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Charles QuintArticle
Plan de l'article
Présentation ; Souverain d’un vaste empire ; Les guerres franco-germaniques ; L’affirmation du catholicisme ; L’essor des Pays-Bas
Incapable de maintenir la paix dans son empire, en particulier dans sa partie allemande, Charles échoue dans sa tentative de repousser les Turcs. Déjà son accession au trône impérial coïncide avec la montée en puissance du luthéranisme, ce qui crée un antagonisme religieux entre les princes germaniques et l’empereur. Néanmoins, dès son avènement, Charles accepte de respecter les libertés germaniques. La diète de Worms s’ouvre en 1521, dans le but de rétablir la paix religieuse, mais Martin Luther, ayant refusé de se rétracter, est désavoué par cette dernière ; peu après, Charles Quint promulgue un édit condamnant Martin Luther. La période d’anarchie qui accompagne l’essor de la Réforme pousse alors les princes allemands à réclamer l’autonomie de leurs États. Les paysans profitent des troubles qui surviennent en 1524 pour se révolter. En 1530, peu de temps après son couronnement, Charles réunit la diète d’Augsbourg pour tenter de régler le problème religieux, mais les princes protestants lui opposent le document connu sous le nom de Confession d’Augsbourg, dont la teneur, inacceptable aux yeux de l’empereur, précipite l’échec des négociations et détermine la formation par les princes de la ligue de Smalkalde (1531). Les troubles agitant l’empire et le conflit avec les Turcs contraignent Charles Quint à différer son projet de soumettre les protestants, auxquels il reconnaît certaines libertés par la paix de Nuremberg (1532). Plus tard, Charles Quint reprend les hostilités contre la ligue de Smalkalde, qui se transforment en guerre civile. Le 24 avril 1547, l’empereur remporte à la bataille de Mühlberg une victoire décisive sur les protestants. Cependant, en 1551, la prise de Magdeburg (fief du protestantisme) par Maurice, duc de Saxe et allié à Henri II de France (lequel soutient pour l’occasion les protestants germaniques), oblige Charles Quint à reculer devant les réformés. En 1552, il conclut, grâce à l’intervention de son frère Ferdinand Ier, le traité de Passau assurant la liberté religieuse aux États luthériens. En 1555, l’accord est confirmé par la paix d’Augsbourg.
En définitive, durant le règne de Charles Quint, seuls les Pays-Bas connaissent une période de croissance, due en grande partie à l’essor commercial des villes portuaires telles Amsterdam et Anvers. Une évolution politique s’ébauche aussi, avec la pragmatique sanction de 1549 qui reconnaît l’existence des Dix-Sept Provinces du pays comme un ensemble « indivisible et impartageable ». Durant son règne, Charles Quint dirige ses territoires sous le signe de l’humanisme, avec Érasme, André Vésale ou Bruegel l’Ancien. Seule tache sombre au développement du pays, une révolte, fomentée par le monarque français, qui éclate en 1539 à Gand et est suivie d’une dure répression. Épuisé par ces luttes constantes, tant internes que frontalières, Charles Quint cède entre 1555 et 1556 les Pays-Bas et l’Espagne à son fils Philippe II et abdique, en 1556, en faveur de son frère, Ferdinand Ier, pour se retirer au monastère de San Jerónimo de Yuste en Estrémadure.
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