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Belgique

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Belgique : drapeau et hymneBelgique : drapeau et hymne
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6.2. 3

L’hégémonie bourguignonne

En effet, le dernier comte de Flandre, Louis le Mâle, a donné sa fille Marguerite en mariage au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. À sa mort, en 1384, la Flandre est alors rattachée à la Bourgogne, donnant naissance aux Pays-Bas bourguignons qui vont se dresser contre la France au milieu du xve siècle. Une politique patrimoniale habile permet au duché de fonder un État puissant avec ses propres institutions, situé entre la France et l’Allemagne. En 1435, le traité d’Arras met fin au conflit franco-bourguignon. Le duc Philippe le Bon poursuit la politique d’expansion de ses prédécesseurs : il annexe le comté de Namur (1421), le duché de Brabant-Limbourg (1430), puis les comtés de Hainaut, de Zélande, de Hollande, de Fride, le duché de Luxembourg (1441), et la principauté de Liège (1456). Le xve siècle est également marqué par l’épanouissement de la culture et des arts (voir primitifs flamands). Cet essor est cependant interrompu par la mort, en 1477, du dernier souverain bourguignon, Charles le Téméraire.

6.3

La Belgique des Habsbourg

6.3. 1

Les Habsbourg d’Espagne

Par son mariage avec Maximilien de Habsbourg en 1477, Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, fait passer les territoires de l’actuelle Belgique aux mains des Habsbourg. À la même date, elle accorde l’autonomie aux provinces flamandes par la charte du Grand Privilège.

Élu empereur en 1493, Maximilien Ier marie son fils, Philippe le Beau, à Jeanne la Folle, la fille des Rois catholiques espagnols. De cette union naît à Gand, le 24 février 1500, un héritier mâle : Charles. En 1506, Charles monte sur le trône d’Espagne ; en 1516, il devient empereur romain germanique, sous le nom de Charles Quint et se trouve à la tête d’un formidable empire encerclant la France. En novembre 1549, il décrète l’union définitive des dix-sept provinces des Pays-Bas bourguignons aux possessions d’Espagne. À ces provinces dotées de conseils, Charles Quint annexe Tournai, Utrecht, Overijssel, Groningue, Drenthe, la Gueldre et Zutphen. Son règne se caractérise par l’essor des centres urbains, en particulier celui du port d’Anvers qui favorise le développement industriel et financier de la ville. Cependant, entre 1539 et 1540, Charles Quint doit faire face à la révolte de Gand, à laquelle il impose une sévère répression.

6.3. 2

La crise de la Réforme et de la Contre-Réforme

Ayant abdiqué en 1555, Charles Quint laisse à son successeur Philippe II d’Espagne les dix-sept provinces. Espagnol, éduqué loin des Flandres, il ne parle aucune des langues nationales des provinces belges. Catholique intolérant, il s’aliène la population par son intransigeance religieuse et par sa politique de centralisation absolutiste qui heurte la noblesse. Face à l’essor de la Réforme protestante, Philippe II impose l’Inquisition et la Contre-Réforme.

6.3. 3

De la révolte à la division des Pays-Bas

La révolte des Pays-Bas débute en 1566. Le duc d’Albe, nommé gouverneur général, est chargé de réprimer l’insurrection. Il instaure des « conseils des Troubles » qui se révèlent être de véritables tribunaux d’exception. Les comtes d’Egmont et de Hornes sont exécutés, Guillaume d’Orange doit s’enfuir, et des milliers de Flamands s’exilent. La guerre civile s’étend. En novembre 1576, la ville d’Anvers est le lieu de pillages et de massacres, qui prennent le nom de Furie espagnole. Au même moment, un accord sur la pacification de Gand est conclu, mais il reste sans suite. La lutte contre les rebelles continue avec la nomination d’un nouveau régent, Alexandre Farnèse.

Le conflit évolue en 1579 avec la dislocation des dix-sept Provinces-Unies. En effet, le 6 janvier 1579, l’union d’Arras est signée, elle regroupe les provinces catholiques du Sud — correspondant à l’actuelle Belgique — fidèles à l’Espagne. Le 23 janvier, sept provinces du Nord, à majorité protestante, la Gueldre, la Frise, la Hollande, Groningue, l’Overijssel, Utrecht et la Zélande, déclarent à leur tour leur indépendance, en formant les Provinces-Unies des Pays-Bas, au sein de l’union d’Utrecht.

6.3. 4

Les Provinces-Unies

Philippe II continue sa politique et tente de reconquérir les provinces perdues. En 1609, alors que les deux camps sont épuisés, Philippe III d’Espagne signe une trêve de douze ans avec les rebelles et reconnaît l’indépendance des Provinces-Unies. Entre-temps, la guerre de Trente Ans (1618-1648) éclate. Les Provinces-Unies ont trouvé un puissant allié pour s’opposer à la politique espagnole en la personne des rois de France. En 1635, les Hollandais et les Français unissent leurs forces pour démembrer les Pays-Bas espagnols, mais ils ne parviennent pas à en déloger les Espagnols.

Finalement, les victoires françaises et hollandaises forcent le roi d’Espagne, Philippe IV, à accepter de signer une paix séparée avec les Hollandais en 1648. Le Sud, constitué par la Belgique et le Luxembourg actuels, reste sous domination espagnole. Le traité de Münster qui, avec les autres traités de Westphalie, met fin à la guerre de Trente Ans donne Maastricht aux Hollandais, et l’Espagne accepte la fermeture de l’Escaut. Traversant le territoire hollandais, le fleuve a toujours été la seule voie d’accès à la mer du port d’Anvers. La grande cité portuaire et commerciale entre alors dans une phase de déclin.

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