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Sécession, guerre deArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les origines du conflit ; Le déroulement des hostilités ; L'abolition de l'esclavage ; Les conséquences de la guerre
L'élection présidentielle de 1860 divisa le parti démocrate sur le choix du candidat : John C. Breckinridge du Kentucky représenta l'aile sudiste et Stephen Douglas de l'Illinois, l'aile nordiste. Le parti de l'Union constitutionnelle nouvellement créé, tenant compte du sentiment de compromis toujours fort dans les États frontaliers, préféra le candidat John Bell du Tennessee. Les républicains, quant à eux, se rallièrent à la candidature d'Abraham Lincoln avec un programme qui s'opposait à toute expansion de l'esclavage, qui appuyait un tarif douanier protecteur, des subventions fédérales pour les améliorations intérieures ainsi qu'une loi agraire. La division des démocrates assura l'élection de Lincoln, grand vainqueur dans tous les États du Nord et du Sud, ce qui convainquit le Sud de prendre son indépendance plutôt que d'avoir à faire face à un encerclement politique. En février 1861, peu avant l'investiture de Lincoln, sept États — la Caroline du Sud, le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Géorgie, la Louisiane et le Texas — fondèrent les États confédérés d'Amérique, dotés d'une constitution, avec à leur tête Jefferson Davis. Le mois suivant, Lincoln réaffirma, dans son discours inaugural, que la sécession était illégale et déclara qu'il avait l'intention de ne pas renoncer aux possessions fédérales situées dans le Sud. La guerre civile éclata le 12 avril 1861, lorsque des troupes nordistes essayèrent de ravitailler le fort Sumter, installation fédérale située dans la baie de Charleston (Caroline du Sud), les confédérés ouvrirent le feu. Trois jours plus tard, Lincoln demanda aux troupes d'étouffer la rébellion. La Virginie, l'Arkansas, la Caroline du Nord et le Tennessee ripostèrent en rejoignant la Confédération.
Ni le Nord ni le Sud n'étaient prêts en 1861 à s'engager dans une guerre. Avec une population de 22 millions d'habitants, le Nord disposait d'un plus grand potentiel militaire. Le Sud ne comptait que 9 millions d'habitants, dont presque 4 millions étaient des esclaves noirs. La loyauté de ceux-ci envers la Confédération était douteuse. Bien qu'à l'origine, ils s'appuyèrent sur le volontariat, la nécessité finit par forcer les deux camps à faire appel à la conscription. Avant la fin de la guerre, le Sud avait enrôlé environ 900 000 hommes et l'Union 2 millions, dont près de la moitié n'avait été recrutée que vers la fin du conflit. Par ailleurs, le Nord possédait de très nets avantages matériels — en argent et en crédit, en usines, en production alimentaire, en ressources minérales et en transport — qui s'avérèrent décisifs. La capacité du Sud à combattre fut handicapée par un manque chronique de nourriture, de vêtements, de médicaments et d'artillerie lourde, ainsi que par une lassitude de la guerre et une inconnue : la réaction des Noirs. Cependant, malgré sa supériorité en hommes et en ressources, le Nord ne parvint pas à la rapide victoire qu'il avait escomptée. Lever, entraîner et équiper une force de combat massive à partir de volontaires inexpérimentés et trouver une direction militaire efficace se révélèrent être des tâches considérables demandant beaucoup de temps. Le Sud, doté d'une tradition militaire plus forte, disposait de davantage d'hommes expérimentés dans le maniement des armes et produisit un corps performant d'officiers, notamment Robert E. Lee. Ce n'est qu'à l'épreuve des événements que Lincoln arriva à trouver des chefs militaires comparables, à savoir Ulysses S. Grant et William T. Sherman.
Au début du conflit, les deux parties en présence étaient persuadées d'aboutir à une victoire rapide. En mai 1861, les troupes de l'Union traversèrent le Potomac, prirent Alexandria (Virginie) et se déplacèrent vers le nord-ouest de la Virginie. Le 21 juillet, lors de la première bataille de Bull Run, les troupes confédérées, sous le commandement du général Beauregard dont les renforts étaient arrivés à temps, remportèrent une victoire retentissante. Le résultat ne fut pas très important sur le plan militaire, mais l'échec obligea un Nord humilié à abandonner ses espoirs d'une guerre de quatre-vingt-dix jours et à lever une armée plus substantielle. En revanche, le Sud quitta Bull Run avec une confiance aveugle qui l'empêcha de se préparer soigneusement au long conflit à venir.
Malgré l'accalmie militaire en 1861, le Nord enregistra quelques succès importants en ralliant les États frontaliers du Maryland, du Delaware, du Kentucky et du Missouri, où, bien que le sentiment unioniste prédominât, les sécessionnistes étaient également nombreux. L'importance du Maryland tenait à la proximité de Washington et à la position de Baltimore, nœud ferroviaire vital vers le Midwest. Le Kentucky et le Missouri jouaient aussi un rôle important dans la stratégie militaire du Nord car ils contrôlaient l'accès aux vallées du Mississippi, du Tennessee et du Cumberland, par lesquelles les forces de l'Union pouvaient porter la guerre au cœur de la Confédération. Pour s'assurer la loyauté du Maryland, les troupes de l'Union occupèrent Baltimore et imposèrent la loi martiale. Le Kentucky cherchait à garder sa neutralité, mais, en septembre 1861, lorsque les troupes confédérées traversèrent l'État, les habitants soutinrent massivement la cause de l'Union. Au Missouri, les troupes de l'Union aidèrent à protéger l'État en poussant vers l'exil le gouverneur qui défendait les confédérés. En Virginie, les comtés renièrent l'ordonnance de sécession, formèrent un gouvernement provisoire et, en 1863, furent admis dans l'Union comme le nouvel État de Virginie-Occidentale.
En 1862, lors de la bataille des sept jours (du 25 juin au 1er juillet), aucun camp ne fut en mesure de porter un coup mortel à l'autre. Les Nordistes, sous le commandement du général McClellan, se croyant largement inférieurs en nombre, décidèrent de se replier vers le fleuve James, ce qui clôtura lamentablement sa « campagne de la Péninsule ». Le 30 août 1862, lors de la deuxième bataille de Bull Run, les armées confédérées de Lee, de Jackson et du général James Longstreet infligèrent de sévères pertes aux troupes de l'Union qui furent refoulées vers Washington. À la suite de cette victoire, Lee, en septembre 1862, envahit le Maryland avec 50 000 hommes. La sanglante bataille d'Antietam (17 septembre), au cours de laquelle 12 000 Nordistes et 12 700 Sudistes furent tués ou blessés, le contraignit à rentrer en Virginie. À la fin de 1862, l'armée nordiste du Potomac reprit l'offensive sur Richmond. Le 13 décembre, le général Ambrose E. Burnside choisit, à tort, de défier les défenses presque imprenables de Lee aux alentours de Fredericksburg (Virginie), sur la rivière Rappahannock. Lors de ce nouveau désastre, les forces de l'Union eurent plus de 10 000 tués et blessés et durent se replier à Washington.
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