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franc-maçonnerie

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Réception maçonnique d'un apprentiRéception maçonnique d'un apprenti
Plan de l'article
4.3

Objectifs de la maçonnerie

Dans la plupart des pays, le caractère charitable et le principe de fraternité se traduisent par la création de foyers maçonniques pour les maçons âgés ou pour leurs veuves, ainsi que des orphelinats et écoles pour les enfants des membres de l’ordre. Cette fraternité diffère toutefois radicalement d’autres sociétés de bienfaisance privées, car l’aide ou la charité entre membres reste purement volontaire : aucun contrat ou autre forme d’accord ne stipule l’obligation de soutenir financièrement et matériellement un frère dans la détresse. La franc-maçonnerie s’investit aussi dans des causes humanitaires et n’hésite pas à collecter des fonds à l’occasion de grandes catastrophes, comme celle de la mine de Courrières, en 1906.

Mais le travail véritable en loge est une réflexion progressiste, tant pour le maçon lui-même que pour la société dans laquelle il évolue. C’est ainsi que les maçons français ont œuvré, entre autres, pour la laïcisation de l’enseignement, la séparation de l’Église et de l’État (sous le ministère d’Émile Combes), l’extension du vote aux femmes ou l’interruption volontaire de grossesse.

5

Opposition et anti-maçonnisme

5.1

Opposition religieuse

Dès sa fondation, l’ordre est l’objet de nombreuses critiques et condamnations politiques et ecclésiastiques. Bien que la franc-maçonnerie n’exclue pas les catholiques, qui sont largement représentés dans les loges, particulièrement en Amérique latine et aux Philippines, en 1738, le pape Clément XII excommunie, par la bulle In eminenti, les francs-maçons pour hérésie. Benoît XIV les condamne à son tour en 1751, dans la bulle Providas. En fait, l’Église catholique reproche à la franc-maçonnerie d’usurper ses propres prérogatives par des principes spirituels et un caractère religieux, raison pour laquelle certains pays catholiques n’ont jamais autorisé la franc-maçonnerie. En France, en revanche, puisque les différentes bulles pontificales ne sont pas enregistrées par les parlements, l’ordre s’épanouit à la suite du courant athée de la Révolution française. La célèbre encyclique Humanum genus de Léon XIII (1884) laisse entendre que l’ordre pratique le satanisme. Ce n’est qu’en 1974 qu’un ecclésiastique, le révérend père Michel Riquet, propose une réconciliation de l’Église catholique avec la maçonnerie française.

5.2

Oppositions politiques

La franc-maçonnerie subit, dès le XVIIIe siècle, les attaques des différents régimes dans de nombreux pays. En 1737, en France, un collège de juges décide de l’interdire : le pouvoir politique ne peut en effet rester indifférent à l’égard des hommes qui se réunissent dans des lieux tenus secrets. Les dirigeants des États catholiques appliquent les directives du Vatican, comme par exemple en Espagne. Aux États-Unis, après l’enlèvement, en 1821, du frère William Morgan qui menaçait de dévoiler les secrets de la franc-maçonnerie, nombre de loges font l’objet d’attaques virulentes. En France, la thèse d’un complot « judéo-maçonnique » est soutenue par le journaliste et polémiste Léo Taxil qui publie, à la fin du XIXe siècle, de « fracassantes révélations » sur la franc-maçonnerie. De même, la prise de position en faveur du capitaine Dreyfus de la maçonnerie française permet à ses adversaires d’alimenter cette thèse.

L’avènement de régimes politiques autoritaires dans la première moitié du XXe siècle constitue une menace sérieuse pour la franc-maçonnerie : Hitler impute la responsabilité de diverses actions subversives aux francs-maçons ; il leur attribue même les incidents qui ont conduit à la Première Guerre mondiale. Il décrète la dissolution de toutes les obédiences maçonniques en Allemagne ; les loges sont fermées et les frères fichés. Staline, Mussolini, Franco, Salazar et Pétain leur réservent le même sort. En France, le régime de Vichy interdit la maçonnerie dès août 1940 et s’engage dans une persécution systématique des francs-maçons, au même titre que les juifs. Les régimes communistes, à l’instar de l’URSS stalinienne, anéantissent toute organisation maçonnique. Ce n’est qu’au début des années quatre-vingt-dix que l’ordre se reconstitue dans les pays de l’Est.

6

Influence en France

L’influence de la franc-maçonnerie s’étend considérablement après la Révolution française : bourgeoise et libérale, elle s’accommode de la succession des régimes. Son rôle politique s’accroît sous la IIIe République, et les francs-maçons œuvrent grandement à l’affermissement du régime républicain : l’évocation des noms d’Émile Littré et de Jules Ferry suffit à démontrer les liens établis entre républicains et francs-maçons, notamment dans le combat que représente la laïcité. D’ailleurs, n’a-t-on pas parlé de la maçonnerie de cette période comme de la « République à couvert » ?

Au cours du XXe siècle, la franc-maçonnerie, en tant qu’institution, perd beaucoup de son autorité sur le pouvoir politique. Les grands scandales — comme l’affaire des fiches maçonniques (en 1904, est révélée l’existence de fichiers renseignant sur l’opinion politique et religieuse des militaires français, fichiers constitués par les frères du Grand Orient en collaboration avec le ministère de la guerre), ou l’affaire Stavisky impliquant des politiciens maçons — sont pour beaucoup dans le discrédit de l’ordre.

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie s’est fortement éloignée des passions politiques pour se préoccuper de son action citoyenne et humanitaire : elle se manifeste par diverses prises de position publiques sur des questions de société ou d’éthique comme l’Appel à la fraternité lancé en 1985 avec des associations humanitaires et des représentants de diverses religions, revendiquant le droit à la justice, à la liberté et à l’égalité pour les immigrés.

Parmi les membres célèbres de l’ordre maçonnique, figurent Wolfgang Amadeus Mozart (dont l’opéra la Flûte enchantée est empreint du rituel maçonnique), Léon Tolstoï, dont le roman la Guerre et la Paix exalte les idéaux de fraternité, ainsi qu’Oscar Wilde, Benjamin Franklin et Franklin D. Roosevelt.

Le nombre de francs-maçons dans le monde dépasse aujourd’hui les 6 millions.

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