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MaliArticle
Plan de l'article
Dans le secteur des services, le tourisme tend à occuper une place de plus en plus importante, même si son essor est ralenti par le manque d’infrastructures hôtelières et la difficulté des transports. Pays enclavé, le Mali souffre en effet des insuffisances de son réseau routier (18 700 km de routes en 2004 dont 3 300 bitumées), en cours de développement. Une part essentielle des transports est assurée par le fleuve Niger, navigable sur la majeure partie de son cours entre juillet et janvier. Le fleuve Sénégal est navigable de Kayes à Saint-Louis du Sénégal. Une voie ferrée relie Koulikoro, Bamako et Kayes au port de Dakar. Près de Bamako se trouve un aéroport international. L’unité monétaire est le franc CFA, divisible en 100 centimes et dévalué de moitié en janvier 1994. Elle est émise par la Banque centrale des États d’Afrique occidentale — durant la présidence de Modibo Keita, son premier chef de l’État, le Mali avait quitté la zone franc et créé sa propre monnaie, le franc malien. Les principales exportations concernent le coton, le bétail, les arachides et le poisson. Le pays importe essentiellement des produits pétroliers, des véhicules automobiles, des produits alimentaires, des machines et des produits chimiques. Les principaux fournisseurs du Mali sont la France, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ; à l’exportation, la Chine occupe une place prépondérante.
L’adrar des Iforas est riche en vestiges néolithiques, témoignant de l’époque (Ve millénaire avant notre ère) où le Sahara était une savane. Les migrations des populations sahariennes vers la vallée du Niger débutent au iiie millénaire alors que le climat se fait plus aride. À l’aube de notre ère, le delta intérieur du fleuve est déjà au cœur des échanges entre la savane et le désert. Les premières cités s’y développent, telle Jenné-Jeno (ou Djenné-Jéno), près de l'actuelle Djenné. Le commerce transsaharien du sel et de l’or fonde la prospérité de l’empire du Ghana, érigé par les Soninké, vers le ve siècle apr. J-.C., dans cette région du Soudan occidental, entre les fleuves Niger et Sénégal. En 1076, l’empire succombe sous les coups des Almoravides berbères, qui ont entrepris l’islamisation de l’Afrique occidentale. C’est à cette époque que les Bambara s’établissent dans la région. Au xiiie siècle, le Ghana, redevenu un royaume est absorbé par l’empire du Mali, qui contrôle les gisements aurifères du Haut-Sénégal-Niger et qui, à son apogée, sous le règne de Kankan Moussa, étend son influence sur toute la savane de l’Ouest africain, jusqu’à l’Atlantique. Djenné, Gao et Tombouctou commencent à devenir de grands centres commerciaux, artistiques et intellectuels de l’islam soudanais. Leur rayonnement s’accroît encore après que l’empire du Mali s’est effacé, au xve siècle, au profit du royaume de Gao. Les armées de Sonni Ali, puis d’Askia Mohammed diffusent l’islam à travers la savane et donnent à Tombouctou son rayonnement. Au maximum de son extension, le royaume de Gao, devenu l’Empire songhai, couvre la plus grande partie du Mali moderne, englobe à l’ouest des territoires de l’actuelle Guinée et étend son influence jusqu’à Kano, au nord du Nigeria. L’Empire est détruit par une expédition marocaine en 1591. Durant les xviie et xviiie siècles, le territoire malien est morcelé en plusieurs petits États, dont celui de Ségou fondé par les Bambara. Ces derniers, comme les Dogon, ont résisté à l’islamisation. Ils sont la cible de la guerre sainte menée, dans la seconde moitié du xixe siècle, par le chef musulman El-Hadj Omar, fondateur d’un empire toucouleur, s’étendant de Tombouctou jusqu’aux sources du Niger et du Sénégal — ce dernier, poursuivi par les Peul et les Bambara meurt en 1864, à Bandiagara.
La conquête française de la région est organisée par Joseph Gallieni, qui, à partir de 1880, mène des combats meurtriers contre les troupes de Samory Touré, chef de guerre malinké et fondateur d’un empire dans le Haut-Niger, et contre les Toucouleur, qui résistent au nord (siège de Médine contre les Français). En 1898, la conquête est achevée. Le Mali, une partie de la Mauritanie, du Burkina et du Niger actuels sont intégrés à l’Afrique-Occidentale française. En 1904, ces territoires forment la colonie du Haut-Sénégal-Niger, dont la capitale est Bamako. Elle devient, en 1920, le Soudan français après que la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina) en eut été détachée l’année suivante. La colonie fait l’objet d’une politique de valorisation économique, qui s’accompagne du recours au travail et à la conscription forcée. Toute activité politique est, en revanche, interdite aux colonisés jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En 1946, à Bamako, est constitué le Rassemblement démocratique africain (RDA), qui mène la lutte pour l’indépendance de l’Afrique occidentale. Sa section malienne, l’Union soudanaise, est dirigée par Modibo Keita. En 1956, le Soudan français accède à l’autonomie interne et devient, deux ans plus tard, une république au sein de la Communauté française. Le 17 janvier 1959, il se joint au Sénégal pour former la fédération du Mali, qui se proclame indépendante le 20 juin 1960. Cette fédération éclate en septembre, en partie à cause de la rivalité entre Léopold Sédar Senghor et Modibo Keita, deux figures du nationalisme africain. L’ancien Soudan français conserve le nom prestigieux de Mali et Modibo Keita demeure président de la nouvelle république du Mali, proclamée le 22 septembre 1960. Le même mois, le nouvel État devient membre de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le Mali, sous la direction de Modibo Keita, qui fonde son pouvoir sur l’US-RDA, seul parti représenté à l’Assemblée, poursuit une politique de développement économique guidée par les principes du socialisme étatiste. L’échec de cette politique provoque, en novembre 1968, un coup d’État militaire qui porte au pouvoir le lieutenant Moussa Traoré. Celui-ci interdit tout groupement politique, avant de créer, en 1979, un parti unique, l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le régime dictatorial de Moussa Traoré se révèle incapable de faire progresser l’économie de façon appréciable. De 1968 à 1974, puis de 1983 à 1985, des sécheresses persistantes entraînent des famines, tandis que l’État épuise ses maigres ressources dans un différend frontalier avec le Burkina. Le contentieux territorial, portant sur la bande d’Agacher, s’aggrave jusqu’à provoquer un affrontement armé entre les deux pays, en 1985. Il est réglé en 1986 par la Cour internationale de justice. Cette même année est marquée par d’importantes grèves étudiantes et syndicales. Au mécontentement causé par la crise économique, à l’impopularité des plans d’ajustements structurels mis en œuvre à partir de 1981, s’ajoute l’aspiration démocratique, qui se traduit, en 1990, par la formation de trois mouvements politiques d’opposition. Dans le même temps, la rébellion armée des Touareg reprend avec vigueur au nord. La répression brutale par l’armée des manifestations populaires en faveur de la démocratisation aboutit au renversement de Moussa Traoré, en mars 1991.
Au lendemain de la chute de Moussa Traoré, les libertés publiques sont rétablies par un Comité transitoire pour le salut du peuple, dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré et sous l’égide duquel sont organisées les premières élections libres du Mali indépendant. En février 1993, l’ancien dictateur est condamné à mort au terme d’un procès exemplaire — sa peine est commuée en détention à perpétuité en 1997. Le nouveau régime, présidé à partir d’avril 1992 par Alpha Oumar Konaré, un professeur d'histoire qui a manifesté sa volonté de résoudre le conflit touareg, mais aussi la crise sociale, par la négociation. Ses efforts pour renforcer la démocratie demeurent cependant menacés par la persistance des difficultés économiques et une forte corruption. En mai 1997, le président Konaré est réélu avec plus de 80 p. 100 des suffrages exprimés — l’opposition a appelé au boycott en raison de l’annulation des élections législatives du mois d’avril pour mauvaise organisation du scrutin. Son parti, l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), continue cependant de dominer la scène politique à l’occasion des élections législatives (1997) et municipales (1999). Avec un budget plus ou moins en équilibre, et la bonne image que présente son président qui affiche un train de vie modeste, le Mali est souvent cité comme un pays de « bonne gouvernance ». Les difficultés auxquelles doit faire face le gouvernement, dirigé à partir de février 2000 par Mandé Sidibé, qui succède à Ibrahim Boubacar Keïta, sont cependant nombreuses. L’armée malienne est notamment obligée d’intervenir dans le nord du pays en raison d’une insécurité croissante. Sur le front économique, le Mali est victime d’une grave crise énergétique et d’une chute importante des cours mondiaux du coton et de l’or, principales sources d’exportation. Reconnu comme un « pays pauvre très endetté » (PPTE), le Mali doit pouvoir bénéficier de l'effacement d'une partie de sa dette. Conformément à la volonté des instances financières internationales, le gouvernement malien s’engage à mieux lutter contre la corruption et à développer le programme de privatisations. Enfin, l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations au début de l’année 2002, qui a nécessité de lourds et coûteux travaux (construction de nouveaux stades, d’aéroports, de routes, etc.) n’a pas les retombées économiques attendues. Ces dépenses sont en outre mal perçues au sein d’une certaine partie de l’opinion publique malienne, compte tenu des efforts à consentir dans les domaines scolaire et sanitaire. Le deuxième mandat du président Konaré s’achève ainsi sur un bilan contrasté, qui n’est pas exempt de critiques sur sa mauvaise gestion, la corruption persistante et la paupérisation.
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