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Faust

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Faust et MéphistophélèsFaust et Méphistophélès
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3.3

Le Faust de Lessing

Gotthold Ephraim Lessing, dans sa version inachevée du mythe (Faust, v. 1759), est le premier à suggérer la possibilité du rachat de Faust : une scène de sa pièce montre comment le personnage — ici champion du savoir plutôt que de l'ambition personnelle —, peut être sauvé si Dieu reconnaît la sincérité de sa quête de la connaissance.

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Le Faust de Goethe

Cette idée est la base de la version la plus connue du mythe de Faust, celle de Goethe, dont la première partie (Urfaust ou Faust I), après bien des essais avortés, est achevée en 1808. La seconde (Faust II) est par ailleurs écrite en 1831. Cette œuvre de toute une vie reprend et synthétise les différents aspects — populaires et littéraires — du mythe. Faust apparaît d'abord comme un vieux savant qui, après une vie de labeur et d'isolement, a soudain soif du monde et veut pouvoir en jouir. Après son pacte diabolique, il dispose d'une nouvelle jeunesse ; il séduit et abandonne Marguerite, qui est condamnée à mort après avoir tué son enfant. Déchiré entre le chemin facile et l'esclavage que lui offre Méphistophélès, et le chemin difficile d'un homme libre que lui propose Dieu s'il se repent, Faust incarne ici la condition humaine tout entière.

Le second volet de ce Faust présente le personnage sous un jour différent : devenu un philosophe rationaliste, époux d'Hélène de Troie, il est celui qui risque tout, jusqu'à son âme, pour faire avancer la connaissance humaine. Revenu à une ambition plus mesurée et plus sage, il reçoit le pardon divin en raison de ses nobles intentions.

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Les réécritures du mythe

Après Goethe, de nombreux auteurs donnent encore leur propre version du mythe. Citons Vie, exploits et descente aux enfers de Faust, roman philosophique de Friedrich Klinger (1791), Don Juan et Faust (1822), tragédie de Christian Dietrich Grabbe qui oppose les deux héros amoureux de la même femme, le Faust de Nikolaus Lenau (1836), incurable romantique, qui souffre et s’enivre à la fois du sentiment d’être exclu du monde et de lui-même, Mon Faust (1940), œuvre dialoguée de Paul Valéry, et Docteur Faustus, roman de Thomas Mann (1947).

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Faust mis en musique

Faust inspire également des œuvres musicales aux compositeurs du XIXe siècle. Le premier opéra inspiré du mythe est le Faust de Ludwig Spohr (1816). Richard Wagner compose également sept morceaux pour le Faust Goethéen (1832). Suivent la Damnation de Faust d’Hector Berlioz (1846), les Scènes pour le Faust de Goethe de Robert Schumann (1853), la Faust-Symphonie de Franz Liszt (1854-1857), et le Faust de Charles Gounod (1859). Citons, au XXe siècle, les opéras Mefistofele d’Arrigo Boito (1868) et Doktor Faust de Ferruccio Busoni (1925).

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Faust au cinéma

Au cinéma, le premier Faust est probablement réalisé par Georges Hato en 1897. Georges Méliès réalise la même année le Cabinet de Méphistophélès et Faust et Marguerite, suivi de la Damnation de Faust (1898), de Faust aux enfers (1903) et d’un nouveau Faust et Marguerite (1904). Marcel L’Herbier donne une version du Don Juan et Faust de Grabbe (1923), et Murnau un Faust d’une force visuelle étonnante (1926). Mais l’adaptation cinématographique la plus populaire du mythe de Faust demeure sans doute la Beauté du diable (1950) de René Clair, avec Gérard Philipe et Michel Simon.

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