mois, les armées françaises et allemandes restèrent face à face, sans rien tenter. Cette inactivité eut des répercussions négatives au sein d’une opinion française, déjà très divisée quant à l’entrée du pays dans ce nouveau conflit. En outre, les Allemands s’efforcèrent d’affaiblir le moral des troupes françaises par une intense propagande, notamment radiophonique.

3.3

La guerre en Europe du Nord

Staline avait des revendications territoriales concernant la Finlande. Ainsi, le 30 novembre 1939, après deux mois de conflit diplomatique, l’Union soviétique déclara la guerre à la Finlande. Staline aurait souhaité mener sa propre blitzkrieg, mais ses plans échouèrent. Les Finlandais, sous les ordres du maréchal Carl Mannerheim, étaient experts en matière de combat d’hiver ; en outre, les troupes soviétiques étaient assez mal dirigées, en partie à cause des purges politiques dont avaient été victimes de nombreux officiers de l’Armée rouge dans les années précédentes. Les Finlandais résistèrent donc et continuèrent à se battre jusqu’à l’année suivante.

L’attaque de la Finlande et la résistance de son armée déclenchèrent une vague de sympathie internationale à l’égard de l’agressée — et une réprobation équivalente à l’égard de l’agresseur. Le conflit fournit aux forces franco-britanniques, en quête de stratégies périphériques, un prétexte pour tenter une intervention en Norvège alors que ce pays, tout comme le Danemark et la Suède, avait affirmé sa neutralité. Français et Britanniques surveillaient depuis longtemps la mine de Kiruna, au nord de la Suède, principale source de minerai de fer de l’Allemagne : le minerai était acheminé en été par la mer Baltique et en hiver par le port norvégien, libre de glace, de Narvik puis, par les eaux neutres de la Norvège, avant d’être transporté en Allemagne. La voie ferrée Narvik-Kiruna était reliée au réseau ferroviaire finlandais ; par conséquent, une troupe envoyée au secours des Finlandais était en mesure d’occuper Narvik et Kiruna. Le problème était de convaincre la Norvège et la Suède de coopérer pour couper la « route du fer », ce que ces deux pays refusaient d’entreprendre.

Le chef de la flotte allemande, l’amiral Erich Raeder, pressa Hitler d’occuper la Norvège de manière préventive, d’autant que ses ports sur l’Atlantique Nord étaient d’un intérêt stratégique évident pour la flotte allemande et ses sous-marins. Hitler, cependant, ne manifesta que peu d’intérêt pour ce projet avant janvier 1940. À ce moment, les conditions météorologiques, défavorables au plan d’invasion brutale des Pays-Bas et de la Belgique, l’incitèrent à reconsidérer ses positions et à modifier l’ordre des opérations. Selon les études des experts, il était préférable de prendre la Norvège en débarquant simultanément dans les villes portuaires situées entre Narvik et Oslo. Comme il fallait acheminer les troupes par navires de guerre et que ceux-ci constitueraient, durant le transport, des proies faciles pour la marine britannique, l’opération devait être exécutée quand les nuits étaient encore longues. L’invasion du Danemark ne posait aucun problème stratégique ; elle devait précéder l’opération en Norvège pour que l’aviation puisse se servir des aérodromes danois.

En Finlande, les troupes soviétiques continuèrent d’avancer et les Finlandais furent contraints de signer l’armistice le 12 mars 1940. Staline annexa une partie du territoire, mais laissa son indépendance au pays.

Hitler approuva finalement les plans d’invasion de la Norvège et du Danemark le 2 avril ; les bâtiments de guerre prirent la mer le 7 avril. Pendant ce temps, un corps expéditionnaire britannique posa des mines près du port de Narvik. Les forces franco-britanniques avaient conservé l’idée de couper à tout prix la « route du fer » en minant les eaux norvégiennes. Cependant, le débarquement allemand commença, sans rencontrer d’opposition sérieuse, dans la matinée du 9 avril. Les Allemands utilisèrent pour la première fois des divisions parachutées. Le Danemark se rendit immédiatement et les débarquements s’effectuèrent sans encombre partout, sauf à Oslo. Là, un fort bloqua l’approche par la mer et le brouillard empêcha toute intervention de l’aviation. L’artillerie côtière réussit à couler un navire allemand ; néanmoins la capitale tomba à midi. Le gouvernement, prêt à se battre, s’était replié à Elverum, dans les montagnes ; il rejoignit bientôt le roi, réfugié au Royaume-Uni. Les tentatives franco-britanniques en Norvège, qui remportèrent quelques succès, furent interrompues par l’invasion de la France.

Les Norvégiens, aidés par des soldats français et britanniques débarqués, résistèrent dans la région située entre Oslo et Trondheim jusqu’au 3 mai. À Narvik, les Alliés résistèrent plus longtemps (jusqu’au 28 mai), mais les Allemands étaient avantagés par la nature accidentée du terrain et surtout par la lenteur des mouvements de leurs adversaires. Cependant, au début du mois de juin, la situation militaire catastrophique dans les Flandres obligea la France et la Grande-Bretagne à rappeler leurs corps expéditionnaires.

3.4

La campagne de France (mai-juin 1940)

3.4. 1

La stratégie d’Hitler

Au printemps, Hitler était satisfait de la nouvelle stratégie élaborée par son état-major : il s’agissait d’une réédition un peu modifiée du plan Schlieffen de 1914 ; le général Erich von Manstein et ses conseillers avaient persuadé Hitler d’attaquer en tenaille par le nord, aux Pays-Bas et par le sud, en Belgique, mais en créant un effet de surprise : le gros des troupes devait déboucher de la forêt ardennaise. Les Ardennes, vallonnées et boisées, n’étaient pas le terrain de prédilection des chars d’assaut, mais Manstein affirmait que l’ennemi ne s’attendrait pas à une attaque importante à cet endroit. Les tanks devaient ensuite se lancer vers l’ouest, encerclant les Belges, mais surtout les Britanniques et une partie des Français qui se seraient portés au secours des deux pays attaqués. Après avoir atteint la côte et écrasé l’ennemi en Belgique, l’armée allemande pourrait faire volte-face et procéder à l’encerclement du reste des armées françaises, massées le long de la ligne Maginot, dans le nord-est de la France.

3.4. 2

L’attaque allemande

Quand l’attaque fut lancée, le 10 mai 1940, les deux camps étaient à peu près à égalité d’effectifs en hommes et en chars, mais les Allemands bénéficiaient d’une très nette supériorité aérienne (Stukas pour les bombardements en piqué) et de l’avantage conféré par le regroupement de leurs chars en divisions blindées. De plus, l’Allemagne imposait sa stratégie offensive alors que ses adversaires, adeptes d’une stratégie défensive, se retrouvaient surpris, débordés et devaient improviser sans grande cohérence entre les différents états-majors. Enfin, contrairement à ce qu’avaient préconisé certains membres de l’armée française (en particulier, le général de Gaulle), les chars n’étaient pas regroupés en divisions, mais dispersés parmi les troupes d’infanterie et, donc, dans l’incapacité d’affronter efficacement les formations blindées de Panzers.

Le 10 mai, les troupes aéroportées allemandes atterrirent en Belgique et en Hollande afin de s’emparer des aérodromes, des ponts, des nœuds ferroviaires ainsi que du fort belge d’Eben-Emael, sur la Meuse. L’armée hollandaise se rendit le 14 mai 1940, quelques heures après que les bombardiers eurent détruit le secteur des affaires de Rotterdam. La reine et le gouvernement néerlandais avaient pris la décision de se réfugier au Royaume-Uni. Le 14 mai également, le gros des forces allemandes, précédé du groupe de Panzers, déboucha des Ardennes, ayant balayé la résistance française et enfoncé victorieusement les lignes à Sedan ; elles foncèrent vers la mer, passant derrière les armées françaises et britanniques, venues au secours des Belges. Le roi de Belgique se rendit le 28 mai, avec une grande partie de l’armée belge, mais le gouvernement exilé décida de continuer la lutte.

Le 21 mai, les Panzers, protégés par les Stukas, prirent Abbeville, à l’embouchure de la Somme, et continuèrent leur progression vers le nord, en longeant la côte. Le 26 mai, les Français et les Britanniques étaient acculés dans la poche de Dunkerque. Une flottille hétéroclite fut rassemblée en toute hâte à Douvres pour tenter de sauver le corps expéditionnaire britannique de la reddition. Du 28 mai au 3 juin, malgré les bombardements intensifs, 300 000 hommes (dont 100 000 Français) embarquèrent à Dunkerque et purent gagner la Grande-Bretagne.

Devant la débâcle des armées françaises et la perte de la région industrielle du Nord, le président du Conseil, Paul Reynaud avait limogé le général Gamelin, remplacé par le général Weygand, qui tenta de reconstituer une ligne de défense de la Somme à la Meuse, sur l’Oise et l’Aisne. Mais, dès le 5 juin, cette ligne fut enfoncée et les divisions allemandes entamèrent leur progression vers le sud, précédées de flots de réfugiés, jetés sur les routes de l’exode. Le 10 juin, jour d’entrée en guerre de l’Italie, le gouvernement français, le président de la République, Albert Lebrun, et le Parlement, suivis du corps diplomatique, quittèrent Paris, déclarée ville ouverte, pour s’installer en Touraine, puis à Bordeaux. Paris fut prise par les forces allemandes le 14 juin.

3.4. 3

L'armistice

Le gouvernement français était très partagé : certains ministres préconisaient de demander au plus vite l’armistice — c’était le cas du maréchal Pétain, ministre d’État, qui soutenait la proposition de Weygand — alors que Paul Reynaud, président du Conseil, Georges Mandel, ministre de l’Intérieur, ou Charles de Gaulle, qui venait d’être nommé sous-secrétaire d’État à la Guerre, voulaient organiser la résistance, éventuellement depuis les colonies, si le gouvernement était contraint de quitter la métropole. C’était aussi le parti du président du Sénat, Jules Jeanneney, et de celui de la Chambre des députés, Édouard Herriot. L’armistice avait donc ses adversaires et ses partisans. Les premiers préconisaient une simple capitulation militaire afin de continuer la lutte aux côtés du Royaume-Uni, à partir de l’Afrique du Nord, ce qui nécessitait un transfert du gouvernement français et le transport des troupes et du matériel ; les seconds pensaient que le gouvernement devait rester sur le territoire de la métropole et limiter les conséquences immédiates du désastre. Surtout en préférant l’armistice à la seule capitulation, ils souhaitaient voir la République et le gouvernement endosser la responsabilité de la défaite, et non pas les militaires. Mais la progression rapide des forces allemandes et le sentiment qu’une majorité se dessinait désormais en faveur de l’armistice poussèrent Paul Reynaud à démissionner, le 16 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, appelé par Albert Lebrun à former le nouveau cabinet, présentait aux Allemands une demande d’armistice. De nombreux parlementaires s’embarquèrent sur le Massilia pour gagner les colonies ; de Gaulle repartit en toute hâte pour le Royaume-Uni, d’où il allait lancer, le 18 juin 1940, le premier appel à la Résistance.

L’armistice fut signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon de l’armistice de 1918. Les clauses furent sévères : la France était coupée en deux par une ligne de démarcation, le Nord et tout le littoral occidental passant sous contrôle allemand, et la zone Sud restant sous l’autorité du gouvernement français, qui partit s’installer à Vichy. L’armée fut démobilisée, à l’exception d’une force de 100 000 hommes. La flotte désarmée devait passer sous contrôle italo-allemand. Les bâtiments français, qui, en rade de Mers el-Kébir, refusèrent de rejoindre la flotte britannique, par fidélité à Pétain, furent coulés, le 3 juillet 1940, sur ordre de Churchill, qui préférait ouvrir le feu sur les navires français avant qu’ils ne passent sous contrôle allemand (voir Mers el-Kébir, attaque de). Vichy rompit ses relations diplomatiques avec Londres. La France, soumise à l’occupation dans sa partie nord, devait verser de surcroît un lourd tribut à l’occupant : 400 millions de francs par jour. En France, le nouveau régime, installé à Vichy, prit le nom d’État français. Philippe Pétain, le chef de l’État français, fit entrer Pierre Laval dans son gouvernement. Celui-ci fit voter, le 10 juillet 1940, les pleins pouvoirs au Maréchal ; c’était la fin de la IIIe République et le début de la Révolution nationale. Voir Vichy, gouvernement de.

3.5

Le Royaume-Uni face aux puissances de l’Axe

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