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JaponArticle
Plan de l'article
La culture japonaise puise ses origines dans le vieux fonds de la civilisation chinoise et des traditions insulaires spécifiques. Du point de vue linguistique, l’influence de la Chine ancienne a été prédominante. La langue japonaise écrite utilise ainsi les caractères inventés par les Chinois, appelés kanji, auxquels elle mêle deux systèmes d’écriture syllabiques : hiragana pour les mots grammaticaux et les désinences, et katakana pour la transcription de certains termes étrangers. L’influence chinoise, essentielle pendant les époques d’Asuka (593-710) et de Nara (710-784), s’estompe dès l’époque de Heian (794-1185), pendant laquelle s’élabore une culture autonome et brillante, synthèse originale des apports continentaux et de la civilisation autochtone. Cette tendance, que l’on pourrait qualifier de « syncrétique », se retrouve dans la littérature, dans l’art et la musique — voire même, dans une moindre mesure, dans le théâtre (kabuki, nô, théâtre de marionnettes) et le cinéma —, et se manifeste tout au long de l’histoire japonaise, y compris plus récemment lors de l’introduction de techniques et d’éléments culturels venus d’Occident. La religion, particulièrement le bouddhisme, a toujours joué un rôle important dans la vie culturelle du pays.
Tokyo abrite la plupart des bibliothèques importantes. La Bibliothèque nationale ou bibliothèque de la Diète (kokuritsu kokkai toshokan), de grande renommée, est le centre international d’échanges de livres et d’informations du Japon. Sa collection de documents compte plus de 11 millions de volumes. La bibliothèque du Cabinet contient environ 549 000 volumes. Parmi les grandes collections des universités, citons celle de la bibliothèque de l’université de Tokyo (plus de 6 millions de volumes), celle de la bibliothèque de l’université Meiji (environ 1,1 million de volumes) et celle de l’université Nihon (environ 4,2 millions de volumes). Centre culturel international, Tokyo abrite de nombreux musées. Dans le parc Ueno se trouvent le musée national de Tokyo (le plus grand musée d’art du pays), le musée national des Sciences, le musée national d’Art occidental, le musée des Arts métropolitains de Tokyo et le zoo municipal. Près du Palais impérial se trouve le musée national d’Art moderne. Les théâtres sont nombreux et montent aussi bien des pièces du théâtre traditionnel japonais (comme le nô et le kabuki), que des pièces du répertoire international moderne. Plusieurs orchestres, notamment symphoniques, donnent des concerts de musique japonaise traditionnelle et moderne ainsi que d’œuvres occidentales classiques et récentes. Kyoto, dont la vie culturelle est également très riche, abrite de nombreux musées, parmi lesquels le musée national de Kyoto. Osaka est notamment le foyer du théâtre japonais de marionnettes japonais.
Les Japonais sont de gros consommateurs de presse écrite : 60 millions de journaux sont vendus quotidiennement dans le pays. On compte 154 quotidiens nationaux et régionaux, parmi lesquels quatre grands noms dominent : Yomiuri shinbun (plus de 13 millions d’exemplaires en 1997), Asahi shinbun (13 millions d’exemplaires), Mainichi shinbun (7 millions d’exemplaires), Nihon Keizai shinbun, un journal économique (3,6 millions d’exemplaires). La presse hebdomadaire et mensuelle comprend, quant à elle, une large gamme de publications, de la politique aux magazines féminins, de la décoration aux révélations sur la vie privée des vedettes. De nombreux titres étrangers et particulièrement français (Marie-Claire, Elle, Figaro Madame, etc.) ont une édition japonaise. Phénomène typiquement nippon, les manga — bandes dessinées brochées vendues en kiosque — connaissent un succès phénoménal. L’humour, le rêve, l’amitié sont les thèmes favoris des publications destinées à la jeunesse, tandis que les plus grands feuillettent volontiers des mangas dans lesquels les histoires sont souvent traitées de manière violente et érotisée. Il existe actuellement 17 chaînes de télévision au Japon. Deux d’entre elles, NHK et NHK Education, financées par la redevance et sans publicité, émettent dans tout le pays. Fuji TV et Asahi TV sont les deux plus grandes chaînes privées du Japon, mais il en existe de nombreuses autres, privées et généralement liées aux grands groupes de presse et aux radios, qui ont en général une diffusion régionale plus restreinte.
Vaincu en 1945, le Japon s’est reconstruit en quelques décennies et a retrouvé son rôle d’avant-guerre, celui « d’atelier de l’Asie ». Trois facteurs se sont montrés décisifs dans la réalisation de ce qu’en Occident on a appelé le « miracle japonais » : la politique américaine qui, en imposant des réformes structurelles, a permis une reconstruction rapide et la mise en place de structures politiques et économiques modernes ; la guerre de Corée (1950), qui a permis au Japon de profiter de sa position stratégique et de réaffirmer son rôle de premier pays d’Asie et de partenaire privilégié des États-Unis ; enfin la crise de Suez (1956), qui a permis un essor considérable des chantiers navals japonais. Ce rôle d’atelier lui est aujourd’hui contesté par les nouveaux « dragons » que sont Singapour, Taiwan, la Corée du Sud et Hong Kong. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, une grande partie de l’économie du Japon se trouve soumise au contrôle d’une douzaine de cartels d’origine familiale, connus sous le nom collectif de zaibatsu (littéralement « clique financière »). Les plus importantes de ces familles, comme les Mitsui, les Iwasaki (Mitsubishi), les Sumitomo ou les Yasuda, exercent leur contrôle sur la quasi-totalité des industries du charbon, du fer, de la pâte à papier et de l’aluminium. En 1946, les autorités alliées d’occupation les interdisent, pour finalement les laisser se reconstituer dès 1949 sous le nom de zaikai. Avec l’appui des douze « city banks », les banques qui gèrent leur capital, les cartels récupèrent rapidement leurs positions et accroissent leur poids au sein de l’économie japonaise. Le Japon constitue la deuxième puissance économique mondiale après les États-Unis. Son produit intérieur brut (PIB) s’élevait en 2003 à 4 300,9 milliards de dollars. Le pays se plaçait au 8e rang mondial pour son PIB par habitant. Il a connu à partir de la fin des années 1990 une période de déflation dont il est sorti au milieu des années 2000. Le taux de chômage, après avoir dépassé le seuil de 5 p. 100 en 2001, est ainsi redescendu à 4,7 p. 100 en 2004.
En 2002, le secteur primaire employait 5 p. 100 de la population active et fournissait 1,3 p. 100 du PIB. L’urbanisation et l’industrialisation massives du pays ont conduit à une baisse de la population rurale et de la population active du secteur primaire, suivie ces dernières années d’une diminution régulière de la surface cultivée et de la production totale. Plus de 40 p. 100 des 5 millions d’ha cultivables sont toujours consacrés à la riziculture, fortement protégée. La production est subventionnée par une caisse de contrôle du riz qui fixe les prix et garantit aux agriculteurs un revenu élevé. En 2004, le pays a produit 11,4 millions de tonnes de riz, occupant le 10e rang mondial — une quantité cependant insuffisante qui oblige le Japon à importer du riz, notamment californien. Les céréales, blé, orge, avoine, cultivées dans le nord d’Honshu et sur l’île d’Hokkaido, sont en recul constant, et le Japon complète ses ressources en important du blé australien et américain : il est d’ailleurs le premier importateur de céréales du monde, avec 26 millions de tonnes par an en moyenne. L’élevage, peu développé en raison du manque de pâturages, est une activité traditionnelle à Hokkaido et au nord de l’île d’Honshu. Thé (84 500 t en 2002, 7e producteur mondial), canne à sucre, soie et coton sont les principales productions du sud du Japon. L’exiguïté caractérise les exploitations agricoles : 70 p. 100 des fermes ont moins de 1 ha de superficie. Beaucoup d’agriculteurs travaillent à mi-temps dans l’industrie. Les deux tiers du Japon sont occupés par la forêt, dont 40 p. 100 environ est peuplée par des variétés de bois tendre. L’État possède environ 30 p. 100 de la forêt japonaise. Une Agence forestière gère les ressources et contrôle le reboisement. Malgré ce potentiel, l’économie forestière est en régression et, pour satisfaire la demande intérieure qui s’accroît régulièrement, le Japon doit importer du bois. La production en 2003 a été de 15,3 millions de m3. La pêche est l’une des industries les plus importantes du Japon, les Japonais étant parmi les plus gros consommateurs mondiaux de poisson. Le pays est le 4e producteur mondial avec 5,5 millions de tonnes de prises (2001). La flotte hauturière japonaise est l’une des plus importantes du monde. Complètement industrialisée, elle concourt pour environ 25 p. 100 au total des prises. La pêche côtière représente presque la moitié de la production totale. L’aquaculture (pisciculture, ostréiculture) est pratiquée dans les eaux calmes de la mer du Japon. Les plantations d’algues d’Honshu fournissent des comestibles conditionnés en lamelles ou en farines ; après broyage, les thalles sont utilisés dans l’industrie des colles.
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