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athéisme (du grec a, « non » et theos, « dieu »), doctrine ou attitude niant l’existence de Dieu. Fondé sur une négation, l’athéisme est condamné par les croyants, qui l’identifient au « mal moral », et récusé par de nombreux penseurs rationalistes, qui préférèrent adopter le terme d’agnosticisme. Désignant d’abord l’appartenance à une autre religion — les Romains du Ier siècle qualifiaient les chrétiens d’« athées », entendant par là que ceux-ci rejetaient le culte polythéiste traditionnel —, il constitue une théorie nourrie par la philosophie matérialiste et l’esprit libertin.
Les plus anciennes prises de position s’apparentant à l’athéisme — qui a évolué vers une mise en cause systématique des croyances aux divinités — sont consignées dans des textes d’inspiration religieuse. Dans la philosophie d’Héraclite, où le Feu primordial apparaît comme une sorte de divinité et où l’hypothèse selon laquelle l’âme survit après la mort est envisagée, les représentations religieuses se trouvent parfois ébranlées par des propos tels que « ce monde, nul dieu ne l’a fait ». Ce n’est cependant qu’avec Démocrite, au début du IVe siècle av. J.-C., que fut élaborée en Grèce la première conception athée du monde, qui ne supposait la préexistence d’aucun esprit divin. La dimension critique et polémique de l’athéisme ne cessa de s’amplifier au cours de l’histoire. À l’instar d’Épicure, Lucrèce montra ainsi les absurdités des croyances liées à la vie après la mort, à la Renaissance Giordano Bruno s’attaqua aux représentations du monde tirées de la foi et, au XIXe siècle, Friedrich Nietzsche proclama la « mort de Dieu », condamnant le penchant des hommes à s’adonner aux croyances.
En réaction à la vision religieuse qui affirme, à la manière de Pascal, le caractère tragique de l’existence, l’athéisme développe l’image d’une humanité lucide et courageuse, représentée par le personnage mythologique de Prométhée et par la figure littéraire du libertin Don Juan. Comme eux, les athées rejettent l’ordre divin et refusent de se laisser dominer par la peur de la mort. Résistant à l’angoisse suscitée par la perspective d’un anéantissement, la philosophie athée conçoit sereinement la condition humaine, sans se réfugier dans l’illusion d’un passage vers une autre vie. Pour ce courant de pensée, Dieu n’existe pas et, par conséquent, selon l’expression de Jean-Paul Sartre, l’homme est « condamné à la liberté ».
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