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Organisation des Nations unies [ONU]Article
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Présentation ; Création ; Structure et organisation ; Domaines et moyens d’intervention ; Évolution du rôle de l’ONU
L’ONU donne naissance en 1952 à un Fonds spécial pour le développement économique (Special United Nations Fund for Economic Development, SUNFED) destiné à fournir des prêts à des taux d’intérêt inférieurs à ceux de la Banque mondiale. Ce fonds est rapidement abandonné en raison du manque d’intérêt manifesté par les pays industrialisés. Pour faire face aux besoins financiers des pays en voie de développement est donc créée en 1960 l’Association pour le développement international (ADI), affiliée à la Banque mondiale. Pour les pays industrialisés, il est en effet préférable d’accorder des aides économiques via la Banque mondiale, où le poids de chaque pays est proportionnel à sa contribution financière, plutôt que de passer par les Nations unies, où chaque État membre dispose de la même et unique voix. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) est créé en 1966 afin de réunir tous les différents programmes d’aide au développement existants. Il constitue un exemple d’agence chargée des fonctions de financement, d’exécution et de coordination. Il fonctionne sous l’autorité d’un conseil d’administration se réunissant deux fois par an pour approuver de nouveaux projets. Les projets du PNUD font partie de « programmes nationaux » de trois à cinq ans, établis par les pays bénéficiaires en liaison avec leurs plans de développement nationaux. Les projets sont alors habituellement exécutés par d’autres départements de l’ONU ou par des agences spécialisées ; les projets d’éducation par exemple sont exécutés par l’Unesco et les projets de santé par l’OMS.
Les programmes de développement de l’ONU font partie d’un réseau d’assistance beaucoup plus vaste, qui englobe aussi les programmes organisés sur le plan régional et national. Parallèlement, les pays en voie de développement sont toujours tenus de financer la plus grande part de leur croissance économique que ce soit par l’épargne ou les profits du commerce extérieur. C’est pourquoi l’aide au développement est de plus en plus liée aux conditions générales de l’économie mondiale, notamment aux conditions qui permettent aux pays en voie de développement de s’engager dans le commerce extérieur et de gagner des devises étrangères en exportant matières premières et biens manufacturés. La relation entre l’aide au développement et le commerce est particulièrement mise en avant dans l’action menée par la Commission économique des Nations unies pour l’Amérique latine dans les années 1950. Au début des années 1960, ce lien est largement accepté par les pays en voie de développement, qui prennent l’initiative, à l’Assemblée générale, de créer la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) en 1964. La Cnuced, qui est un organe subsidiaire de l’Assemblée générale, a pour mission de négocier des accords commerciaux permettant de stabiliser les prix et de promouvoir le commerce avec les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Tous les membres de l’ONU appartiennent à la Cnuced, qui se réunit en conférence générale tous les quatre ans. À la suite de la détérioration des conditions économiques mondiales enregistrée à la fin des années 1960, puis de la flambée du prix du pétrole en 1973, l’Assemblée générale, sous l’impulsion des pays en voie de développement, adopte en 1974 et en 1975 deux textes sur le « nouvel ordre économique international » (NOEI) visant à promouvoir la croissance des pays en développement. La Cnuced, qui encourage l'abaissement des mesures protectionnistes contre les produits en provenance du tiers-monde, trouve un forum idéal au sein du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), institutionnalisé en 1995 dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; toutefois, le principe de réciprocité dans l’abaissement des tarifs douaniers, en vigueur à l’OMC, désavantage presque toujours les pays en voie de développement. Alors que ces pays pèsent peu dans l’économie mondiale, la Cnuced ne parvient pas à défendre efficacement leurs intérêts dans les échanges internationaux.
La défense des droits fondamentaux de l’homme, de la dignité de la personne humaine et l’égalité des droits des hommes et des femmes est proclamée dans le préambule de la Charte des Nations unies. Le rôle de l’Organisation en la matière est loin d’être négligeable : elle a en effet légitimé la lutte conduite par les militants de ces droits, à travers les organisations non gouvernementales (ONG) constituées à cette fin, offert à certaines catégories d’opprimés une tribune, mis au point des mécanismes qui permettent d’exercer une pression utile pour un meilleur respect du droit, et enfin contribué à ce que l’idéologie des droits de l’homme progresse dans les esprits. La plus connue des différentes structures engagées dans la lutte pour les droits de l’homme dans le monde est la Commission des droits de l’homme, fondée en 1946 et constituée de 53 membres. Au sein de cette commission est créée en 1947 une sous-commission sur la prévention de la discrimination et la protection des minorités. L’une des tâches les plus importantes de la Commission est l’élaboration de normes relatives aux droits de l’homme. Après avoir achevé, dès 1948, ses travaux sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle établit des normes qui concernent notamment le droit au développement, les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels, l’élimination de la discrimination raciale et de la torture, les droits de l'enfant, les droits des défenseurs des droits de l’homme, etc. Au fil des décennies, elle est cependant de plus en plus controversée en raison de la présence en son sein de pays critiqués pour leurs atteintes aux droits de l’homme. Elle est dissoute en 2006 et remplacée par un Conseil des droits de l’homme.
Peu après la Seconde Guerre mondiale et la création de l’ONU, la coopération politique entre les principales puissances — et tout particulièrement entre les États-Unis et l’URSS — se détériore. À partir de 1947, le monde entre dans la période de guerre froide. Devant l’incompatibilité des intérêts des États-Unis et de l’URSS, le pouvoir qu’a l’ONU de maintenir la paix se trouve limité et le bilan des actions politiques apparaît décevant.
Dès les premières années de son existence, l’ONU essuie de nombreux échecs dans ses tentatives de résolution des conflits. Au Proche-Orient, l’ONU décide le 29 novembre 1947 la division de la Palestine en deux États, juif et arabe, tandis que Jérusalem et les Lieux saints deviennent une zone internationale. Mais ce plan de partage est repoussé par les Arabes et la guerre israélo-arabe qui s’ensuit rend caduc le plan de partage fixé par l’ONU. Le médiateur de l’ONU, le Suédois Folke Bernadotte, est assassiné par des terroristes juifs. En Inde, l’ONU tente, en 1949, d’imposer sa médiation entre l’Inde et le Pakistan dans la question du Cachemire, sans succès. La guerre de Corée en 1950, qui oppose l’URSS et les États-Unis par l’intermédiaire de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, marque un tournant pour l’Organisation. L’intervention des forces de l’ONU est alors rendue possible par l’absence de l’Union soviétique au Conseil de sécurité, qui boycotte celui-ci en raison du refus de l’admission de la Chine populaire. Alors que l’Union soviétique réoccupe peu après son siège, l’ONU, pour l’empêcher de bloquer par son veto l’action internationale engagée en Corée, décide, le 3 novembre 1950 (résolution dite « d’union pour le maintien de la paix »), que l’Assemblée générale aura désormais compétence, en cas de menace contre la paix et d’agression, lorsque le Conseil de sécurité sera paralysé par l’exercice du droit de veto. Dans l’ex-Congo belge (actuelle République démocratique du Congo), le gouvernement central congolais, menacé par des forces rebelles, fait appel à l’ONU en 1960. Une force internationale de 20 000 hommes est envoyée dans le cadre de l’opération des Nations unies au Congo (Onuc). L’élimination de Patrice Lumumba, dans laquelle l’ONU a une part de responsabilité, provoque les protestations de l’URSS. Ce n’est qu’en 1964 qu’intervient le retrait des forces onusiennes de l’Onuc.
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