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religion

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Plan de l'article
1

Présentation

religion, système de croyances et de pratiques fondé sur la relation à un Être suprême, à un ou plusieurs dieux, à des choses sacrées ou à l’univers.

2

Difficulté d’approche

Il est impossible de trouver une définition satisfaisante de la religion ou une manière réaliste de classer les différents types de religions en raison des importantes différences de fonction entre les divers systèmes connus. Le terme religion a désigné dans l’Antiquité un scrupule, des rites, un système de menaces et de promesses, provoquant chez l’Homme la crainte, le respect, le culte et l’adoration. Une étude et une comparaison générales des religions seraient par conséquent trompeuses si les matériaux examinés étaient tous censés être du même genre.

Le terme de religion utilisé par les Européens pour désigner les pratiques spirituelles ou traditionnelles de cultures étrangères alors qu’ils n’en avaient qu’une connaissance rudimentaire est une erreur historique. Ils en conclurent que les autres peuples possédaient des institutions du même type et d’un fonctionnement identique au christianisme ou au judaïsme. Cette hypothèse prématurée fut à la source d’une grande confusion.

Une étude des religions doit donc commencer par limiter le terme en soi à un ensemble de croyances, de lois, de rites et aux institutions : le judaïsme et, issus de lui, le christianisme et l’islam. Si cette restriction semble quelque peu arbitraire, elle a néanmoins le mérite de donner au mot une signification plus claire en le limitant aux systèmes de foi, de morale, de rites et aux institutions qui présentent le plus de caractéristiques communes.

Étudier les religions autres que les trois monothéistes demande de noter le degré de correspondance avec le concept que nous avons de la religion puis d’employer de nouvelles manières de les classer lorsqu’aucune correspondance n’est trouvée. Cette correspondance ne concerne pas un accord ou un désaccord doctrinal, telles que les idées de dieu ou de conduite morale, par exemple. Il s’agit de décider si les institutions ou systèmes que l’on a appelés religions ont la même fonction, dans les différents contextes culturels, que celle qu’une institution comme le christianisme possède en Occident.

L’une des autres difficultés qui apparaît dans cette tentative d’étude du point de vue historique est la notion commune de « religion traditionnelle » en tant que forme la plus ancienne et la moins développée de croyance et de pratiques religieuses humaines. Cependant, il n’est pas sans danger de supposer que les formes non occidentales de culture, sans développement technologique, sont nécessairement représentatives des premiers tâtonnements de la race humaine en matière de vie spirituelle. Plus nous en connaissons sur les différents types de culture, plus il est difficile de les placer dans un simple plan évolutionniste quelconque ou même dans un système clair de types différents.

Nous traiterons la religion comme un récit portant sur la relation entre l’Homme et l’univers ou la divinité, et en examinerons trois formes principales : celle des religions traditionnelles, celle des religions monothéistes d’origine moyen-orientale, celle des « voies de libération » orientales, systèmes de croyances et de pratiques plus que véritables « religions ».

Les rituels sociaux et les codes moraux, qui sont une dimension importante dans toute religion, ne seront pas abordés dans cet article, du fait de leur multiplicité, mais sont étudiés dans les articles consacrés aux différentes religions.

3

Religions traditionnelles

Les différents sentiments et comportements rattachés aux religions traditionnelles n’apparaissent pas de façon explicite dans les religions de type occidental ; néanmoins certains historiens ont cru y retrouver certaines traces.

3.1

Monde spirituel et monde naturel

La principale caractéristique de la conscience religieuse traditionnelle, telle qu’elle peut être étudiée chez les Polynésiens ou en Afrique, est l’absence de toute frontière nette entre le monde spirituel et le monde naturel, et donc entre l’esprit humain et l’environnement. Le philosophe français Lucien Lévy-Bruhl appelait cette absence de frontière participation mystique, évoquant un sentiment de fusion entre l’homme et son environnement. Une absence de frontière similaire apparaît également entre le monde de l’expérience diurne et celui du rêve, et entre la volonté individuelle et les émotions du psychisme. En conséquence, le monde extérieur tout entier est chargé de forces mentales ou spirituelles. Les objets matériels, en tant que caractéristiques stables et compréhensibles du monde extérieur, n’existent pas car tout semble se comporter de manière aussi saugrenue que dans les rêves. Incontrôlés comme peuvent être les expériences dans cet état d’esprit, ils apparaissent si vivants, si mystérieux et si fascinants, et en même temps si terrifiants, que la nature entière baigne dans une atmosphère impressionnante et inquiétante. L’historien des religions allemand Rudolf Otto a qualifié cette atmosphère de « spirituelle ».

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