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britannique, Empire colonialArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les débuts de la colonisation ; La rivalité avec la France ; La fin du « Premier Empire britannique », et l'essor du libéralisme ; L’expansionnisme effréné ; De l’Empire au Commonwealth
L’ouverture du canal de Suez, en 1869, modifie en ouvrant de nouvelles routes commerciales les données des politiques impériales britanniques et françaises — mais également allemandes — engagées dès lors dans une course expansionniste effrénée. Le gouvernement conservateur de Benjamin Disraeli (1874-1880) donne l’élan à une politique résolument offensive. La Grande-Bretagne prend ainsi une part active au partage de l’Afrique. La colonisation est parfois le fait d’individualités comme Cecil Rhodes, qui dépasse même les intentions de Londres en suscitant l’instauration du protectorat du Bechuanaland (aujourd’hui Botswana) en 1885 et la création de la Rhodésie en 1894. Les opposants les plus farouches à l’expansion britannique sont les Boers du Transvaal et de l’État libre d’Orange. En Afrique orientale, les explorateurs britanniques se montrent actifs dès les années 1850 dans la recherche des sources du Nil ; en 1864, sir Samuel Baker découvre le lac Albert (aujourd’hui Mobutu). L’acquisition de l’Ouganda (1894) assure définitivement la prédominance politique de la Grande-Bretagne dans la région. Au même moment, l’implantation des Britanniques au Kenya suit son cours, mais reste hésitante jusqu’en 1914. En Inde, la reine Victoria prend le titre d’impératrice des Indes en 1876. Le gouvernement libéral élu en 1906 tente de revenir à un style impérial moins spectaculaire. Dans un « geste magnanime » il accorde l’autonomie au Transvaal et à l’État libre d’Orange, ouvrant ainsi la voie à une Union sud-africaine en 1910, suite à un accord entre les communautés blanches. La conférence coloniale de 1907, la première de ce type, pose les fondements des futures institutions du Commonwealth.
L’Empire britannique reste solidement uni lors de la Première Guerre mondiale. Tous les dominions prennent part sans réserve à l’effort de guerre allié. Les troupes australiennes et néo-zélandaises (Gallipoli, en 1915) et canadiennes (sur la crête de Vimy, en avril 1917) jouent un rôle essentiel. Des troupes indiennes se battent à de nombreuses reprises en France, en Afrique orientale et au Moyen-Orient. Mais lorsque le tribut payé à la guerre augmente après 1916, la loyauté impériale s’amenuise. La conscription est rejetée en Australie en 1917, et fortement combattue au Québec français. En Inde, Mohandas Gandhi, après son retour d’Afrique du Sud en 1915, lance de vigoureuses campagnes antibritanniques. Le traité de Versailles (1919) accorde à la Grande-Bretagne l’essentiel des territoires de l’Empire allemand d’Afrique (Sud-Ouest africain, Tanganyika, parties du Togo, du Cameroun), tandis qu’un nouvel impérialisme s’ouvre dans le monde arabe, avec l’attribution par la SDN de mandats sur la Transjordanie, l’Irak et la Palestine. Cependant, en 1919, la Grande-Bretagne ne peut plus faire face aux besoins d’un empire largement surdimensionné. Dans les années vingt et trente, les différents gouvernements s’attachent à élaborer des politiques maintenant l’Empire à peu de frais tout en évitant sa désintégration. L’Égypte (1922) et l’Irak (1932) obtiennent leur indépendance. Les revendications des dominions en faveur d’une pleine autonomie constitutionnelle sont satisfaites en 1931 avec l’adoption du statut de Westminster qui, bien que la Couronne reste le symbole de l’unité, consacre la fin de l’Empire et la naissance du Commonwealth, réunissant librement les États souverains sous l’allégeance de la Couronne britannique. L’Irlande du Sud se voit offrir le statut de dominion sous le nom d’État libre d’Irlande le 6 décembre 1921 (en 1937, elle abandonne ce statut pour devenir une république). Le souvenir du massacre d’Amritsar (1919), au cours duquel l’armée britannique ouvre le feu sans distinction sur des manifestants, nuit aux affaires indiennes durant toute cette période. Des réformes constitutionnelles (1919, 1935) sont adoptées mais la lutte contre le parti du Congrès demeure sans issue. Dans ses colonies africaines, la Grande-Bretagne s’efforce d’appliquer le principe d’Indirect Rule, une administration des populations indirecte et peu onéreuse, par le biais d’institutions locales fondées sur l’autorité des chefs indigènes. La Seconde Guerre mondiale achève de briser l’Empire britannique. Les dominions entrent dans la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne en 1939, mais se montrent plus circonspects (l’Eire demeure neutre durant tout le conflit). Le gouvernement britannique s’attache à donner une image plus progressiste. Des lois sur le développement colonial et la santé sont votées en 1940 et en 1945 et le Premier ministre Churchill signe avec le président Roosevelt la charte de l’Atlantique en 1941, laquelle proclame le droit universel à l’autodétermination. Pour obtenir le soutien de ses colonies, Londres doit se résoudre à faire des promesses. En Asie du Sud, les effets sont immédiats : l’Inde (1947), Ceylan (1948) et la Birmanie (1948) accèdent à l’indépendance. Seule cette dernière quitte le Commonwealth. En 1948, les Britanniques abandonnent leur mandat sur la Palestine. En Afrique, seules de modestes avancées vers l’autonomie sont envisagées au début, mais des émeutes à Accra, en février 1948, incitent le gouvernement à la conciliation. La Côte-de-l’Or (le futur Ghana) est, en 1957, la première colonie britannique africaine à accéder à l’indépendance au sud du Sahara (le Soudan, au nord, est devenu indépendant en 1956). En Afrique orientale et centrale, la présence de colons blancs rend l’évolution plus complexe et souvent (comme dans le cas de la révolte des Mau-Mau au Kenya après 1952) plus conflictuelle. L’attitude du gouvernement conservateur de Harold Macmillan après 1959 favorise l’accession à l’indépendance du Nigeria (1960), de la Sierra Leone (1961), du Tanganyika (1961), de l’Ouganda (1962), du Kenya (1963), de la Zambie (1964), du Malawi (1964), de la Gambie (1965), du Botswana (1966) et du Swaziland (1968). Dans l’ensemble, la décolonisation se fait sans trop de heurts, à l’exception de la Rhodésie, où une révolte des Blancs provoque plusieurs années de guérilla avant que l’indépendance du Zimbabwe ne soit officiellement proclamée en 1980.
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