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Grappelli, Stéphane

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Stéphane GrappelliStéphane Grappelli

Grappelli, Stéphane (1908-1997) violoniste, pianiste, compositeur de jazz français.

Né à Montmartre, élevé par un père italien émigré qui lui offre son premier violon (dont il apprend à jouer en autodidacte), Stéphane Grappelli « fait la manche » à quatorze ans avec son instrument dans les rues et les cours d’immeubles du quartier. Il perfectionne sa technique dans des orchestres de cinéma avant d’être engagé en 1927 dans la formation de Grégor et ses Grégoriens dans laquelle il remplace de temps en temps le pianiste. L’événement déterminant de sa carrière se produit en 1931 lorsqu’il rencontre Django Reinhardt. Ensemble, ils fondent en 1934 le Quintette du Hot-Club de France, groupe uniquement constitué d’instruments à cordes. Le succès est immédiat, la formation devient rapidement l’emblème du jazz français et de nombreux disques sont gravés (notamment pour le label Swing, créé par Charles Delaunay), dont une Improvisation sur le premier mouvement du concerto enmineur de J. S. Bach (novembre 1937) à laquelle participe Eddie South (1904-1962), surnommé « l’Ange Noir du violon ».

La guerre provoque leur séparation ; Grappelli reste immobilisé à Londres. Il se produit alors avec le pianiste George Shearing et retrouve Django Reinhardt en 1946 dans des studios londoniens où ils enregistrent Echoes of France, une swinguante version de la Marseillaise. Le quintette renaît pour un temps mais, en 1947, Grappelli entreprend une carrière de soliste qui le mène dans les plus grands festivals mondiaux dont Newport en 1969, Montreux en 1973 et Antibes-Juan-les-Pins à plusieurs reprises. Après sa prestation triomphale au Carnegie Hall de New York, il se produit de plus en plus régulièrement avec les grands noms du jazz et de la musique dite classique. Fasciné par l’homme et par sa musique, il joue en duo avec le violoniste classique Yehudi Menuhin. Il forme de nombreux trios ou quartettes, notamment avec des partenaires réguliers comme le pianiste Marc Hemmeler, le guitariste Marc Fosset et les contrebassistes Jack Sewing, Patrice Caratini, Jean-Philippe Viret.

Stéphane Grappelli n’a cessé au cours de ses soixante-dix ans de carrière de séduire et d’enflammer les foules du monde entier avec son violon magique, tout en préservant la spécificité classique de son instrument. Sa complicité avec les guitaristes (après celle qu’il eut pour Django Reinhardt) est évidente, qu’il s’agisse de Barney Kessel, de Larry Coryell, de Philip Catherine, de Christian Escoudé ou de Marc Fosset en qui il trouve « le partenaire idéal ». Il lance et encourage aussi de jeunes confrères — qui reconnaissent en lui un maître — : Jean-Luc Ponty, Didier Lockwood, Dominique Pifarély, Pierre Blanchard, Hervé Cavelier, etc.

L’art d’improvisateur hors du commun de Stéphane Grappelli, son goût pour l’interprétation de standards qu’il transcende et son swing aérien restent intacts lors des nombreux concerts, des incessantes tournées et des récitals qu’il donne, notamment tous les cinq ans à l’occasion de ses anniversaires (75, 80 et 85 ans). Il affirme un langage original, dégagé des canons stylistiques strictement américains, qui emprunte, comme celui de son camarade Django Reinhardt, les sonorités de la musique tsigane et du musette.

Également pianiste au jeu délicat qui reflète parfaitement ses affinités avec les musiques de Ravel et Debussy, le violoniste Grappelli aime rencontrer des créateurs tels que Martial Solal (Happy Réunion, 1980), McCoy Tyner (1990) ou Michel Petrucciani (Flamingo, 1996).

Alors qu’il allait avoir 90 ans, celui dont Claude Nougaro a dit : « Stéphane Grappelli, le son de votre nom, c’est déjà la musique » se produit à New York pour la dernière fois, peu avant sa disparition.

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