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Plan de l'article
fugue, forme musicale dans laquelle un thème mélodique est systématiquement repris en imitation. L'écriture d'une fugue (en latin fuga), est donc contrapuntique. L'imitation thématique, qui en est le trait stylistique dominant, est également typique des passages fugato, c'est-à-dire des sections fuguées insérées dans une forme autre que la fugue, comme la sonate. Toutefois, la fugue n'est pas une forme rigide : elle se conforme à un plan de base mais en dévie d'une manière ou d'une autre à un moment donné. C'est pourquoi deux fugues ne sont jamais identiques. Leur construction repose uniquement sur l'exploitation contrapuntique rigoureuse d'une idée unique. Les fugues peuvent être écrites pour un seul instrument, comme l'orgue ou le piano, ou bien des groupes d'instruments ou de voix, accompagnées ou non. Le nombre de parties ou voix (égal au moins à deux mais plus souvent à quatre) demeure le même pendant tout le morceau.
Les principales parties de la fugue sont l'exposition thématique, le développement et le résumé (strette). Au début de la fugue, une voix expose le thème principal, c'est-à-dire le sujet. À la fin de l'exposition, entre une seconde voix en réponse, qui expose à nouveau (ou imite le sujet). Cette réponse est généralement située une quinte au-dessus ou une quarte au-dessous du sujet. Elle peut soit être une transposition exacte (réponse réelle) soit contenir quelques altérations conduisant au retour à la tonique (réponse tonale). Pendant la réponse, la première voix continue en contrepoint. Si celui-ci contient une mélodie significative qui réapparaîtra dans la suite, la mélodie est appelée le contre-sujet. Une brève période de contrepoint libre (coda) dans les deux voix peut suivre la réponse mais, très rapidement, une troisième voix entre en réexposant le sujet dans la même tonalité que la première voix, mais une octave plus haut ou plus bas. Cette alternance de sujet, de contre-sujet et de réponse se poursuit jusqu'à ce que toutes les voix soient entrées. Les voix déjà présentes continuent en contrepoint libre mais restent parfois silencieuses pendant quelques instants. L'exposition complète est suivie d'un développement qui comporte des épisodes (ou divertissements), passages contrapuntiques libres, composés de figures mélodiques issues du sujet, du contre-sujet ou d'un contrepoint libre de l'exposition, et de réexpositions qui viennent soutenir la trame contrapuntique libre de l'épisode précédent. Les entrées médianes peuvent également contenir des modulations dans des tons voisins. Le résumé, ou strette, clôt la fugue en rapprochant les entrées de sorte que sujet et réponse empiètent continuellement l'un sur l'autre. La fugue peut employer d'autres techniques contrapuntiques, comme l'augmentation (allongement proportionnel de la durée des notes), la diminution (réduction proportionnelle de la durée des notes), le renversement (répétition du sujet en inversant la mélodie), ou encore la pédale (principe consistant à tenir une note grave pendant que les autres voix continuent en contrepoint). Lorsque des fugues présentent plusieurs thèmes, on les appelle doubles ou triples fugues. Dans certaines doubles fugues, le second sujet apparaît en tant que contre-sujet de la première exposition, mais c'est ensuite lui qui est utilisé pendant tout le morceau. On en trouve un exemple dans le « kyrie » du Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart.
La caractéristique stylistique fondamentale de la fugue, c'est-à-dire l'entrée du sujet en imitation par les voix successives, trouve son origine dans les motets et les chansons de la Renaissance vers 1500. Ces genres ont évolué dans des formes qui constitueront les prédécesseurs immédiats de la fugue, à savoir le ricercare et la canzona, forme instrumentale dominante au XVIe siècle et au début du XVIIe. Les ricercari du compositeur italien Girolamo Frescobaldi et les fantaisies pour orgue du compositeur danois Jan Pieterszoon Sweelinck ont eu un effet particulièrement important sur le développement de la fugue proprement dite. Elle ne fut véritablement définie qu'à la seconde moitié du XVIIe siècle. À la fin de la période baroque (première moitié du XVIIIe siècle), la fugue a été largement exploitée par les organistes-compositeurs allemands du Nord, notamment Dietrich Buxtehude. Un de leurs successeurs, Jean-Sébastien Bach, approfondit tous les artifices et nuances de la fugue dans deux recueils monumentaux, le Clavier bien tempéré et l'Art de la fugue, ce dernier étant resté inachevé. En Angleterre, Georg Friedrich Haendel, un contemporain de Bach d'origine allemande, utilisa des fugues chorales accompagnées en support de l'action dramatique de ses oratorios. À l'époque classique (v. 1750-1820), des compositeurs comme Joseph Haydn, Ludwig van Beethoven et Mozart intégrèrent la technique de la fugue dans leurs sonates, symphonies, œuvres chorales et quatuors à cordes. Plus tard, les plus remarquables représentants de la fugue furent César Franck au XIXe siècle et, au XXe siècle, Paul Hindemith.
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