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Béjart, Maurice

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Maurice BéjartMaurice Béjart
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1

Présentation

Béjart, Maurice (1927-2007), danseur et chorégraphe français.

Figure essentielle de la danse contemporaine européenne, Maurice Béjart, en rompant avec la tradition académique, a contribué à démocratiser la danse et le ballet.

Un mois avant sa mort, Maurice Béjart, ayant demandé sa naturalisation belge, a écrit une lettre pour exprimer et « officialiser cette relation indéfectible » qu’il entretient avec la Belgique où il a vécu près de 30 ans et où il a créé la plupart de ses pièces importantes. Il espère d’ailleurs « lire dans les dictionnaires et les biographies qui [lui] sont consacrées, 'Maurice Béjart, chorégraphe belge', c’est là [son] souhait le plus sincère ».

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Premiers essais

Né à Marseille, Maurice Berger, dit Maurice Béjart, entreprend, comme son père (le philosophe Gaston Berger), des études de psychologie et d’esthétique philosophique, avant de se consacrer entièrement à la danse. Après avoir vu sur scène Serge Lifar, il a la ferme intention de devenir chorégraphe. Élève de l’Opéra de Marseille, puis de l’Opéra de Paris, il apprend le métier de danseur en travaillant auprès de Lioubov Egorova, de Madame Rousanne, de Léo Staats, de Janine Charrat, de Vera Volkova puis au sein de compagnies modernes, telles que les Ballets de Paris de Roland Petit, l’International Ballet de Mona Inglesby à Londres ou encore la compagnie de Birgit Cullberg en Suède. Toujours en Suède, il s’essaie à la chorégraphie, signant un pas de deux pour un film avec la danseuse Ellen Rasch, l’Oiseau de feu (sur une musique d’Igor Stravinski). En 1953, il devient le chorégraphe des Ballets de l’Étoile qui, couronnés du Prix de la critique en 1957, après le succès de Prométhée, deviennent le Ballet-Théâtre de Paris.

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Rompre avec le classicisme

Quand, en 1955, Maurice Béjart découvre les premières œuvres de musique concrète, il rompt avec la technique académique et crée, sur une composition de Pierre Schaeffer et de Pierre Henry, la Symphonie pour un homme seul, qu’il considère comme sa véritable première œuvre chorégraphique. La technique utilise encore les pas d’école mais l’esthétique béjartienne impose déjà ses règles (refus du costume, modernité des décors) et ses thèmes, particulièrement celui de la condition humaine (qui devient un de ses « topoï »). Entre 1955 et 1960, ses créations, jugées trop modernes, sont rejetées par le public parisien et, n’obtenant pas d’aide de l’État pour monter ses pièces dans un théâtre fixe en France, Maurice Béjart est contraint de les produire en province ou à l’étranger. Ainsi, Haut voltage (1956) voit le jour à Metz, Sonate à trois (1957) à Essen (Allemagne), et Équilibre (1959) à Berlin (Allemagne).

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Le Ballet du xxe siècle

Le ballet Arcane II (1958) donné lors de l’exposition universelle de Bruxelles est remarqué par Maurice Huysman, directeur du théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles, qui, dans un souci de renouveau chorégraphique, lui propose une création. Maurice Béjart donne alors le Sacre du printemps (1959) dans un nouveau langage chorégraphique simple et puissant, qui devient sa marque, mais qui n’est alors que la conséquence d’une pénurie de danseurs professionnels dans le corps de ballet. Son interprétation de la légende russe célébrant le printemps lui assure un succès qui ne cesse de grandir. Chorégraphe à demeure au théâtre de la Monnaie de Bruxelles (de 1960 à 1987), il monte le Boléro (1961), expression brute, tout en crescendo, du désir suscité par l’ondulation d’un corps qui s’arrache peu à peu du sol, comme porté au-dessus de lui-même. S’ensuivent 27 années de collaboration intense (plus de 100 créations) avec la compagnie du Ballet du xxe siècle (fondée en 1960), qui partage avec lui les triomphes et les scandales que suscitent certains de ses ballets, jugés trop novateurs, en particulier la Damnation de Faust en 1964 ou l’Offrande chorégraphique en 1971. En 1966, il présente Roméo et Juliette, d’après une partition d’Hector Berlioz. L’année suivante, il est le premier chorégraphe invité dans la cour d’honneur du palais des Papes, dans le cadre du Festival d’Avignon ; il y crée Messe pour le temps présent, sur un texte d’Hélder Pessõa Câmara et sur une musique de Pierre Henry, véritable liturgie païenne dédiée à la mémoire de Patrick Belda, un jeune danseur talentueux de sa compagnie, mort accidentellement peu auparavant.

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