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Résultats avec Windows Live® Search Shaw, George BernardArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un autodidacte ; Le romancier, réformateur socialiste et critique ; Le dramaturge satirique et la comédie sérieuse ; Les valeurs humanistes
Shaw, George Bernard (1856-1950), auteur dramatique, satiriste et critique irlandais.
Né à Dublin dans une bonne famille protestante d’origine anglo-écossaise, George Bernard Shaw eut cependant à grandir, avec ses deux sœurs, entre une mère cantatrice amateur et un père alcoolique et professionnellement médiocre. Dans ce milieu de relative indigence, il éduque lui-même son goût artistique, notamment dans le domaine de la musique, mais aussi dans ceux des lettres et des arts plastiques. À vingt ans, il quitte l’Irlande pour Londres et y rejoint sa mère et sa sœur aînée, qui s’y sont installées quelques années plus tôt.
Dans la capitale anglaise, Shaw écrit à partir de 1879 (avec Immaturité [Immaturity], qui sera publié en 1930) cinq romans, sans toutefois trouver d’éditeur. Ces œuvres abordent déjà certains des thèmes sociaux qui seront développés dans ses pièces, par exemple l’attitude de l’homme face au mariage. C’est en tout cas une époque de peu de succès pour l’écrivain, qui fréquente assidûment les bibliothèques, devient végétarien, s’abstient de fumer et de boire, et surtout se laisse gagner aux idées socialistes (notamment par la lecture de Marx), qu’il défendra toute sa vie. Rejoignant les intellectuels de la Société des Fabiens (Fabian Society) en 1884, Shaw, dans ce cadre, remplit l’office de porte-parole, fait des rencontres importantes (Webb, MacDonald…) et commence à critiquer l’époque capitaliste. La réforme — de la société et des instances qui la régissent — lui apparaît comme la solution à privilégier, de préférence à la révolution ; il le fait savoir dans ses nombreuses prises de position d’alors, ainsi ses Essais fabiens sur le socialisme (Fabian Essays on Socialism, 1889). C’est aussi le moment (1885) où Shaw s’affirme comme critique d’art (arts plastiques, théâtre, musique et plus particulièrement opéra) par le biais d’articles dans plusieurs journaux et revues, dont The World et le Saturday Review ; il s’engage notamment en faveur de novateurs tels le Norvégien Henrik Ibsen (la Quintessence de l’ibsénisme [The Quintessence of Ibsenism], 1891) ou l’Allemand Richard Wagner (le Parfait Wagnérien [The Perfect Wagnerite], 1898).
Après ces débuts difficiles, Shaw trouve un mode d’expression privilégié dans le théâtre : malgré la publication de quelques œuvres en prose de 1892 à sa mort — ainsi, en 1928, le Guide de la femme intelligente en présence du socialisme et du capitalisme (The Intelligent’s Woman Guide to Socialism and Capitalism) —, il écrit avant tout plus de cinquante pièces, qu’il enrichit à l’aide de préfaces détaillées et d’abondantes didascalies. Ses indications scéniques, ses mises en contexte, ne rendent cependant pas moins intéressantes les pièces elles-mêmes et les idées qui les sous-tendent : le socialisme réformateur, le principe de la « force vitale » inspiré de Darwin, etc. Par ailleurs, si nul ne met en doute le sens de l’humour dont fait preuve Shaw, c’est le sérieux qui préside à l’élaboration de ses pièces : il défend l’emploi d’une « méthode authentiquement scientifique » tant dans l’écriture du texte que dans la rédaction des préfaces. Ainsi, chaque pièce repose sur une thèse sociale, elle-même issue d’une analyse minutieuse de la société. De cette façon, c’est au travers d’un théâtre satirique, ironique, que l’auteur traite de sujets graves : délaissant la comédie de mœurs, l’adultère bourgeois, le conventionnel « conflit des passions », il privilégie la comédie d’idées. Alors que ses contemporains (Pinero, Jones…) ne parviennent pas à renouveler le drame réaliste, Shaw écrit L’argent n’a pas d’odeur (Widower’s Houses, 1892), où, dans la veine d’Ibsen, il dénonce les propriétaires de taudis. On y décèle les fondements de sa dramaturgie polémique : d’une situation en principe tragique (un jeune homme apprend que la fortune de son futur beau-père provient d’un parc immobilier douteux), Shaw passe à une exploitation du thème pleine d’ironie et insiste sur la critique sociale plutôt que sur une étude de caractères. Les mêmes éléments dramatiques se retrouvent dans la Profession de Mrs. Warren (Mrs. Warren’s Profession, pièce écrite en 1893 mais censurée et non représentée avant 1902) : lorsque Vivie Warren, jeune fille de bonne éducation, découvre que sa mère, ancienne prostituée, contrôle de nombreuses maisons closes, ce n’est pas tant sur sa situation personnelle que la comédie se concentre — ce que ferait le drame pour un public tout prêt à compatir — que sur le fléau social dénoncé. Les spectateurs se trouvent ainsi « obligés d’affronter les vérités déplaisantes », mais non de manière constante : Shaw réunit en effet dans les Pièces plaisantes et déplaisantes (Plays, Pleasant and Unpleasant, 1898) des satires sociales et des comédies plus légères — dont les préoccupations critiques ne sont néanmoins jamais absentes. C’est le cas avec les nombreuses pièces qui suivent, par exemple Pygmalion (1912), adapté plus tard sous forme de comédie musicale (1956) et porté à l’écran par George Cukor sous le titre My Fair Lady (1963). Cette histoire d’une fleuriste éduquée par un professeur de phonétique en vue de devenir une dame de la haute société non seulement constitue une satire acerbe des classes anglaises, mais propose également de mémorables scènes drolatiques — que l’on songe seulement à Eliza Doolittle apparaissant en public avec un accent impeccable mais une maîtrise inexistante de la conversation mondaine. Shaw publie encore énormément : César et Cléopâtre (Caesar and Cleopatra, 1901), l’Homme et le Surhomme (Man and Superman, 1903), Mésalliance (Misalliance, 1910)… À l’exception de quelques-unes de ses dernières pièces, son œuvre est encore abondamment jouée un demi-siècle après sa mort.
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