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Belgique

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Belgique : drapeau et hymneBelgique : drapeau et hymne
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6.8.4. 1
La coalition arc-en-ciel (1999-2003)

En juillet 1999, le roi Albert II désigne Guy Verhofstadt, président des Libéraux et démocrates flamands (VLD), pour former le nouveau gouvernement. Cette coalition arc-en-ciel réunit six partis, libéraux, socialistes et écologistes. Événement historique, les sociaux-chrétiens ne font pas partie du gouvernement (cela avait été le cas seulement entre 1954 et 1958) et les partis écologistes participent à l’exécutif fédéral. Il semble que le changement de majorité soit la conséquence de la « crise de la dioxine », enclenchée un mois avant les élections — il est révélé que les poulets d’élevage présentent un taux de dioxine anormalement élevé. Un embargo européen est immédiatement mis en place à l’encontre de la volaille, avant d’être étendu au porc et au bœuf. Les pertes nettes pour l’économie belge sont évaluées à 650 millions d’euros. Mis en cause pour négligence, les ministres de la Santé et de l’Agriculture démissionnent. À l’automne est instituée une commission d’enquête parlementaire afin de mettre au jour les dysfonctionnements ayant abouti à ce scandale emblématique des craintes liées à la sécurité alimentaire.

Les élections communales d’octobre 2000 révèlent en particulier la progression de l’extrême droite en Flandre : le Vlaams Blok (VB) recueille 10 % des voix dans la région flamande. C’est à Anvers, la deuxième ville de Belgique, que son score est le plus élevé (avec 33 %). En Wallonie, en revanche, l’extrême droite disparaît quasiment du paysage électoral.

Sous le gouvernement de coalition de Guy Verhofstadt, plusieurs lois symboliques de l’évolution des questions de société sont adoptées. En janvier 2000, le gouvernement légifère en faveur d’une régularisation massive des sans-papiers, tout en rétablissant un contrôle aux frontières afin d’éviter un afflux de demandeurs d’asile. De plus, en 2002, la Belgique est le second pays (après les Pays-Bas) à autoriser et l’euthanasie et le mariage des homosexuels. Par ailleurs, la participation des écologistes au gouvernement se traduit par le vote des députés à la fin de l’année d’une loi visant à sortir du nucléaire d’ici à 2025.

En juillet 2001, la Belgique reprend le flambeau de la présidence de l’Union européenne (UE) pour six mois, et ce pour la onzième fois de son histoire. Elle a principalement pour mission d’accompagner l’introduction de la monnaie unique, qui se déroule à partir du 1er janvier 2002 dans d’excellentes conditions.

6.8.4. 2
La coalition violette (2003-2007)

Les élections législatives de mai 2003 voient la victoire des libéraux et des socialistes (respectivement 49 et 48 sièges sur les 150 dont dispose la Chambre des représentants). Les sociaux-chrétiens, toujours en régression, perdent 3 sièges (29), les écologistes subissent une lourde défaite (4 sièges au total), tandis que l’extrême droite flamande continue sa progression en remportant 18 sièges. À la suite de ces élections, Guy Verhofstadt est reconduit par le roi Albert II dans sa fonction de Premier ministre. Le nouveau gouvernement qu’il met en place est composé de libéraux et de socialistes : c’est la « coalition violette ».

En février 2004, après la Norvège, le Danemark, la Suède, l’Irlande et les Pays-Bas, la Belgique accorde aux étrangers non-Européens résidant dans le pays depuis cinq ans le droit de vote pour les élections municipales. Cette loi met au jour les dissensions au sein de la majorité violette, notamment entre libéraux wallons et flamands, ces derniers craignant que cette mesure participe à la montée de l’extrême droite en Flandre.

Après huit années d’instructions, trois mois de procès et l’audition de plusieurs centaines de témoins, l’« affaire Dutroux » qui bouleverse la Belgique depuis les années 1990 trouve sa conclusion en juin 2004 : Marc Dutroux, déclaré coupable (d’enlèvements, séquestrations, tortures, viols, meurtres), est condamné à la réclusion à perpétuité.

La coalition violette engage de nombreuses réformes sociales sur l’adoption d’enfants par des couples du même sexe, l’avortement, l’euthanasie ou le divorce. À partir de 2005, nouant les tensions entre néerlandophones et francophones, la question du statut de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde devient centrale. Récurrente depuis 1963, elle est liée aux facilités linguistiques accordées à la population francophone dans les communes situées à la périphérie de Bruxelles, en territoire flamand. Dans ce contexte, la diffusion en décembre 2006 d’un documentaire-fiction annonçant la déclaration unilatérale d’indépendance de la Flandre provoque une vive émotion dans le pays.

6.8. 5

Crise politique et constitution du gouvernement Leterme

Les élections législatives de juin 2007 se déroulent dans ce contexte, marqué par le débat sur l’avenir institutionnel et fédéral de la Belgique. Elles sont remportées par la droite et l’extrême droite flamande, à savoir d’une part par les démocrates-chrétiens flamands du CD&V, emmenés par Yves Leterme, ministre-président de Flandre, alliés à la Nouvelle alliance flamande (N-VA), séparatiste, et d’autre part, par le Vlaams Belang (VB), successeur du Vlaams Blok. Très populaire auprès des néerlandophones, Yves Leterme inquiète les francophones par sa volonté d’accentuer la fédéralisation de la Belgique. Un accord de gouvernement entre les partis francophones et néerlandophones est donc particulièrement difficile à trouver, tandis qu’une alliance avec l’extrême droite est exclue. Cette situation plonge le pays dans plusieurs mois de crise politique, qui se cristallise autour d’un hypothétique éclatement de la Belgique. Yves Leterme ayant échoué à deux reprises à former un gouvernement, Guy Verhofstadt est chargé au mois de décembre de former un gouvernement intérimaire. Plus de neuf mois après les élections, Yves Leterme prend finalement en mars 2008 la direction d’un gouvernement de coalition entre cinq partis : démocrates-chrétiens (CD&V et CDH) et libéraux (VLD et MR), flamands et francophones, et socialistes francophones (PS).

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