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  • Fascisme - Wikipédia

    Le fascisme (en italien fascismo ) est un mouvement politique d'origine italienne apparu en 1919 . Ce terme, très utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large.

  • Fascisme

    par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient. — septembre 2006

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fascisme

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Plan de l'article
1

Présentation

fascisme, terme qualifiant au sens strict le régime dictatorial et totalitaire établi par Benito Mussolini en Italie entre 1922 et 1945 et, au sens large, la doctrine politique qui a servi de fondement à l’expérience italienne et de modèle théorique à certains mouvements nés durant l’entre-deux guerres.

Exaltant les valeurs de la famille, du travail, de la solidarité nationale, de la domination des intérêts nationaux dans tous les domaines, de l’ordre et de la discipline, les fascistes rejettent le pouvoir de l’argent et la démocratie libérale, considérée comme corrompue et inefficace. L’épanouissement de l’idéologie fasciste s’inscrit dans un contexte, celui de la montée des nationalismes consécutifs à la Première Guerre mondiale et à la crise économique de 1929, et dans un mouvement global, celui de la recherche d’une troisième voie, alternative au capitalisme libéral et au communisme marxiste, dans le cadre d’une révolution conservatrice.

2

Le fascisme italien

2.1

La conquête du pouvoir

En tant que phénomène historique et modèle politique, le fascisme est apparu en Italie après la Première Guerre mondiale, dans un contexte de crise économique et de déception liée aux traités de Saint-Germain-en-Laye (1919) et de Rapallo (1920), considérés par beaucoup d’Italiens comme une trahison par rapport aux gains territoriaux qui avaient été promis à l’Italie par les Alliés lors de son entrée en guerre (mai 1915). Le vide politique laissé par l’effondrement des Empires austro-hongrois et ottoman, le choc de la révolution russe contribuent également, mais dans une moindre mesure, à créer un climat d’instabilité propice à l’émergence du fascisme.

Le mot fascisme est employé pour la première fois par Benito Mussolini en 1919 ; le terme fait référence aux faisceaux (fasci), assemblage de verges liées autour d’une hache, qui représentait l’unité civique et l’autorité de Rome. Personnalité complexe, Mussolini, créateur en 1919 des Faisceaux italiens de combat, puis fondateur en 1921 du Parti fasciste italien, commence sa carrière politique sous l’étiquette socialiste, mais il ne tarde pas à infléchir son programme, à l’origine très influencé par l’anarchisme et le syndicalisme révolutionnaire, pour mettre le bras paramilitaire de son mouvement, les Chemises noires (appelées ainsi par opposition aux Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi) au service des intérêts des puissants industriels et des propriétaires terriens, alliés à l’Église catholique et à l’armée, dans le but de faire échouer l’agitation ouvrière.

2.2

La dictature de Mussolini

En octobre 1922, dans un climat de décomposition politique et d’affaiblissement du mouvement syndical, Mussolini, à la tête de 25 000 hommes, lance la marche sur Rome, manifestation de force purement symbolique puisque le roi a déjà décidé de l’appeler au gouvernement. Nommé président du Conseil, il forme un gouvernement d’union nationale et prépare la conquête totale du pouvoir, qui ne sera effective qu’en 1926 avec la promulgation des lois « fascistissimes » restreignant les libertés, interdisant les partis et attribuant les pleins pouvoirs au Duce (italien, « chef »).

Opérant graduellement la fascisation des institutions et des consciences, il introduit le principe de la nomination à tous les postes politiques, la prestation de serment pour tous les fonctionnaires et le corporatisme dans toutes les professions ; il embrigade la jeunesse dans des formations paramilitaires et fait pourchasser les opposants politiques par une police redoutée pour son efficacité. Dans le domaine économique, le régime, qui se contente au départ d’apporter certaines améliorations sociales (institution d’un Fonds national des assurances sociales, par exemple) sans remettre en cause le modèle libéral, oriente bientôt le pays vers un véritable capitalisme d’État, fondé à l’intérieur sur une politique de grands travaux et d’industrialisation à marche forcée, et vis-à-vis de l’extérieur sur l’autarcie, annonciatrice d’une économie de guerre.

À l’extérieur, dans la tradition de la Rome antique, le régime entreprend une politique de conquêtes coloniales (guerre d’Éthiopie en 1935-1936). Proche des autres régimes autoritaires, l’Italie fasciste soutient militairement le régime du général Francisco Franco pendant la guerre d’Espagne, noue des liens privilégiés avec l’Allemagne nazie et entre en guerre contre les Alliés en juin 1940. Défait militairement, le régime s’effondre à Rome en juillet 1943. Il survit jusqu’en avril 1945 dans la république de Salò, État fantoche aux mains des nazis, dans le nord de l’Italie.

Le modèle italien reste l’exemple le plus achevé des régimes fascistes, mais ses traits dominants l’inscrivent dans un mouvement intellectuel qui permet de souligner ses parentés avec d’autres courants.

3

Les traits caractéristiques du fascisme

3.1

Fondements théoriques

On peut identifier certaines des sources doctrinales du fascisme, et c’est l’inscrire alors dans une mouvance où l’on retrouve aussi bien Friedrich Wilhelm Nietzsche pour le nihilisme que Pierre Joseph Proudhon pour l’exaltation de la communauté de producteurs comme base de l’organisation sociale, Georges Sorel pour la dénonciation du capitalisme, Maurice Barrès pour l’exaltation du nationalisme ou Gabriele D’Annunzio pour l’esthétique individualiste et virile teintée de romantisme, énumération qui souligne bien l’extrême hétérogénéité des fondements du fascisme.

S’opposant à des valeurs telles que l’individualisme, la démocratie (et ses corollaires, le régime parlementaire et le multipartisme), le rationalisme et la laïcité qui procèdent des Lumières, le fascisme est issu d’un courant qui prend globalement le contrepied des idéaux incarnés par la Révolution française. Ainsi, les fascistes italiens répondent-ils au slogan révolutionnaire « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Croire ! Obéir ! Combattre ! ». Dans cette logique, le fascisme est nécessairement caractérisé par le rejet des institutions démocratiques, afin de réaliser l’absorption du pouvoir législatif par le pouvoir exécutif. Faisant un large usage d’une rhétorique anticapitaliste soulignant l’aliénation propre à la condition ouvrière, le discours fasciste se rapproche sur ce point du discours marxiste.

Pourtant, les différences entre les deux idéologies sont très marquées. Si l’idéal marxiste correspond à une société sans classes, l’idéal fasciste est celui d’une communauté nationale structurée de manière autoritaire, dans laquelle les classes sont remplacées par les corporations professionnelles, la lutte des classes par la solidarité sociale et l’atomisation de la société par l’exaltation du modèle familial.

Le fascisme induit une organisation verticale du pouvoir, inspirée du système militaire, dans lequel tous les aspects de la vie politique, économique et sociale sont fortement encadrés sous l’autorité d’un État centralisé s’appuyant sur un parti unique (le multipartisme étant considéré comme un facteur d’affaiblissement) et un appareil répressif contrôlant tous les moyens d’expression (devenus inutiles puisque le chef est l’incarnation du corps social).

L’individualisme disparaît au profit du groupe, producteur d’un homme nouveau, incarnation des valeurs de jeunesse, d’héroïsme et de modernité qui constituent l’horizon symbolique du fascisme. Fondamentalement anti-intellectuelle, volontiers empreinte de mystique, l’idéologie fasciste exalte la personne du chef suprême de la nation, combattant visionnaire, et l’image de la guerre, que popularise une esthétique faisant une large place aux symboles guerriers.

L’État fasciste, fondé sur l’idée de supériorité nationale, se donne pour objectif le renforcement de la puissance militaire du pays, avec généralement pour corollaire une politique d’expansion territoriale. La plupart des idéologues fascistes reprennent les principes du darwinisme social, qui postule l’existence d’une compétition interne et externe des États, et de la nécessaire évolution des forts conduisant à l’écrasement des faibles, ces idées impliquant souvent un racisme sous-jacent, orientation loin d’être systématique, comme le montre l’exemple italien.

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