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Plan de l'article
Présentation ; New Deal et interventionnisme étatique ; Le premier New Deal ; Le deuxième New Deal ; Le troisième New Deal ; New Deal et libéralisme
New Deal (ou « nouvelle donne »), nom donné au programme mis en œuvre par le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt entre 1933 et 1938 pour contrecarrer les effets de la grande dépression due à la crise économique de 1929.
La production industrielle américaine a chuté de moitié entre 1930 et 1933, voire des deux tiers dans certains secteurs, les prix agricoles ont baissé dans des proportions variant de 25 p. 100 à 50 p. 100 selon les produits, 14 millions d’Américains sont au chômage en 1933, soit un quart de la population active qui ne subsiste que grâce aux soupes populaires, autant d’indicateurs révélateurs d’une crise économique sans précédent qui a notamment vu resurgir des manifestations de révolte que l’on croyait d’un autre temps et d’un autre monde : les émeutes de la faim. Par sa durée, par son ampleur — au-delà des États-Unis, la crise est devenue mondiale — et la détresse sociale qu’elle a engendrée, la récession des années trente marque une étape importante dans l’évolution des politiques économiques occidentales et inaugure l’ère de l’intervention de l’État (théorisée par John Maynard Keynes) dans une économie de marché devenue défaillante. Pour tenter de réduire le chômage et de rétablir la prospérité, Roosevelt impose une intrusion très forte de l'État fédéral dans l'activité économique, instaurant un ensemble d'agences fédérales, de programmes subventionnés et de nouveaux services publics. Ces mesures ne sont alors motivées par aucune théorie économique, toutefois le président s'appuie sur un groupe de conseillers, le brain trust, composé essentiellement de professeurs issus des universités de Harvard (Boston) et Columbia (New York) et représentant différents courants de pensée : d’une part, des « planificateurs » prônant des réformes structurelles ; d’autre part, des « conjoncturistes », ou spenders (littéralement « ceux qui dépensent »), pour lesquels il suffit de réinjecter des liquidités dans l'économie pour permettre l'écoulement de la production.
Les mesures du premier New Deal sont préparées dès l'hiver 1932-1933, autrement dit avant la prise de fonctions effective de la nouvelle équipe démocrate, le candidat Roosevelt ayant lancé son idée lors de la campagne présidentielle comme une force mobilisatrice : « Je vous engage, je m'engage moi-même à réaliser une nouvelle donne pour le peuple américain. Que tous ici assemblés, nous soyons les prophètes d'un ordre nouveau de compétence et de courage. C'est plus qu'une campagne politique, c'est un appel aux armes. »
Les premières mesures s'articulent autour de deux axes principaux, reflétant la diversité idéologique du brain trust : sortir dans un premier temps au plus vite le pays de la crise par une injection de crédits publics pour réamorcer la pompe (pump priming), au prix d'un déficit budgétaire provisoire (voir budget) ; puis associer à cette action conjoncturelle une réforme structurelle du capitalisme américain visant à réorganiser le tissu industriel de façon à répartir plus équitablement les richesses produites entre les différents acteurs économiques. Dès les premiers « cent jours » (période symbolique couramment définie afin de « tester » l’efficacité de l’action d’un gouvernement) de la présidence, seize lois réorganisent la vie économique et sociale du pays.
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