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  • [France-Diplomatie] COLOMBIE

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  • Colombie

    La vie politique et économique du pays vu par le journal du Monde Diplomatique.

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Colombie

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Colombie : drapeau et hymneColombie : drapeau et hymne
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5.2

La conquête espagnole

En 1502, lors de son dernier voyage vers le Nouveau Monde, Christophe Colomb explore une partie de l’empire des Chibchas, sur les côtes septentrionales de l’actuelle Colombie. Dans son sillage, les conquistadores espagnols établissent à Darién, en 1510, leur première colonie sur le continent américain. Attirés par ce nouvel eldorado, les colons progressent rapidement. Sur la côte tout d’abord : ils fondent Cartagena, puis Santa Marta. À l’intérieur des terres, Santa Fé de Bogotá est conquise par Gonzalo Jiménez de Quesada, en 1536. À partir de 1544, la région est intégrée à la vice-royauté du Pérou, avant de devenir, en 1740, le centre de la vice-royauté de la Nouvelle-Grenade. L’économie de la colonie espagnole repose alors en grande partie sur l’esclavage : aux Indiens succèdent les esclaves noirs. Elle est également servie par les ressources naturelles du territoire (émeraude et autres pierres précieuses) et la présence de l’isthme, qui assurait le rayonnement des villes portuaires.

Cependant, les Espagnols, qui accaparent les richesses, se heurtent à l’hostilité grandissante de la noblesse et de la bourgeoisie créoles. La révolte des comuneros de Socorro, en 1781, est la première manifestation de l’identité créole et le prélude au mouvement pour l’indépendance. Les insurgés de Socorro (au nord du pays) marchent sur la capitale avec leurs « cahiers de doléances », pour protester contre les nouveaux impôts imposés par l’Espagne sur les marchés et réclamer leur part de la richesse nationale. Le compromis étant refusé par le vice-roi, les chefs de la révolte sont arrêtés et fusillés. Dès lors, le peuple de la Nouvelle-Grenade prend part au mouvement pour l’indépendance qui naît dans l’ensemble de l’Empire espagnol.

5.3

L’indépendance et la « longue marche » de Simón Bolívar

Le 20 juillet 1810, les provinces de la Nouvelle-Grenade se réunissent en fédération et décident d’exclure les Espagnols du gouvernement. Une junte dirigée par le juriste Camillo Torres se met en place. Antonio Narinõ, précurseur de l’indépendance, proclame en 1813 la rupture avec l’Espagne qui réagit très vivement en envoyant des troupes. De nombreux hommes, dont Camillo Torres, sont exécutés et les chefs du mouvement s’exilent ou rentrent dans la clandestinité. Il faut attendre l’expédition de Simón Bolívar, parti du Venezuela en 1818 et qui franchit les Andes aux termes d’une « longue marche » avec quelques milliers de partisans, pour rendre espoir aux indépendantistes. Le 7 août 1819, Bolívar remporte une victoire décisive contre l’armée du général Barreiro, à la bataille du pont de Boyacá. Entré dans Bogotá le 10 août 1819, avec Santander, le « Libertador » proclame alors l’indépendance de la Nouvelle-Grenade. Le 17 décembre 1819, le congrès d’Angostura donne naissance à la République de Grande-Colombie, qui réunit la Nouvelle-Grenade, l’actuel Panamá et, après leur libération, le Venezuela et l’Équateur. Bolívar devient le président et le chef suprême de l’armée. Mais cette expérience de fédération panaméricaine ne survit pas à son inspirateur et, en 1830, après la mort de Bolívar, le Venezuela, puis l’Équateur, font sécession.

Dès les premières années de l’indépendance, le pays est divisé en deux blocs qui vont désormais structurer la vie politique colombienne. D’un côté, les conservateurs, soutenus par l’Église, sont partisans d’un État centralisé ; de l’autre, le bloc libéral, fédéraliste, veut soustraire la politique à l’emprise de la religion.

5.4

Des guerres civiles à la Seconde Guerre mondiale

5.4. 1

Un xixe siècle marqué par les guerres civiles

Les premières décennies qui suivent l’indépendance sont marquées par de nombreuses guerres civiles – on en dénombre 52 au cours du xixe siècle – et par de fréquents changements constitutionnels. Dans un premier temps, les conservateurs parviennent à imposer une Constitution unitaire. Mais les fédéralistes s’y opposent, déclenchent le premier conflit et accèdent au pouvoir, avec le président Obando, en 1853 ; ils sont à leur tour renversés par des conservateurs. En 1858, le pays est doté d’une Constitution semi-fédérale et la nouvelle République est baptisée Confédération grenadine. Cinq ans plus tard naissent les États-Unis de Colombie, sur le modèle résolument fédéral du voisin nord-américain. Après quelques années de relative stabilité, une nouvelle guerre civile éclate en 1876. De retour au pouvoir, les conservateurs imposent au pays, en 1886, une Constitution centraliste, celle de la république de Colombie, qui est restée en vigueur jusqu’en 1991.

Plusieurs guerres civiles éclatent notamment en 1885 et en 1895. La plus violente, la guerre des Mille Jours, de 1899 à 1902, laisse le pays exsangue et fait environ 100 000 victimes.

La deuxième moitié du xixe siècle se caractérise par de nombreux changements, qui marquent profondément la société : l’abolition de l’esclavage en 1851 ; puis, en 1853, la séparation de l’Église et de l’État.

En 1903, soutenu par les États-Unis, le Panamá fait sécession et accède à l’indépendance. La Colombie perd alors un accès important au commerce maritime ; cependant, les compensations financières accordées par Washington lui permettent d’entamer la diversification de son économie, qui reposait jusque-là essentiellement sur les cultures d’exportation du café et de la banane.

5.4. 2

Réformes et développement économique

Jusqu’en 1930, la Colombie connaît une période de stabilité politique et se consacre à son développement économique. La construction de routes, dès le début du siècle, permet un début d’expansion commerciale. L’exploitation des gisements de pétrole et la culture du café prennent également de l’ampleur, soutenues par plusieurs emprunts américains.

Les libéraux, de retour au pouvoir en 1930, s’engagent dans de nouvelles réformes. Jusqu’à la démission du président Alfonso López Pumarejo en 1945, ils font voter une loi de réforme agraire, la reconnaissance du droit de grève et des droits syndicaux, un salaire minimum et des congés payés.

5.4. 3

Un membre fondateur de l’ONU en 1945

Lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la Colombie suspend ses relations diplomatiques avec le Japon, l’Allemagne et l’Italie en 1941, et avec l’État français de Vichy en 1942. En 1943, le Sénat déclare la guerre à l’Allemagne, et la Colombie signe la charte de l’ONU, en juin 1945, devenant ainsi l’un de ses 51 membres fondateurs.

5.5

L’omniprésence de la violence

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