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    L’Énéide (en latin Aeneis — mot de forme grecque, génitif  : Aeneidos) est une épopée de Virgile, le plus prestigieux exemple de ce genre littéraire en langue latine ...

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    Dictionnaire des oeuvres : les textes. ... Énéide. - Poème épique en 12 chants, composé par Virgile dans les onze dernières années de sa vie, de 29 à 18 avant J.-C.

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Énéide [Virgile]

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Virgile, ÉnéideVirgile, Énéide
Plan de l'article
1

Présentation

Énéide [Virgile], épopée de Virgile, composée entre 29 et 19 av. J.-C.

Dernière œuvre de Virgile, l’Énéide est un poème épique en douze livres écrit à la gloire de Rome et de son prince Octave-Auguste. Partant de la légende — à laquelle a déjà fait référence Varron — qui rattache Rome à un fondateur mythique venu de Troie, Virgile narre le voyage puis l’établissement du Troyen Énée en Italie, où il jette les fondements de la future puissance romaine.

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Énée et la fondation de Rome

Énée, parti de Troie, vient de quitter la Sicile pour l’Italie lorsque Junon soulève contre lui une violente tempête qui disperse les navires de son équipage et le jette sur la côte d’Afrique. À Didon, fondatrice et reine de Carthage, qui l’y accueille (chant I), Énée raconte la prise de Troie, sa fuite (chant II), puis le cours de son long voyage vers l’Italie où les dieux lui demandent de mener les restes de Troie (chant III). Tandis que la reine, éprise, veut le retenir à Carthage, Jupiter lui ordonne de poursuivre sa mission. Il obéit et Didon, de désespoir, se tue (chant IV). Après une nouvelle halte en Sicile et l’organisation de jeux funèbres en hommage à son père, qui y est mort un an plus tôt (chant V), Énée arrive en Italie où la sibylle de Cumes l’accompagne et le guide dans le monde souterrain des Enfers : à côté de son père Anchise, il découvre les grandeurs de la future Rome (chant VI). Arrivé au Latium, Énée veut s’y établir. Il demande la main de Lavinia, fille de Latinus, roi du pays, mais, par les artifices de Junon, doit soutenir une guerre contre un autre prétendant, Turnus, roi des Rutules (chant VII). Sur le Tibre, le roi Évandre à qui Énée demande de l’aide lui montre le site de la future Rome, et lui adjoint son fils Pallas. Vénus remet de surcroît à Énée un bouclier envoyé par Vulcain sur lequel sont représentées les destinées futures de Rome (chant VIII). Tandis qu’Énée cherche une alliance avec les Étrusques, Turnus attaque les Troyens et s’empare de leur camp (chant IX). En assemblée des dieux, Jupiter décide de s’en remettre au destin. Au retour d’Énée, le carnage est grand ainsi que les exploits des guerriers (chant X). Après avoir retourné le corps de Pallas mort à son père et célébré les funérailles des guerriers, Énée attaque l’ennemi (chant XI). À la fin on s’en remet à un combat singulier entre Turnus et Énée. Vainqueur, Énée épouse Lavinia pour régner sur un peuple où Troyens et Latins sont unis (Chant XII).

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l’Énéide, épopée romaine

Épopée légendaire célébrant le (l’un des) fondateur(s) mythique(s) de Rome, l’Énéide est composée de douze chants comportant chacun de 705 à 952 vers. La gloire de Rome, avant même qu’elle ne naisse, et celle de l’empire d’Auguste apparaissent ici partout. Ce sont les aventures héroïques des fondateurs et de personnages — Énée, Latinus, Turnus, Euryale et Nisus, Camille et Pallas… — dont les peuples formeront plus tard la cité romaine et en lesquels les Romains peuvent reconnaître leurs héros nationaux et les artisans de leur destin collectif. Mais cette célébration se dépasse elle-même pour s’élargir aux dimensions de l’épopée, en empruntant à la légende son merveilleux divin. Jupiter destine Énée à fonder une ville qui dominera le monde. Tandis que Junon, protectrice de Carthage, dresse des obstacles entre Énée et sa mission, Vénus favorise au contraire l’entreprise de son fils (Énée). En rattachant ainsi Rome au « cycle troyen » de la littérature qrecque, Virgile emprunte à Homère : des vers, des épisodes (la tempête, l’exploration, les jeux, la descente aux Enfers, la description du bouclier, etc.), des formules, de longs discours, le style des comparaisons… Les commentateurs ont d’ailleurs noté tôt que l’Énéide était d’une certaine manière constituée d’une Odyssée (les six premiers livres, homogènes, sont l’épopée du voyage et de la quête d’une nouvelle Troie) puis d’une Iliade (les six derniers forment une épopée guerrière en terre italienne). Cette bipartition symétrique des livres n’en laisse pas moins apparaître un fort contraste (dont la signification est peut-être psychologique) dans la durée des événements narrés : sept ans pour les aventures variées et chatoyantes d’Énée avec ses Troyens, contre quelques semaines seulement pour le récit d’une guerre assez monotone (cf. J. Perret, R. Martin). Certains commentateurs relèvent plutôt dans cette épopée un mouvement ascendant (livres I à VIII, où le futur de Rome est montré à Énée sur le Tibre ou à travers le bouclier) suivi d’un épilogue plein de tumulte (livres IX à XII), ou encore derrière la structure apparemment binaire une structure ternaire : quatre livres dynamiques (I à IV), quatre livres statiques (V à VIII) et quatre livres tumultueux (IX à XII). En dépit de l’omniprésence de l’intertexte homérique, Virgile, dans l’Énéide, magnifie la grandeur, voire la supériorité de Rome avant tout. La caractérisation d’Énée, héros beaucoup plus individualisé que ceux d’Homère, dont les vertus (courage, fermeté, loyauté) seront dites romaines, rejoint la propagande impériale.

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Un poème de refondation politique

L’Énéide est une œuvre engagée au service d’Octave-Auguste, présenté comme le petit-fils de Vénus. Rome sort alors des guerres civiles et Auguste veut souder le tissu social autour des valeurs anciennes. L’aval, la faveur faite à cette politique sont repérables dans le projet moral qui porte l’Énéide. Dans le poème en effet, on note que Virgile subordonne toutes les qualités d’Énée à sa piété. Le héros est donné comme un exemple de piété à l’égard des dieux, à l’égard de son père et des hommes. Dans l’épisode de la descente aux Enfers, Virgile, développant une conception de la vie après la mort (qui inspirera à Dante les cercles de l’Enfer et du Paradis) dont la qualité dépendra de la conduite des personnes sur la terre, pose la nécessité de l’expiation. Et à défaut de vénérer le caractère trop homérique des dieux de l’épopée (peu spiritualisé et soumis aux passions humaines), le poète accorde aux cultes anciens une attention significative : il s’agit de fédérer les peuples italiques dans la ferveur et le souvenir de leurs héros, de leurs anciens usages et légendes.

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