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Juifs

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Fouquet (Jean), Destruction du Temple par les RomainsFouquet (Jean), Destruction du Temple par les Romains
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Le royaume

Avec l’accession au trône de Saül, le premier roi hébreu, vers 1020 av. J.-C., on peut commencer à parler d’un royaume d’Israël et d’un véritable État israélite. Le royaume atteignit son apogée sous David et Salomon, les successeurs de Saül.

3.1

Le royaume de David

Dans la tradition juive, la figure de David vient immédiatement après celle de Moïse. On le considère comme le véritable fondateur d’Israël, l’instaurateur du système politique et religieux promis au Sinaï. Il prit Jérusalem aux Jébuséens et en fit sa capitale. Sous son règne, les armées d’Israël brisèrent la puissance philistine et conquirent Édom, Moab et Ammon. David organisa le culte religieux, fixa le rôle des prêtres, établit l’autorité de la religion d’Israël sur l’État. À sa mort, tous les pays voisins du royaume étaient vassalisés ou liés par des traités d’amitié.

3.2

Le royaume de Salomon

Fils et successeur de David, Salomon est resté célèbre pour la construction du Temple de Jérusalem, symbole de la gloire et de la puissance d’Israël.

Salomon utilisa sa puissance pour réformer et unifier l’administration du royaume ; il encouragea le commerce en protégeant les routes commerciales reliant l’Afrique, l’Asie, l’Arabie et l’Asie Mineure. Il sut user des trésors laissés par son père, préférant la diplomatie à la guerre ; il contribua ainsi à renforcer la position du royaume, en épousant des princesses issues de dynasties de plusieurs royaumes voisins.

Cependant, son gigantesque programme de construction, attesté par les ruines de Megiddo (Israël), ainsi que son comportement personnel finirent par se révéler coûteux. Les corvées et le poids des impôts suscitèrent le mécontentement populaire. Édom et Damas se soulevèrent contre l’autorité royale et se libérèrent de la domination israélite. La façon de vivre de Salomon, luxueuse et si différente des traditions rigoureuses des nomades, provoqua aussi des oppositions et aboutit à la division du royaume après sa mort, vers 922 av. J.-C.

3.3

La division du royaume

À la mort de Salomon, Jéroboam, un ancien officier de Salomon, rentra d’Égypte, où il s’était exilé après l’échec d’un complot contre le roi. Les réformes de l’État qu’il exigea de Roboam, fils et successeur de Salomon, furent rejetées. Dans le conflit qui s’ensuivit, Jéroboam reçut le soutien du pharaon d’Égypte Chéchonq Ier (946 à 913 av. J.-C., appelé Shishak dans la Bible), qui envahit et pilla le royaume de Roboam et le Temple. Le royaume fut alors divisé. Jéroboam devint roi du nord de l’ancien royaume, appelé royaume d’Israël ; selon la tradition, il regroupait toutes les tribus sauf Juda et Benjamin. Roboam continua de régner sur le sud du royaume, appelé royaume de Juda ; réduit à 775 km2, ce n’était plus qu’une puissance secondaire. Des sanctuaires concurrents de Jérusalem furent établis au nord, à Dan et à Béthel. Les deux royaumes, en dépit de leurs liens, menèrent des politiques distinctes, qui purent aller jusqu’à l’affrontement.

L’histoire des deux siècles suivants est celle des conflits incessants entre les petits États d’Israël : Juda, Moab, Édom et Damas. Au début du IXe siècle av. J.-C., le royaume d’Israël atteignit une certaine puissance sous le règne d’Omri (876 à 869 av. J.-C.), le bâtisseur de la capitale, Samarie, vers 870 av. J.-C. Mais sous son fils Achab, Israël fut secoué par une violente querelle religieuse : son épouse Jézabel, princesse phénicienne, voulut introduire son dieu Baal dans la religion d’Israël. Cette tentative, jointe à sa volonté de renforcer l’autorité royale, dans un univers où religion et politique étaient étroitement imbriquées, suscita une violente réaction populaire.

Le mouvement des prophètes s’employa à réveiller la conscience religieuse du peuple en prêchant le retour aux principes austères et démocratiques du désert : Élie, Élisée, Amos et Osée au nord, Michée et le premier Isaïe au sud, dénoncèrent l’idolâtrie et le luxe des gouvernants.

À partir du VIIIe siècle av. J.-C., l’Assyrie, qui avait reconstitué sa puissance au Proche-Orient, étendit sa menace à des États ainsi affaiblis par leurs conflits incessants et les troubles religieux.

Depuis environ un siècle, l’Assyrie tentait de reconquérir la Palestine. En 853 av. J.-C., une première invasion assyrienne, menée par Salmanasar III (859 à 824 av. J.-C.), se heurta lors de la bataille de Karkar à une coalition de petits États, menée par le roi de Damas Ben-Hadad et dans laquelle se trouvait Israël. L’Assyrie n’en continua pas moins de harceler les royaumes de Palestine. En 734 av. J.-C., le roi assyrien Teghlat-Phalasar III (745 à 727 av. J.-C.) envahit et conquit le royaume d’Israël ; la forteresse de Samarie résista encore jusqu’en 722-721 av. J.-C., puis le royaume d’Israël fut détruit et ses habitants déportés : ce furent les « tribus perdues ». Selon la tradition juive, Samarie fut repeuplée par des immigrés originaires de Mésopotamie, qui adoptèrent la religion israélite et donnèrent naissance aux Samaritains. Bien qu’il dépendît des Assyriens, le royaume de Juda conserva formellement son indépendance pendant encore cent trente-cinq ans.

3.4

Nabuchodonosor et la chute de Jérusalem

Durant cette période, l’Empire assyrien fut remplacé par l’Empire babylonien, issu des anciens Chaldéens. Le royaume de Juda ayant refusé de se soumettre à Babylone et cherchant un appui du côté de l’Égypte, le roi chaldéen Nabuchodonosor II envahit la Judée en 598 av. J.-C. et conquit Jérusalem. La plupart des nobles, des guerriers et des artisans judéens furent déportés à Babylone, et Nabuchodonosor installa un descendant de David, le roi Sédécias, sur le trône de Juda. En 588 av. J.-C., Sédécias se souleva contre Babylone et, deux ans plus tard, l’armée de Nabuchodonosor détruisit le royaume de Juda et rasa Jérusalem et le Temple. Tous les Judéens d’importance furent emmenés à Babylone. Un autre groupe s’enfuit en Égypte, emmenant avec lui le prophète Jérémie. Seuls les plus pauvres des paysans judéens demeurèrent dans le pays. La captivité babylonienne marqua la fin de l’indépendance politique de l’ancien Israël.

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