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    Le Paléolithique supérieur est la période de la Préhistoire qui est caractérisée par l’arrivée de l’ Homme moderne en Europe, le développement de nouvelles techniques ...

  • Le Paléolithique

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paléolithique

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2.3

Le paléolithique supérieur

Le paléolithique supérieur correspond en Europe à la disparition de l'homme de Neandertal, à l’apparition de l’homme moderne (Homo sapiens) et à la dernière période glaciaire. Il a débuté vers 35 000 ans avant notre ère et s'est terminé avec le réchauffement climatique autour de moins 10 500 ans. Il est caractérisé par la production et le perfectionnement d’une grande variété d’outils en pierre, en os, en bois de cervidés et en ivoire, notamment des propulseurs, des harpons et des aiguilles, souvent ornés de gravures. Les outils de pierre du paléolithique supérieur présentent toute une variété de formes sophistiquées (alènes, burins, racloirs, etc.). Ils sont fabriqués pour la plupart selon une technique très élaborée permettant une grande économie de matière première, à partir de lames et de lamelles (éclats longs, plats, étroits aux faces parallèles débités par percussion indirecte, c’est-à-dire en plaçant une pièce intermédiaire entre le percuteur et le plan de frappe du nucléus, plutôt que par percussion directe). Certaines périodes sont liées à la production de superbes objets de pierre comme les feuilles-de-laurier ou les feuilles-de-saule, des lames de silex de plusieurs dizaines de centimètres de long pour quelques millimètres d’épaisseur, dont on ne connaît pas la fonction précise (peut-être à des fins monétaires ou de prestige), et qui étaient produites en grand nombre au solutréen (19 000-16 000 avant notre ère) dans le sud-ouest de l’Europe.

Le paléolithique supérieur, qui a débuté en Europe il y a environ 35 000 ans, s’est achevé il y a environ 10 500 ans avec la fin de la période glaciaire dans l’hémisphère Nord. Il est divisé en de nombreuses cultures : le châtelperronien, l’aurignacien, le gravettien, le solutréen et le magdalénien.

3

Évolution culturelle

L’importance des outils de pierre au paléolithique est sans doute trompeuse : ils ont été conservés en raison de la permanence du matériau, mais leur abondance ne reflète pas nécessairement la réalité. Des études sur la manière dont les peuples actuels utilisent l’outillage de pierre et des observations réalisées en microscopie électronique ont permis de comparer les traces d’usure et les résidus subsistant sur des outils préhistoriques avec des spécimens modernes utilisés pour des tâches spécifiques sur divers matériaux. Les résultats ainsi obtenus tendent à démontrer que de nombreux outils de pierre étaient utilisés pour travailler le bois, et que le bois lui-même revêtait sans doute une importance considérable dans l’outillage paléolithique, ne serait-ce que pour servir de support ou complément aux parties en pierre des outils. On a d’ailleurs retrouvé quelques spécimens de bois, datant du paléolithique inférieur et moyen, comme une paire de pointes de lance en Europe, et une fine planche adroitement travaillée au Japon.

3.1

Les modes de vie

Au paléolithique, les hommes vivaient de chasse, de pêche et de cueillette, mais nous ne savons pas dans quelle mesure les premiers hommes du paléolithique inférieur (Australopithecus, Homo habilis et Homo erectus) ont vécu du produit de l'une ou l'autre de ces activités. À partir du paléolithique moyen, la chasse se développe véritablement avec la production d’outils plus spécialisés et avec l’émergence d’un esprit communautaire favorisant la chasse collective. Les animaux chassés étaient très variés : les herbivores comme le cheval, le bison, le cerf, le mouflon, le bouquetin, et, en Afrique, la faune de la savane, étaient chassés pour leur viande, tandis que les carnivores étaient plutôt recherchés pour leur fourrure. Les très grandes espèces, comme les mammouths, étaient probablement très peu chassées.

Les peuples paléolithiques présentaient un comportement nomade, suivant les déplacements des animaux en fonction de leurs migrations saisonnières. Ils pouvaient vivre dans des grottes, comme celle de Choukoutien (Zhoukoudian) en Chine, la caune de l’Arago à Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales, ou les grottes d’Arcy-sur-Cure dans l'Yonne, et dans des campements installés en plein air, comme les huttes de branchages construites sur l’ancienne plage de Terra Amata à Nice, aujourd'hui très au-dessus du niveau de la mer, ou les tentes de peaux des haltes de chasse de Pincevent en Seine-et-Marne. Au paléolithique supérieur, période de grande glaciation, des huttes très élaborées étaient construites à partir de centaines d’os de mammouths dans les steppes d’Europe de l’Est dépourvues d’arbres.

Le feu a vraisemblablement été maîtrisé il y a plus de 500 000 ans, et les foyers sont nombreux sur les sites du paléolithique moyen et supérieur. Grâce au feu, l’homme dispose de lumière, de chaleur, d’une arme contre les animaux et d’une méthode de cuisson pour ses aliments. Au paléolithique supérieur, le feu sert également à faire éclater les matériaux durs, comme les silex, à modifier la couleur des pigments minéraux et, dans certaines régions comme la Moravie et le Japon, à cuire des figurines et des récipients en argile.

Des peuples du paléolithique ont maîtrisé les techniques de navigation : des hommes ont atteint l’Australie il y a environ 55 000 ans, peut-être plus, ce qui signifie qu’ils avaient effectué une traversée en haute mer sur au moins 100 km, puisque l’Océanie n'était pas reliée au sud-est de l’Asie, même à l’époque où le niveau des eaux était bas.

3.2

Les pratiques funéraires

Les premières pratiques funéraires datent du paléolithique moyen. Toutefois, à Atapuerca, dans le nord de l’Espagne, on a découvert des vestiges d’une inhumation rudimentaire qui aurait eu lieu il y a 300 000 ans : près de 35 squelettes humains prénéandertaliens semblent avoir été placés dans une fosse. Aucun matériau ni outil n’a été retrouvé sur place (preuve qu’il ne s’agissait pas d’un campement), et l’absence d’os d’animaux ou de marques de charognards (ce qui aurait été le cas s’ils avaient été victimes de prédateurs) semble confirmer l’hypothèse d’un rite funéraire. Un squelette d’homme de Neandertal, dans la grotte de Shanidar (région kurde irakienne), a été découvert entouré de pollen, ce qui indique que des fleurs avaient été déposées autour de la tête du mort. C’est au paléolithique supérieur que les inhumations deviennent plus élaborées, les sépultures comportant de l’ocre rouge, des objets funéraires, et dans certains cas, des centaines de perles provenant certainement d'ornementations placées sur les vêtements ou les cheveux.

3.3

L’art

L’art se développe réellement au paléolithique supérieur, sur tous les continents, sous forme de gravures et de peintures pariétales, de modelages d’argile, de statuettes ou de gravures réalisées sur des ustensiles ou sur des plaquettes d’os, d’ivoire ou d’argile. Cependant, des formes d’art antérieures ont existé dès le paléolithique moyen et inférieur, comme en témoigne par exemple une figurine féminine datée de plusieurs centaines de milliers d’années, découverte à Berekhat Ram, en Israël.

Bien que l’art développé en Europe occidentale soit le plus étudié et le mieux connu, au travers en particulier des célèbres fresques des grottes Chauvet, de Lascaux, d’Altamira ou de Niaux (voir art paléolithique ; magdalénien), d’autres créations artistiques ont également été mises au jour sur les autres continents. En Australie, par exemple, on a découvert des pétroglyphes (gravures sur pierre) datés de plus de 40 000 ans, ainsi qu’un collier de coquillages de 32 000 ans. Les peintures de Pedra Furada, au Brésil, remontent à 12 000 ans, peut-être même 17 000 ans et plus. Enfin, des parures de coquillages (provenant très certainement de colliers ou de bracelets), découvertes au début des années 2000 en Afrique du Sud, dans la grotte de Blombos, situent l’invention par l’homme de la parure corporelle et de l’objet symbolique bien plus tôt : elles sont en effet vieilles de 75 000 ans.

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