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New Deal

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Franklin Delano Roosevelt, sur le New DealFranklin Delano Roosevelt, sur le New Deal
Plan de l'article
4.1

Les premières désillusions

Les espoirs d'un redressement rapide de l'économie se révèlent illusoires, puisqu’une certaine incohérence préside aux différentes mesures prises, inflationnistes pour certaines, tandis que d'autres visent à réduire la production industrielle et agricole. En outre, la Cour suprême, dont les juges ont été nommés par la précédente administration — la présidence Hoover —, déclarent anticonstitutionnelles plusieurs lois clés du New Deal, jugeant que le pouvoir fédéral a outrepassé ses droits en matière de réglementation ; les dispositions du NIRA sont annulées en mai 1935, celles de l'AAA en janvier 1936. Pour sa part, le monde des affaires n'adhère pas non plus au New Deal ; un grand trust comme Ford, par exemple, ne signe pas le code d'adhésion au NIRA pour l'automobile. Enfin, l'opposition politique (les républicains) accuse Roosevelt de développer dans le pays un dirigisme d'essence socialiste.

4.2

L’avènement de l’État-providence

Ces différents revers incitent Roosevelt à mettre en œuvre, à partir de 1935, une deuxième série de mesures qui traduisent une nouvelle orientation sociale et annoncent l’avènement de l'État-providence. Obtenant l’appui des syndicats par le Wagner Act, qui reprend et précise les clauses syndicales du NIRA, le National Labour Relation Act donne à l'État un pouvoir d'arbitrage et de contrôle en matière de liberté syndicale et de conventions collectives. Le taux d'imposition des plus riches est par ailleurs augmenté et des subventions sont émises pour financer la Rural Electrification Administration, tandis que le Federal Fair Labor Standards Act de 1938 fixe le temps de travail maximal et le salaire minimal pour la plupart des catégories de travailleurs.

En août 1935 est votée une loi instituant pour la première fois aux États-Unis une sécurité sociale, le Social Security Act, qui comprend trois programmes principaux : une assurance vieillesse, une assurance chômage ainsi que le remboursement des frais médicaux et chirurgicaux.

Ce train de nouvelles mesures entraîne un lourd déficit du budget : 3,5 milliards de dollars environ en 1936.

5

Le troisième New Deal

Après une récession fin 1937 due à un amoindrissement du soutien du gouvernement à l'économie, notamment au processus productif, de nouvelles mesures sont prises en 1938 : de larges dépenses budgétaires financent la construction de logements, des législations favorables au soutien des salaires contribuent à l'amélioration du pouvoir d'achat des américains et, en 1939, le réarmement se révèle une occasion nouvelle d'augmenter la production.

Même si le bilan strictement économique du New Deal est mitigé (en 1939, le revenu national n'avait pas encore retrouvé son niveau de 1929), il a permis d'améliorer à long terme l'infrastructure du pays. Le New Deal a accru, de façon définitive, le pouvoir économique du gouvernement fédéral, en développant ses instruments de politique monétaire (action sur la masse monétaire) et budgétaire (nouveaux impôts, pratique du déficit budgétaire) ; ces instruments ont été de nouveau utilisés par la suite afin de limiter les effets des récessions. Sur le plan social en revanche, la crise, conjuguée aux droits nouveaux des syndicats, a contribué à exacerber les tensions manifestées lors des grandes grèves de 1937. Le New Deal est toutefois globalement parvenu à ressouder la société américaine, les exclus des années vingt (chômeurs, femmes seules, invalides) pouvant dorénavant bénéficier d'une sécurité sociale.

6

New Deal et libéralisme

Le New Deal a ainsi marqué la naissance d’un interventionnisme « expérimental », conduit dans un contexte d’urgence, avec pour finalité une tentative de gestion de la pénurie. Après la Seconde Guerre mondiale, ces politiques économiques d’intervention se sont généralisées à l’ensemble des pays industrialisés, le keynésianisme étant le plus souvent interprété comme un processus associant exclusivement dépense sociale et relance de l’économie. Toutefois, loin de consacrer un « dirigisme » étatique, l’interventionnisme de la puissance publique a d’abord été conçu comme un mécanisme mis au service d’une finalité identique à celle que se donne une économie libérale (voir libéralisme) : assurer, autant que faire se peut, un équilibre optimal sur l’ensemble des marchés — tant celui des biens et services que le marché du travail ou le marché monétaire. Il y a donc multiplication des interventions sectorielles dans l’économie : l’État, devenu entrepreneur agissant directement sur les structures de l’économie par l’intermédiaire de différentes mesures (nationalisations, encadrement des prix, dirigisme bancaire), ne se contente plus d’assurer une correction globale sur les déséquilibres. L’État se situe au centre du débat, puisque cet interventionnisme est considéré comme la principale cause du retour à un libéralisme « pur » qui caractérise les économies des pays industrialisés depuis le milieu des années quatre-vingt (voir États-Unis ; Royaume-Uni).

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