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Résultats avec Windows Live® Search britannique, Empire colonialArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les débuts de la colonisation ; La rivalité avec la France ; La fin du « Premier Empire britannique », et l'essor du libéralisme ; L’expansionnisme effréné ; De l’Empire au Commonwealth
britannique, Empire colonial, ensemble de territoires réunis jusqu’en 1931 par leur allégeance à la Couronne britannique.
Limitées jusqu’ici au contrôle de la mer du Nord et de la Manche, les ambitions territoriales de l’Angleterre commencent à se manifester sous le règne d’Élisabeth Ire (1558). La première véritable tentative de colonisation est, après Terre-Neuve (1583) et jusque avant les Bermudes (1609), l’implantation d’une colonie en Virginie (1585), sur la côte atlantique américaine, par sir Walter Raleigh, favori d’Élisabeth Ire. La colonisation est aussi l’œuvre de puritains qui quittent l’Angleterre des Stuart pour fonder, sur une terre vierge, des établissements religieux. Les premiers sont les Pilgrim Fathers (Pères pèlerins), qui quittent Plymouth à bord du Mayflower et débarquent à Massachusetts Bay en 1620. Membres d’une Église séparatiste de Leyde, les colons établissent près du cap Cod une communauté puritaine intransigeante, noyau de la Nouvelle-Angleterre. D’autres exemples suivent ; celui de Rhode Island (1636) est fondé sur le principe de la tolérance religieuse, le Connecticut (1639) sur les croyances congrégationalistes, tandis que Baltimore (1634) abrite des catholiques. Ces colonies, qui entretiennent peu de relations entre elles, constituent des bases stratégiques et commerciales de première importance pour l’Angleterre, engagée contre l’Espagne dans la conquête de nouveaux territoires dans les Caraïbes orientales. Saint-Christophe (aujourd’hui Saint-Kitts) est la première île colonisée (1624). La main-d’œuvre se compose alors d’apprentis blancs venus d’Angleterre. La guerre civile anglaise, durant les années 1640, loin d’inverser ce processus, l’encourage. Oliver Cromwell mène une diplomatie anti-espagnole en 1655 et encourage la conquête de colonies espagnoles : c’est l’époque des grandes expéditions de piraterie qu’a inauguré Francis Drake, lequel a entrepris, de 1577 à 1580, un périple maritime autour du monde. Ainsi, plusieurs îles des Antilles (Bermudes, Barbade, Antigua et Monserrat), Belize, les Bahamas et enfin la Jamaïque sont arrachés aux Espagnols. L’acte de Navigation de 1651, stipulant que les importations vers les ports anglais et les colonies ne peuvent se faire que sur des navires anglais ou ceux des pays producteurs, constitue un des premiers fondements juridiques de l’Empire britannique. Le traité de Madrid (1670) marque finalement la reconnaissance de l’Espagne sur les possessions anglaises. Les plantations de canne à sucre, qui remplacent le tabac, prennent un bel essor et la Royal Africa Company, fondée en 1672, est chargée d’amener les esclaves africains aux Caraïbes. En Amérique du Nord, les Anglais poursuivent leur extension le long du littoral. En 1664, New Amsterdam est prise aux Hollandais par la flotte du duc d’York et rebaptisée New York en son honneur. Par une cession royale, William Penn établit la colonie de Pennsylvanie (1681), administrée selon les préceptes des Quakers. Sous Jacques II (1685-1688), les propriétés et privilèges des colonies américaines sont soumis à un contrôle royal plus strict. De son côté, la Compagnie des Indes orientales, fondée en 1660, crée un comptoir fortifié à côté de Madras sous l’autorité de l’empereur moghol. En 1690, elle bâtit une nouvelle manufacture, plus en amont du fleuve Hughli, sur un site qui devient Calcutta. Bombay devient possession britannique en 1661 à la suite du mariage de Catherine de Bragance et de Charles II. En 1700, la Compagnie étend ses activités commerciales au Bengale. Ainsi, au début du xviiie siècle, la Grande-Bretagne, bien implantée en Inde, est en mesure de contrer les ambitions des autres puissances, françaises essentiellement.
Après la Seconde Révolution d’Angleterre (1688) laquelle profite à la bourgeoisie commerçante, s’ouvre une nouvelle ère d’expansion et de conquête qui vient heurter les intérêts de l’Espagne, maîtresse d’une grande partie du continent américain, et ceux de la France, qui poursuit énergiquement son expansion outre-mer. De cette rivalité résulte la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), qui oppose la France et l’Espagne à une coalition européenne menée par l’Angleterre. Cette dernière en sort renforcée avec la conquête de Gibraltar (1704) et de Minorque (1708), fondement de la présence de la Grande-Bretagne en Méditerranée. L’expansion régulière de la Nouvelle-Angleterre, ainsi qu’une nouvelle présence commerciale, fondée sur le commerce des fourrures dans la baie d’Hudson, favorisent à partir des années 1690 la montée des tensions avec la Nouvelle-France (nom donné aux possessions françaises au Canada), établie dans la vallée du Saint-Laurent. La guerre de la ligue d’Augsbourg, qui s’achève par le traité de Ryswick (1697), et la guerre de Succession d’Autriche, prenant fin avec le traité d’Utrecht (1713), marquent la fin de la suprématie française en Amérique du Nord ; les Français doivent céder l’Acadie, Terre-Neuve et la baie d’Hudson. Après que la brève agitation de la « Bulle des mers du Sud », qui désigne la spéculation entourant les nouveaux privilèges commerciaux avec l’Amérique espagnole, est retombée (1720), l’intérêt du public pour les affaires d’outre-mer s’amenuise. Le Premier ministre sir Robert Walpole (1721-1742) fait preuve de modération. Néanmoins plusieurs lois contribuent à poser les fondements de l’Empire. L’acte de déportation de 1718 organise la déportation des criminels vers l’Amérique du Nord. La Géorgie devient la treizième colonie américaine (1732), tandis que l’expansion de la Nouvelle-Angleterre menace les établissements français. Le sucre produit sur les plantations des Indes occidentales est devenu la première importation de la Grande-Bretagne, tandis que 70 000 esclaves par an traversent l’Atlantique. Désormais, les Caraïbes britanniques entretiennent des liens plus étroits avec la métropole que les colonies américaines. L’arrivée de William Pitt encourage la reprise des projets expansionnistes. En 1758, le général Braddock s’empare de la forteresse française de Louisbourg, accédant de ce fait à la vallée du Saint-Laurent ; la même année, le général Wolfe prend Québec. Dans les Caraïbes, les forces britanniques s’emparent d’un grand nombre d’îles sucrières françaises. En Inde, les Britanniques accroissent les régions contrôlées par la Compagnie des Indes orientales. Lors de la bataille de Plassey (juin 1757), Robert Clive bat ses rivaux indiens et français et fait de la Compagnie orientale britannique la première puissance du Bengale. La rivalité franco-britannique culmine avec la guerre de Sept Ans (1756-1763). Par le traité de Paris, la Grande-Bretagne obtient de la France le reste de l’Amérique française au Canada et à l’est du Mississippi, plusieurs îles des Antilles (Grenade, Saint-Vincent, Tobago), et les comptoirs du Sénégal, à l’exception de Gorée. De l’Espagne, elle reçoit la Floride. Ainsi, à la fin des années 1760, la Grande-Bretagne domine une grande partie de l’Amérique (du Labrador à la Guyane) et de l’Inde (dans la plaine du Gange et dans le Deccan).
La proclamation de l’indépendance des treize colonies britanniques en 1776, au cours de la guerre de l’Indépendance américaine, sonne le glas du « Premier Empire britannique ». La consolidation et le renforcement du contrôle de Londres sur l’Empire sont désormais les maîtres mots de la politique, d’autant qu’un courant défavorable aux principes de la colonisation se fait entendre. Les grandes fortunes personnelles amassées en Inde par Clive et Warren Hastings (gouverneur général du Bengale de 1772 à 1784), qui leur valent le terme péjoratif de « nabab », déterminent Londres à réguler les affaires de la Compagnie des Indes orientales. La loi indienne de 1785 soumet l’administration de la Compagnie à l’examen d’un comité de surveillance. Sous l’autorité du gouverneur général (1786-1793) lord Cornwallis, l’Inde est dotée d’une administration, tandis que le rôle de la Compagnie des Indes orientales est limité à un rôle commercial. La loi sur le Canada de 1791 tente de rationaliser la présence britannique au nord du 49e parallèle en séparant le Haut-Canada (Ontario) du Bas-Canada (Québec), à forte majorité française. À la suite des explorations du capitaine Cook dans le Pacifique au cours des années 1770, une flotte est envoyée à Botany Bay, en Australie, sous le commandement du capitaine Philip, lequel établit une colonie dans la baie de Sydney en 1788. Après la bataille de Trafalgar (1805), la Grande-Bretagne, devenue maîtresse des mers et ayant renforcé sa position en Méditerranée, s’efforce de développer un vaste réseau de comptoirs dans les océans Atlantique et Pacifique. En effet, l’objectif n’est pas tant la conquête de nouveaux territoires que la nécessité de trouver de nouveaux débouchés aux produits manufacturés. L’Inde fait néanmoins figure d’exception. Le mandat de gouverneur général de lord Wellesley (1798-1805) est marqué par une série de nouvelles conquêtes, de sorte qu’en 1805 la Grande-Bretagne contrôle effectivement Delhi et a ôté tout pouvoir à l’empereur moghol. L’Amérique n’est le théâtre d’aucune opération jusqu’à ce qu’un conflit portant sur des droits de neutralité commerciale et des frontières mène à la guerre anglo-américaine, au cours de laquelle les Américains brûlent York dans le Haut-Canada et les Anglais saccagent Washington. La participation des Pays-Bas aux côtés de la France permet à la Grande-Bretagne de s’emparer de possessions comme le cap de Bonne-Espérance, Ceylan et une partie de la Guyane. La majeure partie, sinon l’intégralité, de ces possessions sont conservées par l’accord obtenu au congrès de Vienne en 1815. À cette date, la Grande-Bretagne est à la tête d’un vaste empire. Aux possessions acquises antérieurement sont adjoints Malte, la Trinité et Sainte-Lucie aux Antilles, l’île Maurice, les Seychelles, la province de Wellesley en Malaisie, et d’importants territoires en Inde et en Australie. D’autres territoires sont conquis par la suite dans le but de faire échec aux ambitions des autres puissances impériales. C’est le cas de Singapour et Malacca (1819, 1824), la Côte-de-l’Or (1821), les Falklands (1833), Aden (1839), la Nouvelle-Zélande (1840) et Hong Kong (1842). En Inde, où la colonisation est devenue systématique, la révolte des cipayes (1857) amène Londres à considérer différemment sa présence. La Compagnie des Indes orientales est liquidée en 1858 et l’administration passe directement sous le contrôle du gouvernement britannique, avec un vice-roi et un secrétaire d’État propre qui siège au Conseil des ministres à Londres. La volonté de réforme affichée par la Couronne britannique se manifeste également, sous l’effet conjugué d’une surabondance de sucre sur le marché (l’exploitation de la canne à sucre utilisant une main-d’œuvre servile) et d’une campagne anti-esclavagiste, avec une loi interdisant la traite des esclaves en 1807 puis, en 1834, une autre sur l’abolition de l’esclavage (l’émancipation a lieu en 1838). L’abandon de l’ancien système colonial est étroitement lié à l’avènement du libre-échange. En 1851, l’acte de Navigation est abrogé. Progressivement, le principe de « gouvernement responsable » s’impose au détriment d’un contrôle impérial coûteux. Ce principe est tout d’abord appliqué au Canada en 1840, ce qui permet aux Britanniques de retirer leurs garnisons tout en conservant la mainmise sur les relations internationales et la défense extérieure. En 1867, le Canada obtient le statut de dominion (État politiquement indépendant au sein de l’Empire). Les colonies australiennes se voient octroyer un gouvernement responsable dans les années 1850 (le statut de dominion est octroyé en 1901).
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