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Plan de l'article
Évangile, l'un des quatre récits de la vie et des enseignements de Jésus-Christ qui viennent en tête du Nouveau Testament (voir Bible). Le mot évangile est une transcription du grec Evangelion (« bonne nouvelle »). Les quatre Évangiles furent écrits en grec. Les auteurs utilisèrent des sources araméennes et grecques plus anciennes, transmises oralement d'abord par les apôtres, puis par les premières communautés chrétiennes. Les Évangiles représentent un genre littéraire nouveau et original.
Chaque Évangile fut écrit dans le cadre d'une des premières communautés chrétiennes. Un Évangile n'est pas le résultat d'une enquête historique, mais un témoignage de croyants sur la vie de Jésus, concernant les problèmes qu'une communauté chrétienne avait à résoudre. Ainsi, l'Évangile selon saint Matthieu s'adresse à des chrétiens d'origine juive, qui n'avaient pas les mêmes questions que les Grecs convertis auxquels s'adresse l'Évangile selon saint Luc. Cela explique le caractère particulier de chaque Évangile. La diversité des quatre Évangiles explique l'impossibilité d'écrire une vie de Jésus selon les critères de l'histoire moderne. Des tentatives diverses ont été entreprises (par exemple, Renan dans la Vie de Jésus, au XIXe siècle, ou en 1994, Jacques Duquesne dans Jésus), mais elles sont peu satisfaisantes au regard de la richesse des quatre Évangiles.
Les trois premiers Évangiles (Évangile selon saint Matthieu, Évangile selon saint Marc et Évangile selon saint Luc) sont dits Évangiles synoptiques parce qu'ils donnent la même représentation générale de la vie et de l'enseignement de Jésus. Ils relatent à peu près les mêmes événements et les mêmes paroles et s'accordent souvent sur l'ordre des épisodes. Dans de nombreux cas, ils utilisent des expressions identiques. Actuellement, la plupart des spécialistes considèrent que l'Évangile selon saint Marc est le plus ancien et a fourni à Matthieu comme à Luc une grande partie des éléments narratifs ainsi que le cadre de leurs Évangiles. Un recueil de paroles (avec quelques récits) de Jésus, qui pourrait avoir été écrit en araméen, fut le second grand document ou source employé par Matthieu et Luc (certains spécialistes contestent le fait qu'il s'agisse d'un seul document). Il aurait fourni la matière qui manquait dans l'Évangile selon saint Marc. Il est généralement désigné par la lettre Q (allemand Quelle, « source »), mais parfois Logia (grec « mots » ou « paroles »). Les auteurs des Évangiles selon saint Matthieu et selon saint Luc pourraient également avoir puisé à d'autres sources qui leur seraient propres. Cette hypothèse rend assez bien compte des différences et des points communs entre les trois Évangiles synoptiques.
L'Évangile attribué à Jean l'Évangéliste diffère à de nombreux égards des Évangiles synoptiques. Plusieurs événements mentionnés dans cet Évangile ne figurent pas dans les synoptiques (par exemple, la rencontre de Jésus et de la Samaritaine ou la résurrection de Lazare) et de nombreux épisodes des synoptiques n'apparaissent pas dans l'Évangile selon saint Jean. De plus, certains épisodes communs sont situés à des endroits différents dans le récit de Jean : l'épisode des vendeurs chassés du Temple, par exemple, se trouve presque au début (II, 13-25), alors que, dans les synoptiques, il intervient après l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Mais surtout, Jean donne des dates différentes pour la Cène (voir Eucharistie) et la crucifixion de Jésus : les deux ont lieu avant la Pâque juive pour Jean, alors que, pour les synoptiques, la Cène est le repas de la Pâque que Jésus prend avec ses apôtres. De plus, dans l'Évangile de Jean, le ministère public de Jésus est décrit comme durant plus de deux ans, alors que, pour les synoptiques, il aurait duré un an environ. L'auteur de l'Évangile selon saint Jean avait en outre un point de vue différent : dans son Évangile, Jésus passe une grande partie de son temps en Judée, se rendant souvent à Jérusalem ; les Évangiles synoptiques situent son ministère public en Galilée et dans les environs, avec un seul séjour à Jérusalem. Enfin, la forme et le contenu de l'enseignement de Jésus sont différents dans l'Évangile de Jean. Les Évangiles synoptiques le présentent comme un recueil de paraboles et de sentences. L'auteur de l'Évangile de Jean, pour sa part, le présente sous forme de longs discours ou discussions allégoriques ou méditatifs ; par exemple, ceux sur le bon Pasteur (chapitre X) et sur la Vigne (chapitre XV). Au cours de quelques-uns de ces discours, Jésus emploie des métaphores concises, dans lesquelles il se définit : par exemple, « Je suis le pain de vie » (6-35) ; « Je suis la lumière du monde » (8-12) ; « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (14-6). Dans l'Évangile de Jean, Jésus affirme beaucoup plus clairement sa relation à son Père et sa nature divine, alors que les Évangiles synoptiques soulignent plutôt la vocation messianique de Jésus et s'attardent plus sur les questions religieuses et éthiques de la vie quotidienne. Les spécialistes contemporains s'accordent pour dire que l'Évangile de Jean aurait été écrit après les Évangiles synoptiques. Ceux-ci dateraient des années 65 à 80, tandis que l'Évangile de Jean aurait été écrit à la fin du Ier siècle. Mais la question de savoir si l'auteur de l'Évangile de Jean connaissait les Évangiles synoptiques et s'en est servi comme source suscite d'importantes controverses.
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