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Rolland, RomainArticle
Plan de l'article
Présentation ; De Clamecy à Paris ; Pour un théâtre populaire ; Le « roman-fleuve » ; Les grandes œuvres narratives ; Non-violence et humanisme ; Un grand mélomane et biographe ; Correspondances
En 1919, Romain Rolland publie Colas Breugnon qui est en quelque sorte le reflet inverse de Jean-Christophe. Le roman se présente sous la forme d’un journal animé par une verve et une gaieté qui témoignent du goût de l’auteur pour la littérature, les chansons et les proverbes populaires. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Rolland publie Annette et Sylvie (1922), qui ouvre le cycle romanesque de l’Âme enchantée, vaste fresque de destins individuels. Ce premier volume est suivi de l’Été (1924), de Mère et fils (1927) et de l’Annonciatrice (1933).
La déclaration de guerre surprend Romain Rolland en Suisse où il se met au service de l’Agence internationale des prisonniers de guerre. Il écrit une série d’articles exaltant un humanisme pacifiste et néanmoins patriotique (Au-dessus de la mêlée, 1915), qui, malgré bien des controverses, lui vaut le prix Nobel de littérature en 1915. En 1923, cet écrivain « engagé », qui a déjà publié Aux peuples assassinés (1917) et Clérambault, histoire d’une conscience libre pendant la guerre (1920), participe à la fondation de la revue Europe, destinée à rassembler les intellectuels de gauche. Attiré par la pensée de l’Inde — il est convaincu que l’Orient peut aider l’Occident à se régénérer —, il fait la connaissance de Rabindranath Tagore et de Mohandas Gandhi (« le Christ de l’Inde ») auquel il consacre un livre, Vie de Mahatma Gandhi (1924), ’avant d’écrire sur l’hindouisme, notamment une Vie de Ramakrishna (1929) et une Vie de Vivekananda et l’Évangile universel (1930). Tout en tentant de conserver son ’« indépendance de l’esprit », il soutient un temps l’Union soviétique (il rencontre Maxime Gorki et Joseph Staline), publie de nombreuses œuvres qui suivent le cheminement de sa pensée militante (Adieu au passé, 1931 ; Quinze ans de combat, 1935, Par la Révolution la Paix, 1935), et milite contre le fascisme et le nazisme qui menacent la paix dans le monde. ’De retour à Vézelay en 1937, il renoue avec ses anciens amis, Louis Gillet et Paul Claudel, compose ses Mémoires et rédige une biographie de Péguy (posthume, 1945), véritable confession spirituelle.
Très bon pianiste et passionné de musique — sa thèse portait sur l’Histoire de l’opéra en Europe avant Lully et Scarlatti (1895) —, Rolland publie une Vie de Beethoven (1903) qui révèle ses talents de musicologue développés plus tard dans un essai en sept volumes (Beethoven, les grandes époques créatrices, 1928-1945). Biographe, il publie la Vie de Michel-Ange (1906), Haendel (1910) puis la Vie de Tolstoï (1911).
Outre son essai autobiographique, le Voyage intérieur (1942), ses nombreux écrits intimes ne sont publiés qu’après sa mort. Ses Mémoires (posthume, 1956), son Journal des années de guerre (posthume, 1952) et sa riche correspondance ont confirmé la générosité et la ferveur de son idéalisme. Romain Rolland, pour lequel la correspondance « est aussi un livre — le grand livre de la vie présente — à lire et à écrire », a entretenu des relations épistolaires avec de grands intellectuels, notamment Hermann Hesse, Malwida von Meysenbug, Louis Gillet, Sigmund Freud, Albert Einstein, Richard Strauss, Maxime Gorki, Rabindranath Tagore, Pierre-Jean Jouve, ou André Suarès.
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