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Sécession, guerre deArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les origines du conflit ; Le déroulement des hostilités ; L'abolition de l'esclavage ; Les conséquences de la guerre
Le 15 novembre, Sherman commença à avancer vers la mer. Laissant Atlanta en flammes, son armée de 60 000 hommes se rendit en Géorgie sans rencontrer la moindre résistance sur un front de 96 km de long. Vivant des ressources du pays au fur et à mesure de leur progression, les troupes de l'Union détruisirent systématiquement tout ce qui pouvait aider à soutenir l'effort de guerre confédéré. Savannah tomba peu avant Noël. L'armée de Sherman continua d'avancer vers le nord, en direction des Carolines, sans rencontrer beaucoup d'opposition. En avril 1865, Mobile, Selma et Montgomery en Alabama tombèrent aux mains des forces de l'Union. Au même moment, Sheridan se prépara à rejoindre Grant pour un assaut final contre l'armée de Lee. En Virginie, Grant réussit finalement, en avril 1865, à prendre la ligne de chemin de fer qui ravitaillait Richmond. Contraint, par conséquent, à abandonner à la fois Petersburg et Richmond, Lee se replia vers l'ouest, espérant rejoindre l'armée confédérée de Joseph Johnston en Caroline du Nord. Grant bloqua son chemin et, le 9 avril 1865, Lee se rendit à Grant dans la petite ville d'Appomattox, au sud-ouest de la Virginie. Avec la reddition de Lee, les autres armées confédérées s'effondrèrent rapidement.
Lincoln avait ordonné un blocus de tous les ports sudistes afin qu'aucun approvisionnement essentiel ne parvînt à la Confédération. La marine de l'Union existait à peine à cette époque-là, ses bateaux ayant été conçus pour combattre en haute mer et non pour bloquer les ports. C'est pourquoi, avant de mettre en place le blocus, il fallut concevoir de nouveaux bateaux et mener plusieurs batailles. Pour casser le blocus, qui prit effet en 1862, le Sud dévoila une nouvelle arme, le Merrimack, frégate à vapeur abandonnée par l'Union que les confédérés recouvrirent de feuilles de blindage métallique pour le convertir en un cuirassé capable de détruire la marine nordiste. Le 8 mars 1862, le Merrimack (rebaptisé le Virginie) quitta le port de Norfolk (Virginie) pour atteindre Hampton Roads où il coula facilement deux vaisseaux nordistes. Ce fut une brillante démonstration de la supériorité des cuirassés sur les bateaux de bois devenus obsolètes. Toutefois, lorsque le Merrimack réapparut le lendemain, il rencontra un tout nouveau navire nordiste, le Monitor. Il s'ensuivit une bataille spectaculaire qui dura plusieurs heures pendant lesquelles aucun des cuirassés ne subit de graves dommages ni ne remporta de victoire décisive. Tout au long de la guerre, la marine nordiste mena d'importantes opérations pour soutenir l'armée. En 1861, des opérations conjointes protégèrent les têtes de pont de Hatteras Inlet (Caroline du Nord) et de Port Royal (Caroline du Sud). La prise de Fort Henry en février 1862 et la chute de La Nouvelle-Orléans le 1er mai, toutes deux obtenues avec une aide navale importante, permirent à l'Union de contrôler les fleuves Mississippi et Tennessee. Bien que le Sud manquât d'une marine importante, les raiders confédérés menèrent plusieurs combats maritimes dans diverses parties du monde contre les navires marchands de l'Union. Celui qui infligea le plus de dommages fut l'Alabama, construit en Angleterre.
Pour rendre son choix d'indépendance crédible, la Confédération attendait une reconnaissance et un soutien de l'étranger, en particulier des deux grandes puissances européennes, le Royaume-Uni et la France. Cette confiance reposait, pour une grande partie, sur le fait que ces deux nations dépendaient du coton sudiste pour leurs industries textiles. L'Angleterre, par exemple, importait 75 p. 100 de son coton du sud des États-Unis. Alors que le commerce était mis en danger par le blocus naval de l'Union, les confédérés comptaient sur une intervention européenne en leur faveur. En 1861, la déclaration officielle de neutralité du Royaume-Uni et de la France dans la guerre de Sécession signifiait que la Confédération était reconnue comme puissance belligérante. Cette déclaration encouragea le Sud alors qu'elle suscita une vive protestation de la part de l'administration Lincoln. Quand deux représentants confédérés furent arrêtés par les autorités de l'Union sur un navire à vapeur britannique, le Trent, en 1861, Lincoln les relâcha suite aux pressions exercées par les Britanniques. En 1863, en revanche, l'ancienne métropole accepta d'interdire la construction de navires de guerre confédérés dans les chantiers navals britanniques. La « diplomatie du coton » de la Confédération fut minée de plusieurs façons. Avant la déclaration de guerre, les fabricants de textile britanniques avaient stocké de grandes quantités de coton. Le Royaume-Uni et le nord des États-Unis, par ailleurs, étaient engagés dans un commerce réciproque très profitable, l'Union achetant des armes et des produits finis et le Royaume-Uni achetant le blé nordiste. Finalement, avec la proclamation d'émancipation, l'opinion publique à l'étranger soutint fermement la cause de l'Union. Tout cela, ajouté au tournant que prit la guerre après 1863, voua à l'échec la demande de reconnaissance et d'intervention étrangères que faisait la Confédération.
À la fin de la guerre, Lincoln et le Congrès précisèrent que leur seul objectif était de maintenir la suprématie de la Constitution et de préserver l'Union. Conscient du besoin de conserver la loyauté des États frontaliers esclavagistes, le Président fit preuve de beaucoup de prudence pour régler la question de l'esclavage, mais il ne put l'éviter. Non seulement les esclaves rejoignaient les lignes de l'Union et réclamaient leur liberté mais la main d'œuvre des esclaves représentait une valeur essentielle dans l'effort de guerre confédéré. De plus, les esclaves affranchis pouvaient s'enrôler dans l'armée de l'Union. À la fin de la guerre, quelque 186 000 hommes noirs, généralement recrutés ou conscrits dans les États esclavagistes, s'étaient battus du côté de l'Union. Le 6 août 1861, le Congrès adoptait un projet de loi sur la confiscation, qui demandait la saisie de tous les biens, esclaves compris, utilisés « en faveur de la rébellion ». Néanmoins, le statut juridique de ces esclaves resta incertain et la politique fédérale tergiversa pendant les dix-huit premiers mois de la guerre. La proclamation préliminaire d'émancipation, prononcée par Lincoln en septembre 1862, stipulait que, dès le 1er janvier 1863, dans les États ou portions d'États toujours engagés dans la rébellion, les esclaves seraient « pour toujours libres ». Malgré le sursis accordé au Sud, Lincoln pensait qu'il serait fort improbable que les États confédérés rejoignissent l'Union. Néanmoins, en partie pour apaiser un public nordiste sceptique, Lincoln avait clairement dit que la préservation de l'Union, et non l'abolition de l'esclavage, restait son principal objectif. Lorsque, par la suite, il émit la proclamation d'émancipation, Lincoln la défendit par des arguments de nécessité militaire ; l'émancipation, déclara-t-il, affaiblirait les forces productives de la Confédération et, ainsi, accélérerait la fin de la guerre. Le Tennessee et les États frontaliers loyaux et esclavagistes furent exclus de la proclamation alors que furent désignées des portions de la Louisiane, de la Virginie et de la Virginie-Occidentale. Le 13e amendement à la Constitution, qui abolissait l'esclavage sur l'ensemble du territoire des États-Unis, fut ratifié en décembre 1865. Lorsque le Tennessee, la Louisiane et la Caroline du Nord furent quasiment sous le contrôle des armées nordistes, Lincoln nomma des gouverneurs militaires pour ramener ces États dans l'Union. Le 8 décembre 1863, le Président émit une proclamation d'amnistie et de reconstruction. À l'exception des hauts dignitaires militaires et civils de la Confédération ou de ses États, tous les Sudistes qui prêteraient un serment de loyauté à la Constitution et jureraient d'obéir à la législation de temps de guerre et aux proclamations relatives à l'esclavage seraient amnistiés. Dès que 10 p. 100 de l'électorat de 1860 d'un État auraient respecté ces clauses, cet État serait en mesure de rédiger une nouvelle Constitution, d'élire de nouveaux officiers d'État et d'envoyer des représentants au Congrès. Ce plan devint la base du programme présidentiel de la Reconstruction, qui fit se confronter âprement au Congrès Lincoln avec les républicains qui réclamaient une protection pour les esclaves affranchis et une reconstruction plus ambitieuse.
En termes de destruction et de pertes humaines, la guerre de Sécession fut la plus coûteuse de l'histoire du peuple américain. À la fin de la guerre, 620 000 hommes avaient été tués et largement autant avaient été blessés. Le Nord perdit au total 364 000 hommes (soit presque un soldat sur cinq) et le Sud en perdit 258 000 (soit presque un soldat sur quatre). Plus d'hommes moururent d'épidémies et de maladie que sur le champ de bataille, le rapport étant de quatre pour un. Les ravages furent limités dans le Sud où tous les combats avaient eu lieu. Richmond, Charleston, Atlanta, Mobile et Vicksburg étaient des champs de ruines. Dans la campagne par laquelle étaient passées les armées ennemies, il ne restait plus que les quatre murs des domaines de plantations, des fermes détruites, des ponts brûlés et des lignes de chemin de fer arrachées. De nombreuses récoltes furent détruites ou confisquées et le bétail massacré. Plus de 4 milliards de dollars avaient été engloutis par l'émancipation, le refus d'honorer les actions et la monnaie confédérées, la confiscation du coton et les dommages de guerre. La guerre trancha la question de la permanence de l'Union ; la doctrine de la sécession fut discréditée et, après 1865, les États trouvèrent d'autres moyens pour manifester leurs doléances. La guerre accrut l'autorité du gouvernement fédéral ; l'exécutif, en particulier, exerça une juridiction et des pouvoirs plus grands qu'à aucun autre moment de l'histoire de la nation. Le Congrès des États-Unis promulgua la plupart des lois contre lesquelles le Sud s'était si fortement opposé avant la guerre, notamment la loi agraire sur le homestead, les amples crédits budgétaires pour la modernisation de l'équipement et les droits de douane les plus élevés de l'histoire américaine à cette date. Du point de vue économique, la guerre encouragea la mécanisation de la production et l'accumulation du capital dans le Nord. L'équipement des armées nécessita la production de masse d'aliments industriels, de prêt-à-porter, de chaussures et, après la guerre, l'industrie reconvertit ce type de production à l'utilisation civile. En 1865, les États-Unis étaient sur la voie de devenir une grande puissance industrielle. Finalement, la guerre de Sécession donna la liberté à près de 4 millions de Noirs. Toutefois, les mentalités qui avaient accepté l'esclavage dans le Sud pendant plus de trois cents ans ne disparurent pas avec la guerre. Les questions non résolues pendant la Reconstruction recréèrent des tensions et des problèmes qui persistèrent tout au long du XXe siècle.
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