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Cunningham, Merce

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Merce CunninghamMerce Cunningham
Plan de l'article
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Présentation

Cunningham, Merce (1919- ), danseur et chorégraphe américain, chef de file de la danse américaine d'avant-garde. Il constitue la charnière entre les créateurs de la danse moderne et la génération des danseurs libres.

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Le fruit des rencontres

Né à Centralia (État de Washington), Merce Cunningham commence l'étude de la danse à douze ans. À seize ans, il s'oriente vers le théâtre et suit les cours de la Cornish School of Fine and Applied Arts de Seattle où enseigne le compositeur John Cage. Cette rencontre marque le début d'une collaboration longue et fructueuse entre Cage et Cunningham. Celui-ci l'incite à reprendre la danse, ce qu'il fait chez Lester Horton. C’est au Bennington College qu’il fait la connaissance en 1939 de Martha Graham qui l'engage dans sa compagnie new-yorkaise et lui confie rapidement des rôles de soliste. Il crée notamment avec elle El Penitente et Letter to the World (1940). Il reste dans sa compagnie jusqu'en 1945 tout en s'essayant à la chorégraphie en présentant un solo, Totem Ancestor (1942, musique de John Cage) au Bennington College. Il ouvre son école en 1947.

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Défier la danse

Au cours de l’été 1952, Cunningham et Cage donnent pour la première fois des cours d’été au Black Mountain College (école artistique d’avant-garde de Caroline du Nord) où ils rejoignent le peintre Robert Rauschenberg et créent avec David Tudor et Charles Olson leurs premiers « happenings ». Au moment de Suite by Chance (1953), élaboré à partir de la première orchestration électronique de danse moderne composée par Christian Wolff, Cunningham fonde sa propre compagnie, The Merce Cunningham Dance Company, avec laquelle il donne ensuite une série de représentations regroupant Solo Suite in Space and Time (musique de John Cage), Dime a Dance, Untitled solo (Christian Wolff), Fragments (Pierre Boulez). Son travail, qui s'inscrit historiquement dans la lignée de Martha Graham, bien qu'il en ait rejeté les thèmes littéraires et psychologiques, surprend mais ne fait pas l'unanimité. Faisant, en effet, du mouvement son principal sujet de recherche et considérant que celui-ci se suffit à lui-même, il abandonne la notion d'œuvre dramatique et se concentre sur l'enchaînement non coordonné des mouvements qu'il abandonne au hasard. Ainsi les ballets sont préparés dans leurs déplacements mais leur contenu varie à chaque représentation, en fonction des circonstances de chacune d'elles, l'ordonnancement des séquences étant offerte au choix des spectateurs. L'accompagnement musical lui-même est soumis aux mêmes aléas ; pour le chorégraphe, la musique doit venir « en même temps » que la danse. Ainsi chaque chorégraphie est une proposition allusive dont chaque spectateur valide le contenu. Citons ainsi Galaxy (musique d’Earle Brown, 1955), Summerspace (Morton Feldman, 1958), How to Pass, Kick, Fall and Run (John Cage, 1965), Canfield (Pauline Oliveros, 1969) et deux créations françaises pour le Ballet de l'Opéra de Paris à l’occasion du Festival d’Automne, Signals (David Tudor, Gordon Mumma et John Cage, 1970) et Un jour ou deux (John Cage, 1973 ; décors de Jasper Johns) qui lui assurent le renom international qui jusqu'alors avait tardé à poindre.

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Events

Depuis 1974, Merce Cunningham s'exprime à travers des events (« événements »), séquences qu'il désigne par des numéros et qui sont conçues pour être dansées n'importe où, autour du thème unique du hasard. Un event n'a ni construction, ni logique et n'est fondé que sur une suite d'accents forts et faibles, proche de la métrique grecque, et dont l'alternance est en principe aléatoire. Il recrée ainsi son répertoire précédent sous des formes nouvelles, donnant en même temps des morceaux appartenant initialement à des chorégraphies différentes. Parmi ces œuvres figurent Duets (1980), Channels / Inserts (1981), Inlets 2 (1984) et des suites de danses spécifiquement composées pour la vidéo.

Au tournant des années quatre-vingt-dix, il découvre un logiciel informatique qui lui permet une prévisualisation de ses idées de création. Après la mort de John Cage (avec lequel il a collaboré plus de trente ans durant) en 1992, le rythme de ses créations ne faiblit pas. Beach Bird (1992) et Windows (1995) apparaissent comme de nouveaux chefs-d’œuvre. Parmi ses chorégraphies les plus récentes, citons Tune in / Spin Out (1996), Rondo (1996), Scenario (1997, costume de Rey Kawabuto), Pond Way (1998), BIPED (1999) et Occasion Piece (1999).

Tout au long de sa carrière, il a travaillé avec des artistes de grand renom pour la réalisation de ses décors, dont les plus célèbres sont Andy Warhol, Robert Morris, Bruce Nauman, Franck Stella, Jasper Johns, Robert Rauschenberg (décorateur attitré de la compagnie Cunningham de 1954 à 1964).

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