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Résultats avec Windows Live® Search Rimbaud, ArthurArticle
Plan de l'article
Présentation ; « Le génie du bien ou du mal » ; Une saison parisienne ; L'homme aux semelles de vent ; Poétique de la voyance
Rimbaud, Arthur (1854-1891), poète français au génie précoce, qui abandonna brusquement la poésie à l’aube de ses vingt ans, après avoir profondément rénové le genre. Rimbaud a marqué la littérature autant par sa vie, dont s’est emparé le mythe, que par son œuvre sans précédent, au fondement de la révolution poétique moderne.
Arthur Rimbaud naît à Charleville dans un milieu modeste. Son père, le capitaine Frédéric Rimbaud, quitte définitivement le domicile familial en 1860, abandonnant ses quatre enfants aux soins de sa femme, Vitalie, née Cuif. Despotique, avare, bigote, cette dernière élève sa progéniture à la baguette. Rapidement, le jeune Arthur s’illustre par ses succès scolaires. Élève particulièrement doué, il attire l’attention de son professeur de rhétorique, George Izambard, qui encourage ses premiers essais poétiques. Un de ses professeurs de quatrième, M. Perette, dit du jeune garçon à l’époque : « Il finira mal. En tout cas, rien de banal ne germera dans sa tête : ce sera le génie du bien ou du mal. ». De caractère impulsif, épris d’aventures, Rimbaud fugue à plusieurs reprises, exalté par les événements politiques qui secouent la France des années 1870-1871 (la guerre qui ravage les Ardennes et bouleverse la vie quotidienne, la défaite contre l’Allemagne, la Commune de Paris). Au lieu de se présenter au baccalauréat, il tente de gagner Paris, pour être arrêté aussitôt et transféré à la prison de Mazas comme passager clandestin. Libéré grâce à l’intervention d’Izambard, il est renvoyé dans la triste province ardennaise, chez celle qu’il surnomme la « mère Rimbe ». De ces fugues découle une poésie du voyage, dédiée à la Terre foulée par le vagabond, célébrant la sensation et la communion avec la nature (« Sensation », « Soleil et Chair », « Au cabaret vert »), que viennent néanmoins côtoyer les poèmes colériques d’un adolescent outré devant l’injustice sociale (« le Forgeron »), ou en proie au mal-être de la puberté (« les réparties de Nina », « Vénus Anadyomène ») Il refuse de retourner à l’école et repart à Paris, attendu à bras ouverts par Paul Verlaine, déjà convaincu par les quelques poèmes envoyés : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend », lui écrit-il dans une lettre de septembre 1871. Muni entre autres du célèbre « Bateau ivre », Rimbaud commence à fréquenter la communauté littéraire parisienne, alors de tendance parnassienne, qu’il choque autant par ses audaces poétiques que par ses insolences provoquantes en société.
Lassés du mépris affiché par Rimbaud à leur égard et de son manque d’éducation, les gens de lettres lui refusent désormais le gîte et le couvert qu’ils lui avaient d’abord généreusement accordés. Verlaine seul reste fidèle à Rimbaud et le recueille. La liaison de Rimbaud avec l’auteur des Fêtes galantes, homme marié et père de famille, devient dès lors de notoriété publique. En février 1872, Rimbaud, lassé du conflit avec la belle-famille de son compagnon et déçu par le milieu des lettres, met fin à son séjour parisien, ponctué de débauches éthyliques et autres, pour revenir à Charleville. En juillet 1872, on le retrouve à Bruxelles, bientôt rejoint par Verlaine, puis en septembre à Londres, où ils s’essayent aux « paradis artificiels » de l’opium. Leur liaison orageuse, entrecoupée de séparations, se clôt finalement par un drame en juillet 1873, Verlaine tirant deux coups de pistolet sur Rimbaud. C’est durant cette période mouvementée qu’ont été probablement écrit certains textes des Illuminations et de Une saison en enfer. Verlaine emprisonné, Rimbaud s’installe à Roche chez sa mère pour y finir dans l’exaltation douloureuse ce dernier recueil.
Celui qui fût, selon les mots de Mallarmé, « le passant considérable » de la poésie, constatant la vanité de ses illusions enthousiastes de surdoué, renonce définitivement à l’écriture en atteignant l’âge adulte, d’une façon si soudaine et si incompréhensible qu’il semble s’être « opéré vivant de la poésie » (Mallarmé). Bien que cette période demeure relativement obscure, on date de 1873 les derniers fragments des Illuminations (le recueil, lui, ne paraît qu’en 1886) et la fin de sa carrière fulgurante. En 1874, il est de retour à Londres comme répétiteur, en compagnie de Germain Nouveau. L’année suivante, il voyage en Italie et en Allemagne, se consacrant à l’étude intensive de langues étrangères (allemand, italien, russe, arabe). Débardeur à Marseille, il s’embarque pour les Indes néerlandaises comme mercenaire, puis déserte à Java en 1876. Vraisemblablement accompagnateur de cirque en Scandinavie en 1877, il se fait ensuite contremaître à Chypre (1878). Enfin, il s’établit comme négociant en Abyssinie, où, toujours sur le départ pour un endroit ou un autre, il mène une vie survoltée et éprouvante. En 1891, une blessure suspecte à la jambe — très certainement cancéreuse — l’oblige à rentrer en civière depuis les monts du Harar jusqu’à la côte de la mer Rouge. Amputé dès son arrivée à Marseille, il meurt à trente-sept ans, des suites de sa maladie, laissant derrière lui une des œuvres les plus originales et les plus riches de la littérature française.
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