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Organisation des Nations unies [ONU]

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Conférence de San FranciscoConférence de San Francisco
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3.2

Adhésions et rapport de forces

Conformément à la Charte, l’adhésion à l’ONU est ouverte à tous les États qui acceptent les obligations de l’Organisation. Les 50 nations qui ont pris part à la conférence de San Francisco deviennent membres fondateurs de l’ONU, de même que la Pologne, signataire ultérieure de la Charte.

Les nouveaux membres sont admis par un vote à la majorité des deux tiers de l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. En 2002, l’ONU compte 191 membres ; les admissions les plus récentes sont celles de la Suisse et de la République démocratique du Timor-Leste, en septembre 2002.

Durant les premières années de son existence, qui voient les anciennes puissances de l’Axe progressivement admises, l’ONU est dominée en nombre par les pays occidentaux, rangés derrière les États-Unis ; seule l’Union soviétique fait contrepoids à l’influence occidentale en recourant systématiquement à son droit de veto au Conseil de sécurité. Membre fondateur de l’ONU en 1945, la Chine est en effet représentée à partir de 1949 par une délégation du gouvernement nationaliste de Taïwan, à la suite de la prise de pouvoir par les communistes à Pékin — le gouvernement nationaliste de Taïwan occupe le siège de la Chine jusqu’en 1971, date à laquelle l’ONU le lui retire pour le céder à la République populaire de Chine.

Le rapport des forces au sein de l’ONU évolue dans les années 1950- 1960 avec l’admission de nouveaux pays africains et asiatiques, anciennes colonies européennes. Tandis que le nombre des États membres fait plus que doubler pendant cette période, les préoccupations et les intérêts des nouveaux pays admis diffèrent grandement de ceux de leurs prédécesseurs industrialisés. Face à l’hégémonie des États-Unis, dont les intérêts orientent les décisions de l’ONU, ces pays parviennent à modifier les habitudes de vote. Dès la fin des années 1970, les États-Unis deviennent le principal utilisateur du droit de veto.

3.3

Organes principaux

La Charte prévoit six organes principaux : l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de justice et le Secrétariat.

3.3. 1

L’Assemblée générale

L’Assemblée générale est l’organe de délibération de l’ONU. Tous les États membres y sont représentés, et chacun d’entre eux dispose d’une voix. L’Assemblée générale tient des sessions régulières annuelles et peut tenir des sessions extraordinaires. Sur les questions ordinaires, les décisions sont prises à la majorité simple, les décisions importantes devant être adoptées à la majorité des deux tiers. L’Assemblée n’a pas de pouvoir de contrainte : ses décisions sont simplement des recommandations faites aux États membres, qui demeurent souverains ; elles ont cependant un poids important sur l’opinion mondiale.

L’Assemblée générale est au centre de l’ONU : elle admet les nouveaux membres, approuve le budget, crée des agences et lance des programmes afin de mettre en œuvre ses recommandations — les plus importants sont le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Enfin, elle nomme le secrétaire général et les membres des différents programmes et agences, et coordonne leur action par l’établissement de comités.

3.3. 2

Le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité est le principal organe de maintien de la paix et de la sécurité internationales des Nations unies. Il compte 15 membres, dont cinq — la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis — détiennent un siège permanent ; les dix autres membres non permanents sont élus pour un mandat de deux ans par l’Assemblée générale. Les décisions du Conseil de sécurité sont prises à la majorité de neuf membres pour les questions de procédure. Aucune décision ne peut être prise si un membre permanent émet un vote négatif (droit de veto). En d’autres termes, le Conseil de sécurité n’est effectif que si ses membres permanents parviennent à un consensus. Ses décisions, appelées « résolutions », sont exécutoires immédiatement.

Quand le Conseil de sécurité est saisi d’une question menaçant la paix, il recommande aux parties de régler pacifiquement leur différend et il peut alors jouer le rôle de médiateur. Si le conflit a commencé, il s’efforce d’obtenir un cessez-le-feu. En l’absence de solution pacifique, le Conseil peut adopter des résolutions allant de sanctions économiques à une opération militaire collective.

3.3. 3

Le Secrétariat

Le Secrétariat assure le suivi du travail de l’ONU. Il est présidé par un secrétaire général, nommé par l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité, pour un mandat de cinq ans renouvelable. Le rôle du « plus haut fonctionnaire de l’Organisation » est central : il assiste aux réunions de l’Assemblée générale dont il peut attirer l’attention sur une situation qui mettrait la paix en danger. Il doit aussi mettre en œuvre les décisions de l’Assemblée et du Conseil. Son influence réelle dépend cependant fortement de la personnalité même du secrétaire général et de la marge de manœuvre que lui laissent les membres permanents.

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