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BelgiqueArticle
Plan de l'article
Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
La circulation des biens a toujours été l’un des moteurs de l’économie belge. Les principales voies d’accès à la mer sont constituées par les estuaires de l’Escaut et de la Meuse, qui se trouvent aux Pays-Bas. Bien que située à plus de 80 km de la mer, Anvers, sur l’Escaut, est le deuxième port d’Europe et doit bénéficier de projets d’agrandissement. Les fleuves de Belgique sont reliés par un réseau très dense de canaux. La longueur totale des canaux et des cours d’eau navigable représente environ 1 600 km. Outre les voies navigables, la Belgique possède 150 567 km de routes et 3 542 km de voies ferrées. Le réseau de chemin de fer belge, qui appartient à l’État et non pas aux régions, est le plus dense du monde. Bruxelles, la capitale, est un nœud ferroviaire du Thalys (un train à grande vitesse), entre Paris, Ostende, Amsterdam et Cologne. En ce qui concerne le transport aérien, la faillite de la compagnie nationale Sabena en novembre 2001, dans le sillage de Swissair, a constitué un véritable traumatisme en Belgique.
La Belgique doit son nom aux Belgae, des peuples celtes qui s’installent sur le territoire entre le ive et le iie siècle av. J.-C. Dans un premier temps, ils opposent une farouche résistance à l’occupation romaine, en particulier lors de la bataille de Solesmes (57 av. J.-C.). En 54 av. J.-C., ils se rebellent, mais sont finalement soumis trois ans plus tard par Jules César. Sur le territoire de la Belgique actuelle, la Belgica, qui s’étend du nord de la France aux Pays-Bas et à une partie de la Suisse, les Romains créent trois provinces : au nord, la Germanie Seconde, à l’est, la Belgique Première et à l’ouest, la Belgique Seconde. À cette époque, l’agriculture et le commerce se développent, de nombreuses routes sont construites ; Tournai (Turnacum) et Tongres (Aduatuca) deviennent de véritables centres urbains. Au ive siècle, des tribus germaniques, les Francs Saliens, occupent les bouches de l’Escaut, la région de la Meuse et les bords du Rhin. Alliés à Rome, ils profitent des invasions des peuples barbares (Suèves, Vandales et Alains) pour s’emparer de Tournai, qui devient leur capitale, et pour pénétrer en Gaule. La domination franque des Mérovingiens succède à celle de Rome en Europe occidentale. Dès cette période, le particularisme entre le Nord et le Sud se dessine : au nord, les Francs fondent ce qui va devenir la Flandre ; au sud et au sud-est, ces mêmes Francs se fondent dans l’élément gallo-romain, numériquement plus important, et donnent naissance à la Wallonie. Depuis cette époque, la frontière linguistique entre les deux communautés, suivant une ligne est-ouest reliant Visé à Mouscron, en passant par le sud de Bruxelles, n’a pas varié. L’évangélisation commencée du temps de l’Empire romain se poursuit. Les moines donnent une impulsion majeure aux défrichements (les Kempen du Brabant) et les forêts des Ardennes abritent des centres monastiques comme Saint-Hubert ou Stavelot, fondé par Sigebert, roi d’Austrasie.
Rattachées à l’Empire carolingien par Charlemagne, les régions belges sont démembrées lors de la partition du royaume franc avec le traité de Verdun en 843. La Francia occidentalis de Charles le Chauve (qui va devenir la France) reçoit la Flandre germanique tandis que les régions wallonnes sont intégrées à la Lotharingie germanique (futur Saint Empire romain germanique). Ce premier partage est suivi de deux autres traités : celui de Meerssen en 870 et celui de Ribemont en 880. Parcourue de voies d’eau facilement navigables, la Belgique subit dès cette époque les assauts des Vikings. Moitié marchands, moitié pillards avec leurs drakkars de très faible tirant d’eau, ils remontent les cours d’eau et mettent à sac le territoire belge, ainsi que le nord de la France. Ils ne sont définitivement repoussés qu’en août 891 par Arnulf de Carinthie. À la même époque, à l’extrême ouest, naît le comté de Flandre, qui se place dans la mouvance française.
Avant même l’an 1000 se profile cette expansion démographique et économique qui dure jusque vers 1350 en Flandre et en Wallonie. Sur le plan politique, les principautés indépendantes et les seigneuries se multiplient au ixe et xe siècles. La Lotharingie est divisée entre la Haute-Lotharingie (ou Lorraine) et la Basse-Lotharingie (ou Lothier). Au comté de Flandre s’ajoutent le comté de Hainaut, de Namur et de Luxembourg, ainsi que les duchés du Brabant et de Limbourg, la seigneurie de Malines et la principauté de Stavelot. L’évêché de Liège est une principauté indépendante. L’unification de ces territoires est réalisée avec les comtes de Flandre ; en particulier grâce à l’action de Philippe d’Alsace (1168 à 1191), qui institue un véritable État. Cette période marque l’apogée de la Flandre, qui cherche à se démarquer de la France (bataille de Bouvines en 1214), étend ses territoires et participe activement aux croisades.
À partir du xiie siècle, l’essor économique des villes conduit, comme en Italie, à la formation de communes. Les privilèges et franchises des cités marchandes (Bruges a le monopole de la laine, Gand celui du blé, Damme celui du commerce du vin et du sel avec toute l’Europe du Nord) principalement économiques se transforment en franchises politiques. Liège et les cités flamandes revendiquent les libertés politiques et les villes de Flandre deviennent des États. L’essor communal repose sur le développement du commerce et de l’industrie qui vont engendrer une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie urbaine. La richesse de cette civilisation marchande, qui donne naissance à une culture flamande autonome, est de nature à exciter bien des convoitises, notamment celles des rois de France. Ainsi, Philippe IV le Bel tente d’annexer la Flandre lors de la bataille des Éperons d’or en 1302, mais les populations résistent. Par le pacte de 1339, les pays de Flandre, de Brabant-Limbourg et de Hainaut sont réunis. Régulièrement, la France continue à intervenir sans pour autant arriver à ses fins. La Flandre demeure indépendante pendant la guerre de Cent Ans, mais sa destinée est désormais liée à celle de la Bourgogne.
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