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Japon

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Japon : drapeau et hymneJapon : drapeau et hymne
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5.3. 1

La période de Kamakura (1185-1333)

Après la défaite des Taira, Minamoto no Yoritomo s’arroge l’essentiel du pouvoir. Il élimine son frère puis s’engage dans la pacification du pays, terminée en 1189. À Kamakura, loin de la Cour impériale et de ses splendeurs, s’élève désormais un nouveau type de pouvoir, un pouvoir guerrier temporel, qui certes tire sa légitimité de l’investissement impérial dont il ne peut se passer, mais qui, de fait, gouverne dès lors le pays. C’est le début de la période de Kamakura.

En 1192, Minamoto no Yoritomo est nommé par l’empereur Seiitaishogun, (littéralement « général chargé de la lutte contre les barbares », abrégé en shogun), inaugurant ainsi le bakufu (littéralement, « gouvernement de la tente ») de Kamakura, gouvernement militaire d’un genre nouveau, dont naît alors une forme de féodalité qui perdure, sous différentes formes, jusqu’à la fin du xixe siècle.

Le règne des Minamoto est de courte durée. Dès 1219, faute d’héritiers Minamoto adultes, les Hojo s’arrogent le titre de régent héréditaire (shikken), qu’ils conservent jusqu’en 1333. Les « troubles de l’ère Jokyu » au cours desquels l’empereur retiré Go-Toba tente de renverser le shogunat, n’empêchent pas les Hojo d’établir fermement leur pouvoir. En 1232 est ainsi édicté un nouveau code civil et pénal en 51 articles, resté en vigueur jusqu’à la fin du xixe siècle.

Le Japon guerrier est certes un Japon plus rude et plus violent que celui de l’époque précédente, mais il est cependant au cœur d’une civilisation brillante et novatrice. Sur le plan littéraire, la lutte entre les Taira et les Minamoto, ainsi que la chute tragique des premiers, inspire une nouvelle écriture, aux accents épiques, dont le chef-d’œuvre est sans doute le Dit des Heike (Heike monogatari, v. 1220). La poésie de cour, toujours vivante, est marquée par la compilation de nouvelles anthologies, qui consacrent des poètes tels que l’empereur Go-Toba lui-même ou Fujiwara no Sadaie.

L’époque de Kamakura est également une période de grand dynamisme religieux. De nombreuses sectes apparaissent, supplantant rapidement les écoles tendai et shingon de l’époque précédente, proposant une foi et une pratique moins aristocratique, plus accessible aux laïcs. Parmi ces nouveaux courants, l’amidisme — dont la pensée est en particulier développée par les moines Genku et Shinran — promet à ses fidèles la renaissance en Terre Pure à la seule condition de croire en la puissance d’Amida ; il se répand très rapidement parmi les couches populaires. À la même époque, le bouddhisme zen est adopté par de nombreux guerriers, qui puisent dans cette doctrine une philosophie et une foi capables de les aider sur le champ de bataille. Deux nouvelles écoles zen sont alors créées, la secte rinzai, fondée par le moine Eisai, et la secte soto, fondée par Dogen. En 1253, le moine Nichiren fonde une autre secte, appelée secte du Lotus ou secte nichiren (Nichiren-shu), dont la puissance politique ne cesse de croître.

Pendant plus de cent ans, les Hojo se maintiennent au pouvoir. Leurs officiers et leurs gouverneurs de provinces acquièrent de l’influence sur leurs terres et forment à leur tour de nouveaux clans militaires. En 1274 puis en 1281, l’Empire mongol, qui contrôle déjà la Chine et la Corée, essaie de soumettre le Japon. Les Mongols sont repoussés de justesse, en partie grâce au typhon resté célèbre sous le nom de kamikaze, « vent des Dieux ».

5.3. 2

La restauration de Kenmu et la période de Nanbokucho (1333-1392)

Facilement repoussées, les invasions mongoles laissent cependant le régime des Hojo épuisé et très appauvri. L’empereur Go-Daigo, intronisé en 1318 puis exilé pour avoir tenté de s’opposer au shogunat, envisage de profiter de cette faiblesse pour rassembler autour de lui suffisamment de partisans pour renverser le pouvoir en place. Il reçoit le soutien de Ashikaga Takauji (1305-1358), seigneur du clan Ashikaga et chef militaire chargé par les Hojo de maintenir l’ordre : le shogunat est renversé et le pouvoir revient à l’empereur Go-Daigo. Cette période, appelée restauration de Kenmu, ne dure qu’à peine trois ans (1333-1336).

Mécontent du peu de reconnaissance que Go-Daigo lui témoigne, Ashikaga Takauji le chasse de la capitale en 1336, intronisant un nouvel empereur, dont il reçoit la charge de shogun en 1338. Go-Daigo part se réfugier dans les montagnes au sud de Nara et y fonde une seconde cour impériale. Commence alors une longue période de guerre civile que les historiens appellent période de Nanbokucho (littéralement, « époque des cours du sud et du nord »), qui ne s’achève qu’en 1392 lorsque le shogun Yoshimitsu obtient le retour de la cour du sud et la réconciliation des deux branches impériales.

5.3. 3

La période de Muromachi (1338-1573)

5.3.3. 1
Le gouvernement des Ashikaga

Désormais shogun, fondateur de la lignée des Ashikaga, Takauji entreprend de renforcer son pouvoir dès les premières années de son règne. La tâche n’est pas aisée, puisque que les guerres civiles ne cessent de se succéder. Il faut attendre le gouvernement de son fils Yoshiakira (shogun de 1358 à 1367) et surtout son petit-fils Yoshimitsu (shogun de 1358 à 1394) pour que parvienne à s’établir un fragile équilibre. Un commerce officiel est notamment entrepris avec la Chine, permettant un essor économique important et le développement d’une bourgeoisie urbaine. La stabilité n’est cependant que de courte durée. Dès le début du xve siècle, le gouvernement central perd de son pourvoir, au profit des chefs militaires installés dans les provinces, les shugo daimyo. La majeure partie du pays échappe ainsi au contrôle shogunal, tandis que les campagnes sont secouées par de fréquentes révoltes paysannes.

5.3.3. 2
L’essor économique et culturel

Malgré la fréquence et la violence des troubles politiques et sociaux, le shogunat des Ashikaga est une période d’essor culturel sans précédent. Ashikaga Yoshimitsu, le troisième shogun, se fait protecteur des arts et des lettres — un art largement inspiré de l’esthétique de la Chine des Ming puis des Song, importé au Japon par les moines zen et les penseurs confucianistes, dont l’influence est alors en plein développement — notamment représenté par Zeami pour le théâtre , Sen no Rikyu pour la cérémonie du thé, Sesshu, etc. De nouvelles influences pénètrent également, grâce à l’arrivée des Portugais qui débarquent à Kagoshima en 1543. Leurs mousquets sont vite copiés par les artisans locaux, transformant ainsi l’art de la guerre au Japon. Pour sa part, saint François Xavier, missionnaire jésuite, introduit le christianisme dans le pays en 1549.

5.3.3. 3
Les « Provinces en guerre » ou période de Sengoku

Les troubles de l’ère Onin (1467-1477) marquent symboliquement l’entrée du Japon dans la période dite des « Provinces en guerre » ou période de Sengoku, pendant laquelle les seigneurs provinciaux (daimyo), tentent d’étendre leur pouvoir sur leurs terres, avant d’entrer en guerre de manière quasi systématique contre leurs voisins. De cette anarchie, bientôt étendue à tout le territoire, émergent cependant certains seigneurs encore plus ambitieux, dont le but affirmé est l’unification politique du Japon. Parmi ceux-là, on citera en particulier Takeda Shingen et son rival Uesugi Kenshin, mais aussi Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu.

5.4

L’époque moderne (1573-1868)

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