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MaliArticle
Plan de l'article
L’élection présidentielle de 2002, à laquelle le président sortant accepte de ne pas concourir, conformément à la Constitution, se déroule dans un contexte de défiance de l’opinion publique à l’égard de la classe politique traditionnelle. Vingt-quatre candidats sont en lice, signe des divisions internes qui fragilisent aussi bien le parti au pouvoir, l’ADEMA, que les partis d’opposition. Parmi eux se distingue Amadou Toumani Touré, dit « ATT », ancien chef de l’État ayant assuré la transition démocratique entre 1991 et 1992 après avoir déposé Moussa Traoré. Fort de sa popularité et de son image de rassembleur en dehors des partis, Amadou Toumani Touré remporte l’élection du 12 mai 2002 avec 64,35 p. 100 des suffrages, contre 35,5 p. 100 pour Soumaïla Cissé, candidat issu de l’ADEMA. Alors que la « réconciliation nationale » a constitué un des grands thèmes de la campagne électorale, et que la plupart des candidats, dont Amadou Toumani Touré, se sont prononcés en faveur de la libération de Moussa Traouré, la fin du mandat du président Konaré est marquée par sa décision de gracier l’ancien dictateur. La nouvelle présidence malienne innove en gouvernant sur la base du consensus et de la technocratie. Ses efforts de bonne gouvernance et d’assainissement de l’économie sont récompensés en 2005 par l’annulation de la dette multilatérale. L’accent est mis sur les infrastructures routières visant à désenclaver le pays, ainsi que sur l’accès aux services de base (santé, éducation, logement, eau, électricité) et l’emploi des jeunes, durement frappés par le fléau d’un chômage endémique alimentant une importante émigration. Le Mali est cependant exposé à une conjoncture régionale troublée par la survenue en 2002 d’un conflit armé en Côte d’Ivoire. Comme d’autres pays sahéliens, il est frappé en 2004-2005 par les effets conjugués d’une invasion de criquets migrateurs et d’un déficit pluviométrique entraînant une grave crise alimentaire ; la croissance économique est en outre soumise aux fluctuations des cours du coton, qui constitue la principale ressource d’exportation du pays (avec l’or). En politique extérieure, Amadou Toumani Touré se montre un médiateur actif (notamment dans la crise ivoirienne) et renforce le poids politique du Mali sur la scène régionale et continentale en matière de maintien de la paix (en République centrafricaine, en Sierra Leone et au Liberia) ou au sein de l’Union africaine (UA), de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou encore de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ; au sein de l’OMC, il œuvre aussi pour la défense de la production cotonnière africaine. Il est réélu en 2007 et s’engage à être « l’artisan du véritable décollage économique et social du Mali », qui demeure l’un des plus pauvres du monde.
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