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Piero della Francesca

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Piero della Francesca, le Baptême du ChristPiero della Francesca, le Baptême du Christ
Plan de l'article
1

Présentation

Piero della Francesca (v. 1416/1420-1492), peintre italien et théoricien de l’art.

Artiste du Quattrocento (XVe siècle), Piero della Francesca est l’une des principales figures de la première Renaissance italienne. Si, dans les quelque quarante chefs-d’œuvre qu’il a exécutés, Piero della Francesca excelle dans l’art des jeux d’ombre et de lumière, la quintessence de son génie repose avant tout sur une étude approfondie des lois de la perspective et des proportions, grâce à quoi son œuvre irradie d’une simplicité qui conjugue solennité et naturel.

2

Le peintre de la simplicité solennelle

2.1

Préparation d’une palette lumineuse et géométrique

Né à Borgo San Sepolcro (aujourd’hui Sansepolcro, près d’Arezzo), Piero di Benedetto ou Piero dal Borgo San Sepolcro, dit Piero della Francesca, se forme à la peinture à Florence. Après avoir découvert les œuvres de Fra Angelico, de Masaccio et de Paolo Uccello, il se passionne pour les recherches menées sur la perspective par les artistes toscans. À partir de 1439, il travaille avec Domenico Veneziano à la réalisation de fresques, aujourd’hui disparues, pour le chœur de l’église Sant’ Egidio. Sa carrière l’éloigne ensuite définitivement de Florence.

Dans sa ville natale, il réalise le célèbre Baptême du Christ (1440-1445, The National Gallery, Londres) destiné à l’abbaye camaldule San Giovanni Evangelista. Alors que catholiques et orthodoxes s’affrontent au concile œcuménique de Ferrare-Florence (1438-1439) — notamment sur la question du Filioque —, Piero della Francesca réaffirme dans cette œuvre la primauté de la Trinité, dogme défendu par l’Église d’Occident : la colombe, symbole de l’Esprit Saint, vole ainsi à l’aplomb de la coupe baptismale et du corps du Christ.

Peu après cette première réalisation, l’artiste reçoit commande du Polyptyque de la Miséricorde pour la confrérie du même nom (1445-v. 1462, Museo Civico, Sansepolcro). Cette œuvre, qui l’occupe de nombreuses années, comprend notamment une imposante figure de Madone entourée de fidèles agenouillés ainsi qu’une scène de Crucifixion. Divers éléments de l’ensemble, dont le fond recouvert d’or, situent cette peinture dans les prolongements de l’esthétique médiévale.

2.2

Prestigieuse collaboration à la cour ducale d’Urbino

En 1445, Piero della Francesca amorce une longue et fructueuse collaboration avec la cour ducale d’Urbino, collaboration marquée par la réalisation de plusieurs tableaux d’importance, dont l’un de ses chefs-d’œuvre, la Flagellation du Christ (v. 1453-1460, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino). Réalisée au lendemain de la prise de Constantinople par les Turcs (mai 1453), la peinture évoque, dans la figure du Christ souffrant — archétype de la martyrologie chrétienne —, l’humiliation subie par l’Église chrétienne. La composition de l’œuvre témoigne de l’intérêt que porte le peintre aux questions de perspective et d’harmonie des proportions ; quant à la manière, elle est influencée par le style flamand — ce qu’atteste la richesse colorée du manteau bleu et or du personnage situé à l’extrême droite de la composition. Ce goût pour l’esthétique figurative flamande se retrouve dans le Diptyque des ducs d’Urbino, double portrait réalisé pour les noces de Federico da Montefeltro et de Battista Sforza (v. 1467-1470, galerie des Offices, Florence), au revers duquel figurent les triomphes allégoriques des deux époux.

Vers 1449, Piero della Francesca est à Ferrare où il entreprend pour le château de Lionello d’Este la réalisation de fresques, aujourd’hui perdues. Sa carrière le mène ensuite à Rimini où, en 1451, il exécute pour le Tempio Malatestiano une fresque votive représentant Saint Sigismond et Sigismond Pandolfo Malatesta.

2.3

L’apogée de la carrière ou l’Histoire de la vraie croix

Avec la série des fresques de l’Histoire de la vraie croix (v. 1452-1459), inspirée de la Légende dorée de Jacques de Voragine, Piero della Francesca atteint l’apogée de son art. Après le décès du peintre Bicci di Lorenzo, l’artiste est appelé par le mécène humaniste Giovanni Bacci pour poursuivre la réalisation de ces peintures destinées à orner la chapelle principale du chœur de l’église San Francesco d’Arezzo. L’ensemble, organisé de façon symbolique et non chronologique, est marqué par l’exceptionnelle narrativité des compositions et par l’aspect géométrique conféré à la représentation de l’espace. Une fois encore le peintre, qui a retenu les leçons de son ancien maître Domenico Veneziano, y fait la preuve d’un sens de la couleur particulièrement subtil et y démontre une palette lumineuse et claire. Prennent notamment place, dans un décor architectural fourmillant de détails étudiés, l’épisode de la Visite de la reine de Saba au roi Salomon, celui du Songe de Constantin (une des premières scènes nocturnes attestées dans l’art occidental) et l’Annonciation.

À la même époque, Piero della Francesca réalise la Résurrection du Christ (v. 1458, Museo Civico, Sansepolcro), œuvre d’une grande force spirituelle et d’une exceptionnelle solennité, tout entière dominée par la stature imposante du Sauveur.

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