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autrichienne, littérature, littérature écrite en langue allemande, depuis le XVIe siècle, par des auteurs de nationalité et de sensibilité autrichiennes. Bien que l’auteur inconnu de la Chanson des Nibelungen et le plus grand ménestrel allemand, Walther von der Vogelweide, aient tous deux été autrichiens, ce n’est qu’après la Contre-Réforme que se dégagea une culture autrichienne à proprement parler, quand se produisit la scission entre l’Autriche catholique romaine et l’Allemagne protestante. L’histoire de la littérature autrichienne se distingua dès lors nettement de celle de la littérature allemande. Cette « sensibilité autrichienne » demeure néanmoins extrêmement difficile à saisir et à définir. Dans un premier temps, on constate que la littérature autrichienne a subi, du fait de l’histoire politique de l’Autriche, des influences différentes de celles de la littérature allemande. Dans un second temps, on remarque que des thématiques (la question de la mort, le phénomène de la décadence, l’analyse psychologique, etc.) et certains genres (aphorisme, théâtre, opéra-comique) dominaient assez nettement et spécifiquement la littérature autrichienne.
Le premier genre typiquement autrichien fut l’opéra-comique, né au XVIIIe siècle, qui décrivait des événements surnaturels en termes allégoriques. L’œuvre qui connut une reconnaissance internationale et demeure la plus célèbre fut la Flûte enchantée (1791) d’Emmanuel Schikaneder (1751-1812), mise en musique par Mozart. L’acteur et dramaturge Ferdinand Raimund (1790-1836) fut ensuite l’initiateur du passage de l’opéra-comique à la tragi-comédie (le Dilapidateur, 1834). Johann Nepomuk Nestroy (1801-1862), autre nom important du théâtre populaire, composait quant à lui des opéras-comiques mêlant satire politique et parodie littéraire (le Talisman, 1841 ; l’Homme déchiré, 1844). Ce théâtre, qui moquait les travers de la bourgeoisie, créa des personnages archétypiques hauts en couleur, destinés à incarner, en le caricaturant, leur milieu social ; ces « types » humains sont restés très populaires aujourd’hui encore dans la société autrichienne.
Auteur-phare de la période dite Biedermeier (première moitié du XIXe siècle), qui se caractérise par un certain conservatisme politique et social (dû en partie à une sévère censure, instaurée après 1819), Franz Grillparzer sut notamment adapter les préceptes des classiques allemands à l’esprit autrichien façonné par le catholicisme romain et l’autorité des Habsbourg. Dans sa pièce le Bonheur et la fin du roi Ottokar (1823), il met en valeur le contraste entre l’arrogance des ennemis de l’Autriche et l’humilité chrétienne des héros autrichiens. Ses nombreux autres drames en vers traitent de l’histoire et des légendes de diverses régions du monde. Voir Drame et art dramatique.
Comme Grillparzer, dont il était le contemporain, Adalbert Stifter manifesta un intérêt marqué pour la tradition, le respect de la forme littéraire et de la morale, valeurs qu’il vanta dans un roman de formation, l’Été de la Saint-Martin (1857) (voir Bildungsroman). Parmi les poètes de cette époque, citons Johann Gabriel Seidl (1804-1875), qui écrivit plusieurs textes pour les Lieder de Schubert (voir Chant, art du), et Nikolaus Lenau, auteur d’un Don Juan romantique (1844). Voir Poésie.
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