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Napoléon IerArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le petit caporal ; Le glorieux général ; L’homme du 18 Brumaire ; Napoléon Ier ; La chute de l’Aigle ; La légende napoléonienne
Durant l’été 1793, la France est menacée par l’Europe des rois coalisés. Bonaparte, en publiant le Souper de Beaucaire, prend cause pour les Jacobins, se défiant des masses populaires qu’il a vues à l’œuvre à Paris en 1792. Il est nommé chef d’artillerie et affecté au siège de la ville de Toulon qui s’est livrée aux Anglais ; par sa science, sa bravoure et son sens stratégique, il fait judicieusement tonner ses canons, contribuant à la prise de Toulon le 17 décembre 1793. En récompense, à l’âge de vingt-quatre ans, il est nommé général de brigade par le Comité de salut public, puis commandant d’artillerie de l’armée d’Italie en mars 1794 et devient le protégé de Robespierre. Après la chute de ce dernier, le 9 Thermidor, il est mis en état d’arrestation avant d’être rapidement innocenté et libéré. Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il est chargé par Barras de réprimer l’insurrection royaliste de Paris dirigée contre le Directoire. En récompense, il est nommé général de division et commandant de l’armée de l’Intérieur. À cette même époque, il rencontre Joséphine de Beauharnais, une créole veuve d’un général guillotiné et mère de deux enfants, qu’il épouse le 8 mars 1796.
Promu le 2 mars 1796 commandant en chef de l’armée d’Italie, il est chargé de mener une guerre de diversion et de pillage dans le Piémont et en Lombardie, alors que l’offensive principale doit passer par l’Allemagne pour menacer Vienne. Il mène une campagne foudroyante contre les troupes austro-piémontaises. Grâce à son génie militaire, il remporte victoire sur victoire entre 1796 et 1797 (Millesimo, Mondovi, Arcole et Rivoli). En prenant Venise, il s’ouvre les portes de Vienne et contraint l’Autriche et ses alliés à conclure la paix (traité de Campoformio, 17 octobre 1797), par laquelle il fonde les républiques sœurs dans le Nord de l’Italie. Avec son butin de guerre, il renforce son aura auprès du gouvernement français et sert sa propre propagande en publiant bulletins et journaux glorifiant ses exploits.
Les membres du Directoire, inquiets de la renommée croissante du jeune général et des menées anglaises, cherchent à éloigner Bonaparte de Paris tout en utilisant ses talents militaires pour couper la route des Indes britanniques. Ils le nomment alors à la tête de l’expédition d’Égypte (mai 1798). Sur les traces de son rêve oriental, bercé par le souvenir d’Alexandre le Grand, Bonaparte s’assure le contrôle du pays à la bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Libérateur du joug mamelouk, il s’applique à apparaître comme un administrateur consciencieux, s’associant aux notables locaux, désireux de redonner à l’Égypte l’image de son histoire, celle que redécouvre l’expédition scientifique qu’il entraîne avec lui. Mais le général anglais Nelson, en détruisant la flotte française à la bataille d’Aboukir (août 1798), contraint Bonaparte à faire route vers la Syrie. Une épidémie de peste l’arrête devant Saint-Jean d’Acre et, apprenant les revers du Directoire en Italie et la confusion qui règne en France, Bonaparte débarque à Fréjus le 8 octobre 1799 et regagne Paris. Dans la capitale, les Jacobins (Sieyès, Talleyrand, Fouché, Murat et Lucien Bonaparte, son frère) cherchent à sauvegarder les principes de la Révolution de 1789. Pour cela, ces conjurés s’apprêtent à commettre un coup d’État : il ne leur manque qu’un sabre pour assurer avec autorité le retour au calme.
Le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), dans la confusion, Bonaparte pénètre avec ses troupes au Conseil des Cinq-Cents. Voyant son frère menacé d’être mis hors-la-loi, Lucien retourne la situation et accuse les députés d’être soumis à l’Angleterre. Les conjurés profitent alors de la confusion pour désigner un Consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et Sieyès, qu’ils pensent pouvoir tous trois manipuler. Mais Bonaparte montre vite sa personnalité : en dictant la Constitution autoritaire de l’an VIII, il renforce à son profit le pouvoir exécutif, se réservant l’initiative des lois et la possibilité d’avoir recours au plébiscite. Sous ce nouveau régime inaugurant une forme de gouvernement direct, il devient Premier consul (assisté de Cambacérès et Lebrun, dont le rôle n’est que consultatif) et émiette le pouvoir législatif en assemblées dénuées de prérogatives. Déjà assuré de tous les pouvoirs, le plébiscite de 1802 confirme sa popularité et la Constitution de l’an X le désigne consul à vie.
Face à la désorganisation générale à laquelle il est confronté, Napoléon exige union, discipline et obéissance. En France, il contraint les chouans à déposer les armes (janvier et février 1800). Pour ôter aux royalistes leur soutien religieux, il conclut avec le pape Pie VII le Concordat de 1801, s’arrogeant un droit de veto sur les nominations ecclésiastiques. Au rétablissement de l’Église et du culte catholique succède l’amnistie des émigrés, le 26 avril 1802. Ces événements favorisent le retour des émigrés et imposent la politique de réconciliation nationale. À l’extérieur, Bonaparte décide de nouvelles campagnes, pour contrer la deuxième coalition. Il triomphe à Marengo en Italie (14 juin 1800), de même que Moreau à Hohenlinden en Allemagne (3 décembre 1800), ce qui contraint l’Autriche à confirmer la paix de Campoformio par celle signée à Lunéville le 9 février 1801 et garantit le Rhin comme frontière orientale de la France. Avec l’Angleterre, Bonaparte signe la courte paix d’Amiens, le 25 mars 1802. Après dix ans de guerre en Europe, le Premier consul parvient à établir une paix fragile mais essentielle, puisque, déjà, elle est la reconnaissance de sa puissance. Parallèlement, il donne une constitution à la Hollande, devient médiateur de la Confédération des cantons suisses (19 février 1803), président de la République italienne après avoir annexé Parme et le Piémont, et, s’il développe des projets d’expansion coloniale vers Saint-Domingue, la Louisiane et l’Inde, c’est que sa puissance tend encore à s’étendre.
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